Les questions liées à la transition énergétique font partie intégrante de la formation des futurs ingénieurs.

Pénélope est ingénieur. Fraîchement diplômée de l’ENTPE et d’un cursus d’architecture, elle travaille pour une structure dédiée à la réutilisation de matériaux de construction. Et ses études n’y sont pas pour rien. «Je me souviens d’un cours sur la ville durable, avec des études de cas sur des structures alternatives, ou d’évaluation environnementale. Ce sont des sujets très présents dans les formations», détaille Pénélope. Elle a décidé d’approfondir cette appétence avec un mémoire sur la filière du réemploi, en visant justement le métier qu’elle exerce aujourd’hui.

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Un métier avec du sens

Pénélope n’est pas la seule. Selon un sondage OpinionWay de début 2020, le sens dans le travail est «important», et même «prioritaire» pour 95 % des étudiants. Thibaut, lui, s’est tourné vers la réhabilitation, après cinq ans à l’ESITC Caen«Tous les cours étaient liés d’une manière ou d’une autre au développement durable. Dès la première année, nous avons réalisé des TP sur les écomatériaux, puis des projets sur le calcul de l’empreinte carbone l’année suivante. En fin d’études, j’ai travaillé sur la déperdition d’énergie, et appris à améliorer les performances d’un bâtiment. Mon projet de recherche était tourné vers les biomatériaux.» Il travaille aujourd’hui pour Vinci, sur la réhabilitation d’une tour à la Défense: «Pour moi, la réhabilitation, le cycle de vie du bâtiment, l’empreinte carbone, c’est l’avenir du bâtiment…»

Toutes les écoles d’ingénieurs dédiées au bâtiment et aux travaux publics s’y mettent. «Ils apprennent évidemment la RT2012 et bientôt la RE2020, les réglementations du bâtiment liées à l’environnement. Nous les formons aussi aux matériaux recyclés, aux circuits courts, via des travaux pratiques dans l’un de nos labos de recherche, lui-même situé dans un bâtiment intelligent», détaille Lionel Poisson, responsable du département BTP du Cesi Nanterre. Et si le cursus ne contient pas d’option durable, c’est un choix assumé: «Cela fait partie du tronc commun de tous nos ingénieurs.»

Construire les mondes de demain

Les programmes changent progressivement, afin d’intégrer ces questions et de former des étudiants déjà friands des sujets durables. Créée au XVIIIe siècle, la prestigieuse École des ponts a pris ce virage depuis une vingtaine d’années. «La dimension environnementale a toute sa place à l’école, car notre objectif est de construire les mondes de demain. Aujourd’hui, il faut rénover le parc, assurer la transition énergétique, faire en sorte que la politique de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire soit compatible avec les enjeux de développement durable», souligne Arthur Lebée, adjoint au président du département génie civil et construction. Résultat: 10 % à 15 % des étudiants de sa spécialité choisissent un stage de fin d’études clairement tourné vers le durable. Une part en augmentation depuis quelques années.

Une demande du marché qui ne devrait pas faiblir

Même son de cloche à l’ESTP, qui a complètement revu ses programmes. Désormais, tous les élèves de première année étudient la sociologie de la ville, le changement climatique et la transition énergétique, puis le génie écologique en deuxième année. Le BIM, Building Information Modeling, permettant de créer des maquettes numériques des bâtiments, de véritables jumeaux digitaux aidant à mieux les analyser, fait également partie intégrante des cursus. «Ce n’est plus la même formation qu’il y a dix ans. Cette transformation se fait en lien avec nos entreprises partenaires, qui nous demandent justement des profils sensibilisés et formés à ces questions», confirme David Winterberger, responsable du département génie mécanique, génie électrique et efficacité énergétique. Une demande du marché qui ne devrait pas faiblir. Tout comme la passion de nombreux étudiants pour ces thématiques d’avenir.

https://etudiant.lefigaro.fr/article/les-ecoles-du-btp-se-mettent-au-vert_8852cfa0-3e4d-11eb-b99a-c994f2a4562d/

Dans le secteur du béton et de la maçonnerie, les innovations ne sont pas toujours « visibles ». Elles peuvent revêtir plusieurs formes. Désormais, en plus d’optimiser la performance technique des produits, les fabricants s’attachent à en améliorer l’impact environnemental, depuis la formulation et la production du matériau jusqu’à son recyclage. Détails avec trois industriels, Alkern, Lafarge Holcim et Rector.

Alkern : proximité, légèreté, mixité

« Nous cherchons à optimiser la conception des produits afin qu’ils soient plus écologiques, plus performants et plus faciles à mettre en œuvre. Nous visons à réduire notre empreinte écologique d’une part en utilisant moins de ressources et de carbone, et d’autre part en favorisant la proximité fournisseurs-usines-chantiers.

Les produits préfabriqués ont l’avantage d’optimiser la quantité de matière béton : les éléments partiellement vides peuvent être remplis d’isolants et ont un poids réduit. Pour augmenter les performances, nous travaillons aussi nos bétons et leurs constituants (liants et agrégats). Par exemple, l’usage de la ponce permet d’alléger certains produits (bloc inférieur à 15 kg) et d’augmenter leur résistance thermique.

Côté liant, nous allons vers des ciments avec destaux de carbone les plus bas possible, des filler ou des liants de nouvelle génération. L’idée aussi est de concevoir des solutions complètes, comme R+MuR, regroupant une mixité de produits et de matériaux pour simplifier les travaux et assurer une qualité de l’ouvrage. »

Christophe Lagrange, directeur de l’offre d’Alkern

Rector : formulation, déconstruction, biosourcé

« L’un des objectifs de ces dernières années a porté sur l’élaboration de bétons autoplaçants plus performants et de les démocratiser. Maintenant, nous les proposons dans quasiment toutes nos usines. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles formulations en lien avec la protection environnementale et l’économie circulaire.

D’une part, en réutilisant le béton issu de la déconstruction locale et en le faisant repasser par nos usines. L’étape suivante sera la déconstruction sélective et propre afin de réutiliser les granulats recyclés avec le moins de travail possible en usine et en laboratoire.

D’autre part, sur des mélanges bas carbone et des bétons bio-sourcés : cela s’avère un gros challenge tant en formulation, qu’en process ou en attente client, car il faut également que cela entre dans un modèle économique. Nous commençons à utiliser des bétons bas carbone sur les chantiersd’abord pour les poutres, prochainement pour les prédalles et les prémurs. Prochainement, nous allons lancer de nouvelles choses sur le sujet. »

Eric Stora, responsable de pôle R&D distribution et laboratoire de Rector

Lafarge Holcim : réduction carbone, granulats recyclés

« Nos innovations s’appuient sur notre démarche Lafarge 360 qui s’articule autour de trois axes : Reduce (le poids du CO2 dans le béton), Recycle et Reinvent (innover au service de la performance environnementale). Ainsi, nous avons lancé le ciment Planet pour les artisans. D’une part, le sac participe à la diminution des déchets car il se décompose dans la bétonnière. D’autre part, il atteint 65 % de taux de réduction de carbone, et nous compensons l’impact CO2 restant par le financement d’éco-projets (crédits carbone).

Nous avons aussi lancéune offre similaire de béton Ecopact noté 360Score A+ dont l’impact CO2 est compensé. Avec cette démarche éco responsable, nous visons à préparer la RE2020 en fournissant des solutions auprès des artisans. Pour élargir leur portefeuille d’affaires, nous leur proposons également des formations à la chape fluide et aux bétons décoratifs. Une nouvelle chape bas carbone est en développement, ainsi que des bétons décoratifs composés jusqu’à 100 % de granulats recyclés. »

Michèle Duval, directrice produits et services, direction marketing de Lafarge Holcim

https://www.lemoniteur.fr/article/filiere-beton-les-grands-axes-d-innovation.2124064

Après une année 2020 marquée par la pandémie, 2021 repart sur un bon niveau avec un effet rattrapage, notamment dans les métiers du BTP et de l’industrie. D’autres professions, plus rares, pourraient aussi émerger.

Vous vouliez être serveur ou moniteur de voile ? 2021 ne sera pas votre année. Les offres d’emploi dans le tourisme et l’hôtellerie-restauration, traditionnellement au top des recrutements en Bretagne, sont au plus bas. Pourtant, l’année commence plutôt bien sur le marché de l’emploi. Du 1er au 20 janvier, les plateformes d’HelloWork ont enregistré un volume total de 5 471 offres d’emploi en Bretagne administrative, contre 3 605 pour la même période en 2020.

« Ce qui fonctionne assez bien en Bretagne, constate Flavien Chantrel, responsable éditorial chez HelloWork, c’est l’emploi industriel, notamment les postes de technicien de maintenance ou d’opérateur de production, le BTP, avec beaucoup d’offres de maçons, d’électriciens, de plombiers et de soudeurs, et tout le secteur de la finance et de la comptabilité avec des jobs de comptable ou de gestionnaire de paye. » Le BTP (851 offres au 20 janvier) a notamment bénéficié d’un effet de rattrapage par rapport à janvier 2020, observe le responsable d’HelloWork.

Autre gagnante de ce réajustement : la distribution qui figure en troisième position des secteurs qui recrutent. Le 20 janvier, elle représentait 13 % des offres dans la Bretagne à quatre départements. Derrière, l’agroalimentaire, spécificité bretonne, demeure bien placé, avec près de 700 postes à pourvoir au 20 janvier. Autant que le secteur de l’informatique et des nouvelles technologies, toujours dynamique et porté par la locomotive rennaise.

Boom dans la santé

Bref, rien de réellement nouveau sous le soleil breton et national. Si ce n’est un boom des emplois dans le secteur de la santé et du social (505 postes à pourvoir en Bretagne au 20 janvier), crise sanitaire oblige.

Du monde d’après, tant espéré, ne restera-t-il que des chimères ? Pas sûr… France compétences vient de lister vingt métiers « émergents ou en particulière évolution pour 2021 ». Dans la liste, on retrouve des jobs très spécifiques, notamment axés sur l’environnement : diagnostiqueur de produits, matériaux et déchets issus des bâtiments, préparateur en déconstruction ou encore chargé de recyclage en production plasturgie.

Métiers d’avenir

Mais ces professions ne représentent pas forcément un eldorado d’emplois immédiat. Le but de cette liste, explique France compétences, est avant tout de permettre aux certificateurs de bénéficier d’une procédure simplifiée d’enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) pour « répondre aux besoins en compétences du marché du travail et sécuriser les parcours professionnels des actifs ». Un bon baromètre pour explorer les filons, en somme, et pour défricher les formations en gestation. Reste que certains métiers séculaires, en pénurie chronique de main-d’œuvre, figurent sur la liste : couvreur, plombier, serrurier… « Derrière des métiers qui semblent classiques, il y a des transformations importantes qui peuvent également se jouer, explique au Figaro Mikaël Charbit, directeur de la certification professionnelle chez France compétences. Être couvreur, ce n’est pas seulement poser des tuiles, il y a des questions environnementales et de rénovation énergétique. » Histoire de coller au monde d’après.

https://www.letelegramme.fr/economie/quels-metiers-recruteront-en-bretagne-en-2021-25-01-2021-12692754.php

Chargé d’affaires : chef d’orchestre

ou homme-orchestre ?

2015, nouveauté : la définition du Chargé d’affaires Bâtiment apparait dans la Convention Collective du Bâtiment. Dixit la convention, « … dans l’ensemble des phases d’une opération de construction de bâtiment TCE, ce professionnel polyvalent met ses connaissances des techniques du bâtiment, et de ses aspects juridiques, commerciaux et financiers, au service de l’interface avec le prospect, client ou maître d’ouvrage. A ce titre, il assure, dès le début du projet… conception de l’offre…, négociation commerciale… exécution des travaux jusqu’à leur livraison et mise en exploitation… Il est responsable de l’organisation de la réalisation technique, du suivi des travaux jusqu’à la réception des ouvrages, et il en assure le suivi administratif et financier…

En parallèle, il assure également un suivi régulier de tous ses clients et prospects… ».

Cadre de la fonction et définition : des responsabilités lourdes et combinées

Lors de la phase exécution, le chargé d’affaires organise les travaux après avoir géré les appros et la main d’œuvre.

Il suit le chantier en coordination avec le chef de chantier, articule l’ensemble des opérations (intervention des différents corps de métier, réception des équipements, gestion des sous-traitants…) dans le respect du budget et des délais, jusqu’à la livraison du chantier. Metteur en scène du BTP, il est l’interface indispensable entre le dirigeant de l’entreprise, le directeur financier, le client, les équipes-chantier. Un rôle pivot exigeant des nerfs solides, de la diplomatie et de l’aisance relationnelle.

Vision commerciale, financière, stratégique, expertise technique, savoir gérer ses approvisionnements … et ses équipes : le chargé d’affaires fonctionne comme un chef de projet. C’est un chef d’orchestre qui connaît toutes les ficelles du métier. Il s’assure de la parfaite exécution du chantier, tout en étant l’interlocuteur privilégié du client.

Il intervient à toutes les phases du projet (études, chiffrage, négociation commerciale, exécution, suivi de chantier, réception finale …). Un champ d’action à 360°, du terrain au bureau, pour un métier passionnant … et très prenant. D’où en partie, la tension sur cette fonction et les bons profils … très convoités par les recruteurs.

Le chargé d’affaires est un « patron », il bénéficie de délégations étendues, il s’identifie à ces projets : c’est une sorte d’ « intrapreneur ». Dès lors que l’entreprise répond à ses attentes, cette fonction connaît peu de turn-over … mis à part ceux qui deviennent chef d’entreprise.

Le chargé d’affaires est multi-compétent : gestionnaire, chef de projet, manager, et plus …

En amont, il sait étudier les appels d’offres, prospecter, fidéliser, établir un réseau avec les décideurs des secteur public comme privé, élaborer une réponse, convaincre que la solution de son entreprise est la meilleure et la plus adaptée aux besoins du client.

Selon la taille et l’organisation de l’entreprise, il réalise lui-même les études ou les confie au BE. Dans tous les cas, il coordonne les études techniques et de prix pour proposer la meilleure offre. Il élabore les devis et rédige les offres ou les réponses aux appels d’offres.

Vinci Construction

-Mise en concurrence des fournisseurs en liaison avec le service achats.

-Contrôle permanent entre prévision budgétaire et engagements de dépenses.

-Lancement des facturations.

-Mise à jour des tableaux de bord de suivi et outils de gestion informatiques.

-Conduite des réunions de chantier.

Participation à la direction d’entreprise

Dans une PME, il seconde le chef d’entreprise sur l’ensemble de la clientèle et des projets. Dans les plus grandes structures, il intervient sur une zone géographique précise, sous la direction d’un chef d’agence ou d’un directeur régional.

Mais peut-on tout bien faire ?

Manifestement, capable de tout, efficient en tout, il est homme-orchestre.

L’efficience au travail, au-delà des compétences techniques, suppose un comportement adapté à chaque contexte. Fruit d’une biographie, il est ancré. Si progresser en technique est aisé, changer de comportement ne l’est pas. Commercial, conception, direction travaux, gestion budgétaire et contractuelle… tant d’enjeux différents appellent autant de comportements.

Ce constat pose des questions majeures :

Un seul homme peut-il posséder autant de facettes dont certaines antagonistes ?

Jouant de tous les instruments, l’homme-orchestre peut-il être excellent en tous ? Plusieurs instrumentistes ne seraient-ils pas supérieurs à « un seul à tout faire » ? Devoir tout faire, n’est-ce pas se condamner à être moyen en tout ?

Supposons que cet homme existe : rare, essentiel… il mérite une rémunération à la hauteur. Que devient la rentabilité ? Et l’efficacité ? Analogie rustique : plusieurs outils spécifiques ne valent-ils pas finalement le même prix qu’un seul à tout faire tout en étant plus performants chacun en leur domaine ?

Temps et vitesse de travail trouvent rapidement leurs limites. Un seul homme peut-il faire le travail de plusieurs ?

Si polyvalent et performant, cet homme possède une dimension « dirigeant de TPE », pour peu qu’il en ait l’âme, il créera sa propre entreprise, fondée sur son expérience et deviendra concurrent. Etait-il une solution, un investissement pertinent ?

· Quand l’homme fait l’orchestre, sujet et objet se confondent. L’objet, l’entreprise, dépend du sujet, l’homme-lige pèse sur les stratégies. Il part, il embarque avec lui client et nombreux savoir-faire. Sa rareté entrave la croissance. Articuler l’organisation de TPE et PME autour d’hommes orchestre, relève-t-il d’une stratégique solide à long terme ?

· Au quotidien, l’appellation « chargé d’affaires » regroupe les hommes-orchestre mais également les commerciaux (chargé d’affaires commerciaux) et aussi les professionnels de l’exécution des contrats que sont les conducteurs de travaux. Le CT était (est ?) celui qui prend en main le contrat après qu’il soit conclu, l’exécute en autonomie et qualité. Le client, convaincu, souhaite sa présence sur les projets à venir : le chargé d’affaires-exécution est le CT.

Cet amalgame pousse à la surenchère des titres et à celle des rémunérations sans forcément correspondre à la valeur ajoutée des collaborateurs, défait la cohérence des grilles de rémunération, entrave la fluidité des recrutements.

En bref, l’homme-orchestre fait-il les grands orchestres ?

Soliste, orchestre de chambre ou poly-symphonique, à chacun sa musique, le tout est de jouer juste au bon tempo d’une stratégie pérenne.

Et parfois, dans certaines organisations, le chargé d’affaires homme d’orchestre résonne en demi-ton, voire faux.

Conseil d’ami : la définition de poste qui doit accompagner tout recrutement est une donne hautement stratégique à bien réfléchir.

En recrutement : comment reconnaître un bon chargé d’affaires ?

1-La maîtrise technique du chargé d’affaires est essentielle car il est responsable de la qualité finale du contrat. De plus, le chargé d’affaires compétent dans son domaine évitera de se faire « balader » par les fournisseurs, sous-traitants ou salariés. Le chargé d’affaires doit pouvoir démontrer ses qualités techniques (formation, expérience professionnelle,…).

2-Le chargé d’affaires doit posséder des qualités managériales et relationnelles. Il doit encadrer une équipe et aussi assumer un rôle commercial auprès des clients. On recherchera en conséquence des personnes qui savent diriger et aussi faire preuve de souplesse ou d’agilité intellectuelle, loin du profil de l’ « adjudant-chef ». En général les chargés d’affaires efficaces possèdent un très bon carnet d’adresses.

3-Dans le registre du savoir-être, le chargé d’affaires doit être aussi réactif qu’analytique. Il lui faut posséder des qualités d’anticipation pour prévenir « les coups durs ». Il doit aussi savoir s’adapter aux situations nouvelles et s’adapter aux imprévus en imaginant des solutions correctives.

4-Au cours de l’entretien, le candidat doit être capable de « visualiser » rapidement le contexte de votre entreprise, de percevoir ses enjeux et sa spécificité. Vous ne devez pas tout dire mais dire le juste nécessaire pour qu’il ressente et identifie vos enjeux du moment et vos priorités. C’est autant son expérience que son instinct qui doivent apparaître.

5-En le poussant – courtoisement – dans ses retranchements, vous mesurerez sa capacité de résistance à la frustration. Celle aussi de prendre des risques (avancer ses idées) tout en les mesurant (intégrer les vôtres).

6-Au fil de l’entretien, progressivement, observez-vous aussi : avez-vous envie de lui raconter votre « histoire » ?

Etudes – Formation – Pré-requis

Minimum requis : Bac +2.

Formation académique, technique ou scientifique.

Ingénieur / BTS / DUT.

Ingénieur (ESTP, INSA, MINES, …).

Une licence mention BTP et/ou un master en gestion et management de projet dans une école de commerce, dans une école d’ingénieur ou encore dans une université, permet de compléter ces formations.


FICHE DE POSTE

FONCTION : CHARGE D’AFFAIRES

Due à la polyvalence de la fonction et à la spécificité des rôles, elle-même liée à l’organisation de l’entreprise, son activité et sa taille, il n’y a pas de définition de fonction unique ou générique du chargé d’affaires.

De même, la grille des salaires de référence est corrélée à l’activité et à la taille de l’entreprise ainsi qu’à son territoire.

UNE DEFINITION DE FONCTION CORRESPONDANT A VOTRE CONTEXTE, INCLUANT LA GRILLE DES SALAIRES DE REFERENCE SERA MISE A VOTRE DISPOSITION GRATUITEMENT SUR SIMPLE DEMANDE AUPRES DE :
Yannis MERCIER   06.46.90.05.04   ou   ym@praxion.com


La mousse biodégradable made in Lorient dans l’espace avec Thomas Pesquet

Video : mousse biodegradable dans l’espace avec Thomas Pesquet

Des ingénieurs lorientais de ComposiTIC, à Ploemeur (56), ont mis au point une mousse biodégradable résistante aux chocs et vibrations, pouvant contenir de la nourriture et protéger du matériel expérimental. Elle embarquera avec Thomas Pesquet à bord de la station spatiale internationale (ISS).

Dans quelques semaines, Thomas Pesquet retournera à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Pendant six mois, l’astronaute français réalisera des dizaines d’expériences. Certaines sont menées en étroite collaboration avec des entreprises bretonnes. L’une d’elles, « Renewable Foam », qui vise à promouvoir des matériaux réutilisables et réduire les déchets emportés dans l’espace, fait la fierté de la vingtaine d’ingénieurs de ComposiTIC, à Ploemeur (56).

Une mousse recyclable et compostable

Le plateau technique, porté par l’Université Bretagne-Sud (UBS) et spécialisé dans les matériaux innovants, a été missionné, il y a un an et demi par le groupe Jean Hénaff et la société Innovons à 360°, implantée à Vannes, en lien avec le Centre national d’études spatiales (Cnes). L’objectif était de réaliser une mousse de protection biodégradable pour les étuis de transport du matériel expérimental embarqué dans l’ISS. « On nous a donné un cahier des charges pour remplacer les traditionnelles mousses pétro-sourcées, volumineuses et non-réutilisables, par des mousses biodégradables résistantes aux chocs et aux vibrations du décollage d’une fusée », explique Yves-Marie Corre, responsable technique à ComposiTIC.

Après de nombreux tests, l’ingénieur trouve la bonne formule avec une mousse plastique en Poly Hydroxy Alcanoate (PHA), produite naturellement par des bactéries. Le caisson de protection, réalisé en impression 3D, va ainsi servir à envoyer dans l’ISS le bandeau de sommeil de l’expérience « Dreem » qu’utilisera Thomas Pesquet.

« Comme ce matériau est obtenu avec des organismes vivants, il peut se dégrader très vite et on peut le composter », détaille Yves-Marie Corre. L’une de ses applications « pourrait être de servir de support de culture pour des semis de végétaux », ajoute l’ingénieur. Ou encore d’être refondu et réutilisé en impression 3D.

Une version comestible

L’originalité de cette expérience ne s’arrête pas là. Une autre version a été imaginée, en intégrant à l’intérieur de cette mousse du pain d’épice, de la madeleine et du pain de Gênes. Ces mets sucrés, protégés avec une technique d’emballage spécifique développée par la société Guelt, à Quimperlé, ne devraient toutefois pas être savourés par Thomas Pesquet. Les tests gustatifs seront réalisés ultérieurement par d’autres astronautes, afin d’évaluer la conservation de ces aliments.

« Cette expérience est le premier étage d’une fusée. L’objectif est de développer d’autres applications avec ce procédé, indique Thierry Varlet, d’Innovons à 360°. Chaque expérience spatiale doit avoir une répercussion sur terre. C’est l’occasion de montrer que ces matériaux biodégradables sont extraordinaires et peuvent remplacer une bonne partie des matériaux pétro-sourcés à l’avenir. »

https://www.letelegramme.fr/economie/la-mousse-biodegradable-made-in-lorient-dans-l-espace-avec-thomas-pesquet-video-19-03-2021-12721260.php

Isabelle Lerin-Basset, DRH e.Voyageurs SNCF

Expérience candidat, recrutement, fidélisation : les RH d’e.Voyageurs SNCF tirent les enseignements de la crise… Un exemple pour le bâtiment ?

« Nous sommes par essence une entreprise digitale native. Dès le 15 mars 2020, au premier confinement, nous avons été en capacité de basculer l’ensemble de nos collaborateurs en télétravail. Nous étions techniquement prêts. Mais nous n’étions pas prêts à ne plus nous voir, à ne plus interagir et communiquer en direct ». Ainsi a résumé début février Isabelle Lerin-Basset, DRH de e.voygeurs SNCF lors d’un séminaire, toute la problématique de la gestion des salariés pendant la crise sanitaire.

Créée en octobre 2018, e.Voyageurs SNCF, filiale digitale de la SNCF est une start-up paradoxale. L’entité, ex – Voyages-sncf.com, regroupe aujourd’hui les plateformes client Oui.Sncf, l’Assistant SNCF et Rail Europe et compte en fait 20 ans d’activité digitale. C’est sur la première mouture de ce site que nombre de Français ont effectué leurs premiers achats de billets en ligne. La filiale Client de la SNCF aligne aujourd’hui 1500 collaborateurs dont de nombreux experts des mobilités autour des sujets technologiques et digitaux (développeurs Java et mobile, ingénieurs de Production DevOps, ingénieurs data, Delivery Managers, UX/ UI Designers, Product Owners, experts Webanalytics, e-CRM…) sur ses trois sites de Paris, Lille et Nantes. La structure a réalisé un volume d’affaires de 5 milliards d’euros en 2019.

Pour autant, assure Isabelle Lerin-Basset, e.Voyageurs SNCF « a su garder son ADN de start-up ». Et s’appuyer sur ses antécédents d’innovation et ses origines basées sur la mobilité pour adapter l’organisation du travail dans le dur de la crise sanitaire.

Accompagnement du télétravail : le principe du « tous ensemble » et du « tous à distance »

Premier acte, le renforcement du télétravail mis en place depuis 2012 : un nouvel accord de télétravail co-construit avec les collaborateurs et représentants syndicaux vise à donner plus de souplesse et d’autonomie aux collaborateurs, des conditions de travail à domicile similaires à celles du bureau, et les mêmes droits et devoirs en télétravail ou sur site.

Concrètement, les collaborateurs ont la liberté de prendre trois jours par semaine en télétravail sans validation hiérarchique et doivent aussi, une fois par semaine à minima être tous présents et tous en distanciel, ( à l’échelle d’une équipe). Au menu également, des dispositifs d’accompagnements spécialisés pour former les cadres au management à distance, la création d’un numéro de soutien contre l’isolement au travail, etc.

L’instauration de nouveaux « rites » a également été décisive pour accompagner cette évolution : culture du « feed-back », via un sondage hebdomadaire auprès des collaborateurs, organisation de contacts d’une demi-heure de façon régulière pour maintenir la cohésion, élaboration ludique d’un « JT » interne, etc.

Accélération du recrutement – Acquisition de talents

« Le recrutement ne s’est pas arrêté en 2020. OUI.sncf, notamment répond à environ 2500 postulants par mois. Or, nous sommes une entreprise technique et digitale et travaillons donc sur un marché de pénurie. A fortiori depuis la crise sanitaire, qui a vu la forte montée en puissance du e.commerce. Nous sommes en quête des mêmes ressources que les pure players et leaders de la vente en ligne, des profils encore plus demandés qu’auparavant », souligne la directrice RH. En 2021 En 2021, e.Voyageurs prévoit d’embaucher 150 développeurs « back end » et « full stack » ou encore des graphistes et web designers. Les process ont dont été basculés en distanciel, assortis d’un processus d’accueil spécialement dédié aux collaborateurs potentiels.

Rester attractifs : l’accélération de la démarche d’accompagnement au service de talents

« Les candidats doivent être motivés à rejoindre une entreprise qui leur renvoie la même qualité d’expérience que celle des clients. C’est le principe de la symétrie d’intention », souligne Isabelle Lerin – Basset. Dans le cas de e.Voyageurs, entreprise digitale et mobile par nature, il s’agit de déployer les valeurs afférentes à tous les niveaux des RH. Pour rester attractifs et fidéliser des candidats bien souvent eux aussi digital natives, habitués à travailler en mode agile, pétris de culture « start-up ».

Ainsi, la filiale de la SNCF organise des hackatons tout au long de l’année pour donner naissance à des projets collaboratifs et cultive les jeunes pousses, via son propre accélérateur de startups, 24 incubés en 2020. Un écosystème (hackathon, POC, test & learn, feature teams, heures de l’inno) afin que les collaborateurs restent au contact de nouveaux savoir-faire pour penser la mobilité de demain. « On joue sur la mobilité, la richesse des projets, leur sens. Les jeunes générations y sont très sensibles », résume la responsable RH.

Dans cette perspective l’entreprise a notamment poussé l’année dernière un projet de « smart office » consistant à élaborer un environnement de travail adapté aux usages en évolution.

Quelles pratiques pérenniser après la crise sanitaire ?

Les attentes des candidats ont évolué avec cette crise qui bouscule les modes de travail et de management. « On tend vers le sur-mesure, indique encore Isabelle Lerin-Basset, en utilisant un éventail d’outils. La totalité des candidats qui postulent chez nous reçoivent notamment une newsletter bimestrielle pour maintenir un lien ».

Sur le volet télétravail, tout a été dit, ou presque. Il semble cependant qu’un nomadisme maîtrisé, bien dosé, pourrait perdurer après la pandémie. Chez e.Voyageurs, ce qui fonctionne c’est le 100 % tous ensemble ou 100 % tous à distance. Bien mieux qu’un mix des deux. L’autonomie conférée aux collaborateurs dans la gestion de leur planning « présentiel-distanciel » paraît également une avancée quand elle est bordée par un jour par semaine sur site comme hors site, encore fois « tous ensemble, en même temps». Le modèle idéal pour e-voyageurs s’apparentant donc à un panaché entre alternance, autonomie et cohésion des équipes. Bref, la souplesse dans l’organisation est aussi une constituante du bien-être au travail.

Le temps des “métiers verts” est-il (enfin) venu ?

Qu’ont en commun un technicien en énergie solaire, une chasseuse de tête et un comptable ? Ils ont tous un job vert. Enfin, ils pourraient.

L’une des conséquences du Covid-19 et de son corollaire, la crise économique, a été la multiplication des engagements écoresponsables aux quatre coins de la planète. Le plan de relance pour l’Europe prévoit de consacrer 373,90 milliards d’euros à la lutte contre le réchauffement climatique, soit 30 % de l’enveloppe totale, du jamais vu pour un budget européenLe Forum économique mondial estime quant à lui que 369 millions d’emplois seront créés d’ici 2030 si les entreprises décident d’aller vers plus d’écologie. En France, ce sont 30 milliards d’euros qui sont mis sur la table pour les « investissements verts » dans le cadre du programme France Relance). Rien que dans le BTP, le gouvernement prévoit jusqu’à 55 000 créations d’emploi pour porter l’effort d’efficacité énergétique. Alors, bienvenue dans l’ère de l’économie moins polluante et des emplois verts ?

Mais qu’entend-on par « emploi vert » ?

« L’expression “green jobs” est, dans son acception écologique, très récente », commente Kevin Doyle, directeur exécutif du pôle carrières au sein de la Yale School of the Environment, aux États-Unis. Durant de longues années, elle désignait exclusivement les métiers liés au monde naturel : la biologie marine ou la conservation des forêts, par exemple. Et comme souvent, le changement sémantique a tout d’abord pris de l’ampleur outre-Atlantique, sous l’égide notamment de Van Jones, nommé conseiller de Barack Obama en 2009. Les États-Unis subissent alors une récession économique : il faut créer de l’emploi, et vite. La notion d’emploi « écolo » se démocratise et s’installe sur le marché du travail.

À cette époque, Van Jones suggère au Président d’investir afin de mettre un peu de vert aux joues d’une économie en berne. De nombreux emplois pourraient être rapidement créés, promet-il, notamment parmi la population afro-américaine et les plus bas revenus. Voici venu le temps des « cols verts » : des cols bleus formés ou « transformés » en acteurs d’une économie bas carbone. En France, l’agriculture bio et les énergies renouvelables, dont le développement s’est accéléré depuis 2017, deviennent d’importants pourvoyeurs d’emplois verts.

Il faut de tout pour faire un monde vert

Partout sur la planète, ces élans écoresponsables favorisent l’émergence de différents types de métiers verts. Il y a d’abord ceux de tous les jours : électricien, ouvrier du bâtiment, que l’on réaffecte à des missions de performance énergétique. Et il y a ceux inventés ad hoc : technicien en éolien, installateur de panneaux photovoltaïques etc. Aujourd’hui sont considérés comme « verts » les métiers dont la finalité – les énergies renouvelables, par exemple – ou les procédés tendent vers davantage d’écoresponsabilité. Pour ces derniers, il s’agit de jobs qui n’ont pas de lien direct avec l’environnement, mais sont toutefois considérés comme « verts » dans la manière dont on les opère. Citons ainsi les entreprises où des pratiques écoresponsables strictes sont mises en place (une politique zéro déchet, par exemple). Cela peut donc concerner tout travail de bureau – ou télétravail, Covid-19 oblige.

La Green Economy Coalition, une organisation partiellement financée par l’UE, a pour ambition de réformer l’économie afin qu’elle soit plus verte et profite à tous. Najma Mohamed, sa directrice des objectifs et stratégies, explique que la notion de métier vert concerne tous les secteurs. « Il est évident que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique ou la gestion des déchets ne vont pas fournir un travail à tout le monde. Il nous faut ouvrir de vraies brèches en matière d’écoresponsabilité. Nous sommes à un moment-clé de l’histoire de l’humanité. » Il est temps d’étendre la notion de « durabilité » aux emplois de bureau, à penser ce qu’elle signifie pour un comptable, une juriste, une cheffe de projets… En bref, pour ceux qui, tous profils confondus, ne travaillent pas dans le secteur de l’environnement.

Un job vert, c’est forcément super ?

« On peut, d’une certaine manière, dire que la plupart des métiers sont voués à devenir verts », analyse Andrew T. Norris, fondateur de l’agence de recrutement The Alpha Adviser et spécialiste du sujet. Bonne nouvelle ? Globalement, oui.

Mais, car il y a un mais, la médaille a son revers. Selon l’Organisation internationale du travail, les emplois verts sont des « emplois décents […] contribuant à la préservation, la restauration et l’amélioration de la qualité de l’environnement. » Or pour Najma Mohamed, il est important de regarder la situation de près. Particulièrement concernant le volet social. « On part généralement du principe que si c’est vert, tout va bien. Ce n’est pourtant pas toujours le cas. Par exemple, la plupart des travailleurs dans la gestion des déchets et le recyclage le font dans de mauvaises conditions, avec une protection sociale au rabais. Pourtant, on pourrait dire qu’il n’y a pas plus vert comme métier. Donc prudence, interrogeons-nous toujours sur cette idée d’emplois verts. »

Citons également la question de l’égalité entre les genres. Le secteur des énergies renouvelables connaît par exemple une surreprésentation masculine, avec des postes occupés à 68 % par des hommes. « Si on veut être vert et “décent”, il faut commencer par garantir l’accès aux métiers à tous. En résumé, évitons de verser dans le greenwashing », insiste Najma Mohamed.

S’emparer du sujet

Avec son plan de relance, la France espère la création d’environ 200 000 emplois « non délocalisables » liés, de près ou de loin, à une meilleure protection de l’environnement. En 2019, l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte a noté une hausse de 17 % des intentions d’embauche sur les métiers de l’économie verte. Pour l’heure, le gouvernement en est à « caractériser et anticiper les évolutions des emplois et des formations » dans le cadre de la transition écologique.

Établir une politique claire en matière d’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique est long et laborieux. L’impulsion vient donc d’ailleurs : les citoyens sont nombreux à se poser la question de leur relation au travail et à l’environnement. Anneke Stolk, cofondatrice d’Instagreen, start-up installée à Barcelone et spécialisée dans les fermes urbaines, travaillait au sein d’une agence conseil néerlandaise en innovation dans le domaine de l’alimentaire. Ingénieure en design produit, elle décide un jour qu’il est temps pour elle de se joindre à l’effort en faveur de l’écologie. « Le changement climatique est directement lié à nos modes de production alimentaire. J’ai senti que j’avais de plus en plus envie de faire partie d’un mouvement général de transition écologique. »

Elle teste alors ses idées de façon informelle, avec des amis, « sur des balcons, dans des salles de bains » et se forme « en hydroponie, aéroponie et toutes les méthodes apparentées. » Au bout d’un temps, la fermière citadine décide d’exploiter ce qu’elle a fait et appris, et de passer en mode professionnel. Après avoir suivi une formation en agriculture indoor, Anneke Stolk fonde sa start-up.

Cinq ans plus tard, Instagreen fait certainement partie de ces entreprises qui, par leurs pratiques durables, poussent le gouvernement espagnol à réagir, notamment dans les territoires urbains. Si l’idée d’aménager des fermes sur les toits a par exemple échappé aux gouvernants (en Espagne comme en France), des opérateurs privés s’en sont chargés. On leur doit de faire souffler un vent nouveau et plus responsable sur nos paysages urbains.

Il n’est jamais trop tard pour apprendre

Avec Instagreen, Anneke Stolk propose désormais des formations et cursus à destination des professionnels d’autres secteurs en quête d’une possible reconversion. Najma Mohamed souligne l’importance de ce type de formations pour la croissance des emplois verts. « Quand il y a des mutations dans un secteur économique, il faut près de dix ans pour voir les facs et les écoles adapter leurs cursus et leurs programmes en conséquence. Le secteur privé et les formes hybrides d’apprentissage ont tout intérêt à émerger et s’emparer de la question. »

Que les métiers tournés vers l’écologie attirent des professionnels issus de milieux et parcours très divers est en soi une très bonne nouvelle. Anneke Stolk a mis sa formation d’ingénieure au service des fermes urbaines, en appliquant ses connaissances aux pratiques agricoles traditionnelles. « Mieux vaut apprendre à décloisonner ses compétences si on veut justement ouvrir son champ des possibles. »

Autant de démarches individuelles qui, à elles toutes, redessinent l’avenir du travail. C’est l’avis de Kevin Doyle, à la Yale School of the Environment, qui voit cette évolution sociétale d’un très bon œil. « Ce qui me fascine et m’inspire, c’est la façon dont les gens s’emparent de sujets comme la justice sociale, la discrimination raciale ou les inégalités de salaires pour les inscrire dans une vision globale, qui prend aussi en compte la menace de nos écosystèmes, la qualité de l’air et de l’eau, etc. »

Les spécialistes de l’environnement ne travaillent plus dans leur coin. Écologie et grandes causes sociales ne sont plus considérées de façon indépendante. Kevin Doyle s’en réjouit. « Pour moi, cette approche est vraiment la bonne. Je peux même dire que je suis extrêmement optimiste. Il faut juste que cela se développe à grande échelle et de façon plus systématique. Les politiques de tous bords commencent à comprendre que cela fonctionne, qu’on doit multiplier les initiatives et continuer à les financer» En France, le French Impact, né d’une initiative gouvernementale, fédère ainsi des acteurs (publics et privés) de l’innovation sociale, avec pour but d’accélérer « l’ensemble des initiatives sociales et environnementales innovantes. »

Maintenant ou… maintenant

C’est donc le moment de se lancer sur le marché de l’emploi vert, dont les besoins vont grandissants. Dans une récente enquête réalisée pour le compte du Good Energy, fournisseur d’énergies renouvelables au Royaume-Uni, on apprend que la moitié des jeunes Britanniques espèrent décrocher un “green job”. Andrew T. Norris, l’expert en recrutement, confirme que l’économie verte connaît une croissance rapide. « Derrière chaque profil technique, il y a une entreprise avec des besoins en communication, compta, RH, juridique… Cela représente de nombreuses opportunités, soutenues par des investissements en forte hausse. » En France, 3PA, une association de formation et d’éducation à l’environnement, a créé en 2017 une école d’un nouveau genre, dont 160 jeunes de 16 à 25 ans sortent chaque année avec des savoir-faire à impact vert et des qualifications professionnelles.

Le chemin ne sera bien sûr pas de tout repos : il n’y a pas de balisage, que ce soit en matière d’effort collectif vers une économie plus respectueuse de l’environnement ou de parcours professionnel. Mais Najma Mohamed, comme d’autres, y croit dur comme fer : « La priorité aujourd’hui est qu’il y ait une vraie demande sociétale. Je suis ravie de constater que nous avons passé un cap. Les voix s’élèvent, les gens portent haut et fort leurs valeurs, qu’ils incarnent dans leurs résolutions professionnelles. En revanche, si on devait encore avoir la même conversation dans dix ans, là ce serait terrible. »

Le message est clair, et bien résumé par Kevin Doyle : « Nous avons les réponses. Ça ne sert à rien de perdre davantage de temps sur le diagnostic. On le connaît et les solutions, on les a. Il nous reste aujourd’hui à les porter, à les mettre en œuvre et, à travers elles, créer des emplois pour embarquer celles et ceux qui souhaitent s’y investir. »

https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/metier-vert-ecologie-green-jobs

Des premiers services du personnel, aux tâches purement administratives, jusqu’à l’émergence récente des chief happiness officer, la fonction RH s’est progressivement structurée depuis la fin du 19ème siècle. Une évolution en lien avec celle des entreprises et de la société.

Les RH n’ont pas toujours eu le rôle stratégique qu’on leur connait en entreprise. Apparues dans les grandes usines à la fin du 19ème siècle, leur principale mission était alors d’assurer la productivité des ouvriers. C’est l’époque de Frederick Winslow Taylor, inventeur de « l’organisation scientifique du travail » (OST). Ancien ouvrier devenu ingénieur en passant des cours du soir, il utilise son expérience pour améliorer le rendement des usines et mettre fin à ce qu’il nomme la « flânerie systématique » de l’ouvrier.

On connaît la suite : les méthodes de Taylor ont permis l’obtention de gains de productivité et une augmentation des salaires des ouvriers, mais on lui reproche également d’avoir dépossédé ces derniers de leur expertise au profit des ingénieurs. Soit d’un côté la conception et de l’autre, l’exécution. Taylor a résumé ses thèses dans l’ouvrage The Principles of Scientific Management. A noter que le terme management dérive à la fois du verbe italien maneggiare, signifiant contrôler, manier, avoir en main, et du mot français manège, au sens « d’entraîner un cheval en le dirigeant avec la main »… Une vision très verticale du travail qui a perduré au début du 20ème siècle.

La prise en compte des besoins humains

Après  la Première Guerre mondiale, les fonctions du responsable du personnel s’étoffent peu à peu. Il agit dans un contexte de faible réglementation du travail, où les salaires sont extrêmement bas et le turnover des ouvriers très élevé. Les missions du personnel RH se précisent : organiser et contrôler le travail, gérer les conflits, garantir la gestion des salaires et la fidélisation des employés.

La gestion des hommes va encore évoluer avec l’éclairage des sociologues et des psychologues. Elton Mayo, professeur à Harvard, a démontré en 1932 comment l’ambiance d’une entreprise influait sur la productivité des salariés. Selon lui, la motivation au travail ne dépend pas seulement de la rémunération mais aussi du sens donné à la mission et à son sentiment d’intégration. En clair : une entreprise ne peut pas considérer ses employés uniquement comme un rouage anonyme. Il faut laisser une part d’autonomie aux travailleurs pour qu’ils se sentent impliqués dans l’entreprise. C’est l’émergence du leadership, cette capacité à communiquer un sens à la mission.

Individualisation de la société

La fonction des ressources humaines va davantage évoluer dans les années 1970. De la « gestion du personnel », qui consiste à la bonne gestion des paies ou de la législation sociale, on assiste à l’émergence de la « gestion des ressources humaines ». Les RH ont désormais un but tactique dans l’entreprise et doivent, entre autres, avoir une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Comme la société, l’environnement de travail est de plus en plus individualisé. Les RH élaborent des grilles d’évaluation, elles aussi, individuelles, construisent des parcours professionnels personnalisés et les salariés sont incités à dresser eux-mêmes leurs objectifs. C’est l’ère de l’entrepreneuriat individuel, où le travail est vu comme une suite d’opportunités à saisir.

Dans un contexte de chômage systémique et de concurrence entre salariés, ces derniers ont intégré les règles du management. Comme le souligne le sociologue Eric le Texier dans le livre Le maniement des hommes, essai sur la rationalité managériale, les employés sont désormais dans « l’autocontrôle » bien plus efficace et exigeant que « le contrôle extérieur ».

Faire face au désengagement des salariés

Depuis les années 1990, la dénomination de la fonction a encore évolué pour devenir celle de « gestion stratégique des ressources humaines ». Leur rôle est davantage axé sur l’employabilité, le coût, le remplacement et le devenir des salariés. Suivant toujours l’évolution de la société, la fonction RH cherche à faire face au désengagement de plus en plus important des salariés. Il s’agit moins de savoir attirer les talents que de les retenir. De nouveaux métiers naissent comme le Chief Happiness Officer, en charge du bien-être des salariés.

Un bien-être qui doit être vecteur d’une meilleure productivité individuelle et, donc, de l’entreprise. Avec la digitalisation des sociétés, la fonction RH ne gère en effet plus ou presque plus les questions de la paie, les salariés connaissent leurs droits et, dans une économie du tertiaire, les conflits sociaux sont de moins en moins un problème à régler. La DRH perçoit alors le salarié comme un client qu’il s’agit de satisfaire pour qu’il véhicule une bonne image de son entreprise.

Quel avenir pour les RH ?

Et demain à quoi ressemblera la fonction RH ? Certains prédisent carrément leur mort. A quoi servirait-elle encore alors que ceux qu’elle est censée gérer sont autonomes ? Même pour le recrutement, elle serait dépassée. L’intelligence artificielle a fait d’énormes progrès et les robots ne se contentent plus de scanner les mots-clés d’un CV mais sont désormais capables d’analyser le niveau de langage et de vocabulaire employé lors d’un entretien ou d’étudier les émotions et les mouvements de main d’un candidat…

D’autres estiment au contraire que les RH auront toujours leur raison d’exister, notamment pour assurer le lien social en entreprise. La technologie de l’IA n’est d’ailleurs pas vraiment prise au sérieux. Le recrutement est affaire d’humains qu’il s’agit d’intégrer au mieux dans une structure. Pour cela, les compétences et l’instinct des RH prime.

Quelle que soit son évolution, la fonction RH suit de près celle de la société. Selon un article de la revue Cairn, elle pourrait ainsi muter vers celle de gestionnaire du temps, imaginant de « nouvelles articulations entre temps de travail et temps personnel ». Des questions largement soulevées au travail. Et encore plus en cette période de crise…

https://recruteur.lefigaro.fr/article/ressources-humaines-rh-toute-une-histoire/

Pour faire face à l’épidémie de Covid-19, un recours massif au télétravail a été privilégié en France, comme dans de nombreux autres pays. Le premier confinement, en mars 2020, a ainsi plongé un quart de la population active dans cette situation de travail à distance, contraint et à temps plein.

Le second confinement – démarré fin octobre 2020 – a fait du télétravail la règle dès que cette modalité s’avérait compatible avec les missions exercées par les travailleurs. Rappelons qu’en temps « normal », le télétravail ne peut être mis en place que sur la base du volontariat du salarié. Il peut cependant être imposé par l’employeur en cas de circonstances exceptionnelles, comme une menace épidémique.

Les deux confinements ont profondément bouleversé l’organisation des entreprises. Les managers ont été contraints de faire preuve d’agilité, et les collaborateurs ont développé une forme de résilience. On le comprend, ce type de télétravail à temps plein est inédit et s’explique par la situation d’urgence sanitaire.

Dans le cadre du travail à distance, le rapport autonomie/contrôle est bouleversé et les relations sont supposées fondées sur la confiance et la délégation. Les collaborateurs développent de nouvelles compétences, notamment en matière d’utilisation d’outils technologiques et d’auto-organisation.

Il est aujourd’hui légitime de s’interroger sur son évolution : le télétravail peut-il devenir la norme ? S’agit-il d’une modalité d’organisation durable ?

Les promesses du télétravail

Les promesses du télétravail sont nombreuses. Pour les entreprises, il est synonyme de flexibilité en matière d’organisation et d’occupation des locaux ; la perspective de diminuer le nombre de mètres carrés occupés est ainsi souvent mise en avant. La question de la performance est également soulevée, mais difficilement tranchée. Une étude de la direction générale du Trésor sur les effets économiques du télétravail révèle son impact positif serait ainsi lié aux bonnes conditions de sa mise en place – meilleure autonomie, flexibilité, conciliation entre vie privée et vie professionnelle, moins de transports.

Face aux risques induits par le travail hors site (isolement et empiétement du temps familial sur le temps de travail par exemple), Bercy pointe les solutions possibles : rôle des équipes dirigeantes pour mieux concilier vie privée et vie professionnelle, espaces de travail partagés (coworking), développement des modes de garde des enfants.

Des effets sur la productivité et bien au-delà

Les effets sur la productivité sont perçus différemment selon les enquêtes. Le gain moyen de productivé était estimé à 22 % en 2012 par une étude réalisée pour la DGE dans de grandes entreprises françaises, mais pour laquelle la méthodologie n’est pas consultable. À l’inverse, un rapport de ZDnet et Valoir montre que le passage au télétravail suite au coronavirus a eu pour effet une réduction moyenne de 1 % de la productivité. Notons qu’en ce domaine les enseignements de la littérature restent limités comme le souligne l’Insee.

La littérature économique n’est d’autre part pas univoque concernant l’impact du télétravail sur la productivité. Celui-ci dépend de nombreux facteurs : les conditions de sa mise en place (outils, formation des télétravailleurs et de leurs managers) ; l’organisation du travail dans l’entreprise et du type de management (autonomie du salarié, valorisation du résultat plutôt que de la présence, capacité d’adaptation du management) ; les caractéristiques de chaque métier (degré d’interdépendance à d’autres tâches, caractère créatif ou non des tâches, autonomie).

À plus long terme, au-delà de la crise sanitaire, le télétravail a aussi des effets sur les conditions d’appariement sur le marché du travail, l’organisation de l’espace et l’environnement. Leur quantification est rendue difficile par la présence d’effets multiples, et parfois contraires, mais ils ne peuvent être ignorés, car une forte diffusion du télétravail aurait des effets agrégés bien plus profonds, dépassant les seuls aspects d’organisation.

Des millions de trajets en moins

Pour les collaborateurs, la diminution des temps de trajet est souvent mise en avant, tout comme la possibilité de s’organiser en toute autonomie et de consacrer davantage de temps à sa famille.

Rappelons ici que le souci environnemental a été l’une des premières préoccupations dans le développement du télétravail. En 1993, le projet de l’agence Catral sur les « bureaux de voisinage » visait ainsi à limiter les trajets en Île-de-France.

La situation que nous vivons aujourd’hui est différente. Mais si le télétravail n’a pas été mis en place pour des questions de protection de l’environnement, il a eu dans sa forme contrainte et à temps plein un impact non négligeable : soit la limitation de l’utilisation des transports et la baisse de la pollution conséquente avec 3,3 millions de déplacements évités chaque semaine.

Malheureusement, cette limitation des déplacements a eu pour conséquence une relocalisation les activités du quotidien autour du domicile, induisant une augmentation des livraisons de repas et de biens de consommation courante.

Des dérives et des risques

Les études sur le télétravail révèlent tant des effets positifs que négatifs, notamment sur la santé physique et mentale des salariés.

La mise en place du télétravail en mode dégradé contribue à l’augmentation des risques psychosociaux. On constate ainsi une porosité de la frontière vie personnelle et vie professionnelle, un sentiment d’isolement, des formes de stress, des risques de burn-out et, parfois même, le développement de nouvelles formes de harcèlement « connecté ».

De nombreuses dérives sont apparues dès le premier confinement : temps de travail excessif, empiétement entre vie professionnelle et vie privée, difficultés à déconnecter. Rappelons que le confinement n’exonère pas les employeurs de leur obligation générale de sécurité à l’égard de leurs employés (articles L4121-1 et L4121-2 du code du travail).

Ce que nous apprend le confinement

Plusieurs enquêtes ont été réalisées pendant et après le premier confinement. Elles dressent un constat alarmant.

Citons en premier lieu l’étude de perception CSA pour Malakoff Humanis, réalisée du 15 au 20 avril 2020 : 33 % des télétravailleurs estiment que ce contexte particulier de télétravail a un impact négatif sur leur charge de travail et 30 % sur leur motivation ; 30 % des télétravailleurs confinés estiment que leur santé psychologique s’est dégradée ; 28 % estiment que leur charge mentale a augmenté ; 39 % ont du mal à articuler temps de vie professionnelle et personnelle ; 45 % des télétravailleurs ont du mal à se déconnecter du travail. Enfin 28 % vivent des tensions avec leur entourage familial.

Un sondage OpinionWay – conduit du 31 mars au 8 avril 2020 auprès de 2 005 salariés représentatifs pour le cabinet « Empreinte Humaine » et portant sur l’impact de la crise sanitaire sur la santé psychologique des salariés – montre qu’après seulement 2 à 3 semaines de confinement le bien-être psychologique des travailleurs s’était déjà largement dégradé ; c’est 10 points de moins que l’enquête Eurofound réalisée en 2016. 44 % des collaborateurs se disent anxieux et perçoivent une détresse psychologique. Ceci concerne davantage les femmes (22 % en détresse élevée contre 14 % pour les hommes).

Soulignons que le facteur de risque principal ne serait pas directement le télétravail, mais les conditions dans lesquelles il s’effectue puisque seuls 45 % des sondés ont pu s’isoler et 60 % ont travaillé dans le salon de leur domicile. 79 % des salariés plébiscitent le soutien de leurs collègues et 70 % celui de leur supérieur hiérarchique. Enfin, les managers paraissent particulièrement exposés, 20 % d’entre évoquant une détresse psychologique « élevée ».

Une enquête CGT sur les conditions de travail et d’exercice de la responsabilité professionnelle durant le confinement, datée de début mai 2020, fait ressortir que près de 80 % des employés ne disposent pas de droit à la déconnexion ; 97 % n’ont pas d’équipement de travail ergonomique ; un quart n’ont pas d’endroit où s’isoler ; un tiers, notamment les femmes, doit télétravailler tout en gardant les enfants ; 35 % des télétravailleurs se plaignent d’une anxiété inhabituelle et près de la moitié de douleurs physiques. Enfin, 40 % des managers ont vu leur temps et charge de travail augmenter.

Une enquête réalisée par Harris Interactive, du 4 au 8 novembre 2020 pour le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, confirme que tous les actifs : >« […] ne peuvent pas télétravailler, mais que les salariés pouvant le faire l’ont fait dans la très grande majorité et, en moyenne, un jour de plus que la semaine précédente. Constat est fait que le télétravail 5 jours sur 5 représente un véritable effort pour les salariés qui, pour certains, souffrent d’isolement. »

Cette enquête révèle aussi que 58 % des salariés qui ont télétravaillé à 100 % préféreraient venir sur leur lieu de travail au moins 1 jour par semaine ; 4 salariés sur 10 qui ont télétravaillé lors de la semaine de l’étude se sentent isolés ; 3 sur 10 déclarent mal vivre cette situation au quotidien.

Quel avenir pour le télétravail ?

Réussir la mise en place du télétravail n’est jamais acquis d’avance : organiser le travail à distance peut provoquer des interrogations, voire des tensions et des conflits.

Le code du travail indique que le télétravail ne doit pas modifier les missions et activités habituelles du salarié, ses objectifs, le nombre d’heures effectuées ainsi que sa charge de travail. Il ne doit pas devenir un unique outil de flexibilité menaçant la santé des salariés.

Qu’il soit régulier ou occasionnel, le télétravail peut être mis en place par accord collectif ou par une charte. Et, en l’absence d’accord collectif ou de charte, par un simple accord entre le salarié et l’employeur. Le contrat de travail n’est pas nécessairement modifié par voie d’avenant. On l’a vu, sauf circonstances exceptionnelles prévues par le code du travail (menace d’épidémie ou cas de force majeure), le télétravail ne peut pas être imposé au salarié.

En écho au sondage effectué par la CGT, les partenaires sociaux ont engagé en sortie de confinement des discussions pour améliorer le cadre existant dans l’Accord national interprofessionnel (ANI) de 2005. Un accord national « pour une mise en œuvre réussie du télétravail » a été ainsi conclu le 26 novembre 2020. Ce texte précise les contours de la relation managériale en télétravail en son article 4 (« accompagnement des collaborateurs et des managers »).

Reprenant l’accord du 28 février 2020 portant diverses orientations pour les cadres, l’ANI appelle à un renouveau des pratiques managériales. Les signataires ont souligné l’importance de la prise en compte du télétravail dans la démarche d’analyse de risques prévue à l’article L 4121-1 du code du travail, et qui fait l’objet d’une transcription dans le document unique d’évaluation des risques.

L’accord indique que le télétravail repose sur un postulat fondamental – la relation de confiance entre un responsable et chaque salarié – et deux aptitudes complémentaires, l’autonomie et la responsabilité nécessaires au télétravail.

Le télétravail n’est pas nouveau – on l’évoque en 1993 dans le rapport interministériel de la mission Breton – et il ne constitue pas l’avenir du travail. Organisé en mode subi, à temps plein et dégradé pour répondre à la crise sanitaire globale de la Covid-19, il a vite induit de multiples problèmes : risques psychosociaux, isolement, porosité des frontières.

Les entreprises comme les salariés s’accordent à penser qu’il doit être mis en place dans une juste mesure, même s’il reste ponctuellement la norme jusqu’à Noël. La CFTC recommande ainsi un maximum de 3 jours par semaine.

https://theconversation.com/le-teletravail-est-il-durable-les-enseignements-du-confinement-151886

Pour sa 11ème année consécutive, le baromètre annuel des énergies renouvelables électriques publie son bilan 2020. Mené par l’organisme Observ’ER, il estime que, malgré la crise sanitaire, le rythme de déploiement des nouvelles installations n’a pas faibli, néanmoins jugé trop insuffisant face aux objectifs nationaux fixés à l’horizon 2028. Les détails.

Produit par Observ’ER, en collaboration avec la FNCCR (la Fédération des collectivités concédantes et régies) et l’Ademe, le baromètre 2020 indique que la crise sanitaire liée au covid-19 et le confinement du printemps ont fortement ralenti le développement des énergies renouvelables. « Le rythme n’est pas suffisant pour atteindre les objectifs, et c’est un retard difficile à rattraper », souligne Frédéric Tuillé, responsable des études chez Observ’ER.

L’an passé (octobre 2019-septembre 2020), le baromètre indiquait que la production renouvelable était en phase avec les objectifs fixés par les pouvoirs publics, avec plus de 27% de la consommation électrique.

Des résultats satisfaisants mais insuffisants 

Selon Observ’ER, la production électrique d’origine renouvelable de quatre régions métropolitaines (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Grand Est et Provence-Alpes Côte d’Azur) a couvert, en 2020, l’équivalent de plus de 35% de leur consommation électrique.

A fin septembre, la puissance renouvelable électrique atteignait 56,5 GW. Un chiffre que l’on doit principalement à l’éolien terrestre et au photovoltaïque (89%). Or, l’observatoire estime déjà un véritable décrochage pour la filière photovoltaïque (18 GW anticipés au lieu d’une fourchette de 35-44 GW). De même pour la filière éolienne qui, au rythme actuel, devrait également décrocher, avec une projection à 31 GW au lieu de 33-34 prévus. 

Afin de rattraper son retard, le secteur doit multiplier par 3 sa dynamique afin de raccorder 3 GW par an. En 2021, le parc français devrait alors atteindre 57,7 GW fin 2020, soit 2,8 GW de plus qu’en 2020. 

Pour la filière du solaire, le rapport indique que les objectifs fixés par le gouvernement à l’horizon 2028 devraient être atteints, peut-être même dépassés. Dans ce parc, les energies hydrauliques restent majoritaires. 

L’enjeu des collectivités régionales

Le rapport pose la question sur les moyens dont disposent les collectivités pour atteindre leur schéma d’aménagement du territoire et précise que l’Ademe a d’ores et déjà annoncé le déploiement de conseillers territoriaux. Le président d’Observ’ER, Vincent Jacques Le Seigneur regrette que « les pouvoirs publics soufflent en permanence le chaud et le froid, au niveau de l’Etat comme des collectivités », sur l’éolien et précise que « s’il n’y a plus de concertation », les craintes vont s’étendre au photovoltaïque.

Quant à la FNCCR, son président Pascal Sokoloff, indique « on accompagne nos adhérents au niveau national, notamment autour du développement de l’open data pour faciliter la diffusion et l’utilisation des données en promouvant des dispositifs et des cadres sécurisés. On met également en place des groupes de travail afin de réaliser des études spécifiques à des usages plus particuliers des données. » 

https://www.batiweb.com/actualites/vie-des-societes/bilan-2020-les-energies-renouvelables-prennent-du-retard-2021-01-15-37263

Pour répondre aux demandes des professionnels du Bâtiment, de la Construction et de l’Architecture, Reed Expositions, l’Afisb1 et Uniclima2 réinventent les. La prochaine édition des salons cités montre un renouveau avec un retour à Paris avec un concept d’exposition totalement repensé.

Le voeu des professionnels exaucé

Grâce à un travail en collaboration avec Viparis, propriétaire de Paris Expo Porte de Versailles, les organisateurs du Mondial du Bâtiment ont pu saisir l’opportunité de revenir sur le site historique des salons BATIMAT, IDÉOBAIN et INTERCLIMA. Ce retour permet de répondre aux souhaits des professionnels du Bâtiment, de la Construction et de l’Architecture d’un évènement plus convivial et à proximité du centre de Paris et de son offre de tourisme d’affaires.

Parmi les conditions pour ce retour à Paris Expo Porte de Versailles, figurait une modification de la date de l’évènement. L’édition 2021 est ainsi reportée à l’automne 2022, ce qui devrait également minimiser les risques de décalages successifs en cas de prolongation de la pandémie actuelle, et faciliter la présence des exposants et visiteurs internationaux. Les trois salons se tiendront dorénavant tous les deux ans au mois d’octobre en année paire, en alternance avec ÉQUIPBAIE-MÉTALEXPO, les années impaires.
 

Un événement plus efficace et plus sobre

En 2022, les salons BATIMAT, IDÉOBAIN et INTERCLIMA occuperont les espaces du Hall 1 au Hall 6, représentant une surface d’exposition de plus de 136 000 m². Cette surface étant inférieure à celle disponible au Parc de Paris Nord Villepinte, ce retour s’accompagnera par conséquent d’un chantier d’aménagement de l’offre et de la logistique de l’évènement.

Ainsi, les exposants se verront proposer une nouvelle offre d’exposition, organisée autour de modules standards et de tailles de stand limitées. De plus, un projet logistique d’envergure aura pour objectif de réduire les temps de montage/démontage et de fluidifier les flux autour de la Porte de Versailles.

Cette refonte de l’offre et de la logistique évènementielle apportera de multiples avantages aux exposants : choix de l’emplacement dès l’inscription et passage à 4 jours pour tous les salons.

L’autre enjeu est celui de l’évènement lui-même qui va devenir plus sobre et s’inscrire dans une démarche RSE, dans le cadre de la feuille de route que s’est donné Reed Expositions France. Le Mondial du Bâtiment sera le premier grand salon du secteur à mettre en œuvre une politique et des actions d’envergure pour la réduction de ses impacts : réduction et revalorisation des déchets, politique d’achats responsables, écoconception, restauration responsable….
 

Une offre digitale de rupture  « 365 jours/365 »

Pour développer la visibilité des exposants entre deux éditions du Mondial du Bâtiment et leur permettre de préparer une rencontre conviviale et qualitative pendant les 4 jours de salon physique, les organisateurs de BATIMAT, IDÉOBAIN et INTERCLIMA ont également conçu une offre nouvelle d’outils digitaux. Elle a pour ambition d’augmenter le nombre de contacts et la notoriété des marques des exposants sur une période élargie : la mise en relation et la visibilité, cœur de métier des salons, sont maintenant étendues entre deux éditions grâce au digital.
 

1 Afisb, Association Française des Industries de la Salle de Bains, propriétaire du salon IDÉOBAIN
2 Uniclima, Syndicat des industries Thermiques, Aérauliques et Frigorifiques, propriétaire du salon INTERCLIMA

Sources et liens

www.batimat.com
www.ideobain.com
www.interclima.com

https://conseils.xpair.com/agenda_news/salon-interclima-decale-2022-porte-versailles.htm

Le secteur des transports (voiture, avion,…) est souvent présenté comme un des premiers responsables des émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au dérèglement du climat, avec l’agriculture, et la production d’électricité. Mais ils ne sont pas les seuls à émettre du CO2, et certains secteurs pourtant très pollueurs sont méconnus, comme la production de ciment, qui représente environ 8% des émissions mondiales de CO₂. En raison de cette proportion énorme, l’utilisation de ciment plus écologique pourrait faire radicalement baisser les émissions de CO2.

La construction, un secteur clé pour faire baisser les émissions de CO2

Alors qu’il y a 200 ans,  au début de la  révolution industrielle, notre  empreinte carbone était proche de zéro, aujourd’hui, elle représente plus de la moitié de notre empreinte écologique globale. L’utilisation des ressources naturelles par l’être humain dépasse maintenant largement les capacités de renouvellement de la planète. Cela est dû en grande partie au secteur de la construction, qui est le deuxième plus gros consommateur de ressources naturelles et matières premières comme l’eau et le sable pour produire plus de 10 milliards de tonnes de ciment chaque année.
Les zones urbaines sont chaque année plus étendues, les constructions plus nombreuses, et un passage à un ciment plus durable pourrait être une des manières les plus radicales et efficaces pour réduire les émissions de CO2.

Des alternatives plus durables au ciment Portland traditionnel

Selon une étude des Nations Unis de nombreux ciments à faible teneur en CO₂ constituent des alternatives plus durables au ciment Portland traditionnel. Le ciment Portland est produit en chauffant un mélange de calcaire et d’autres minéraux à environ 1 450 ° C, un processus qui entraîne des réactions chimiques qui libèrent de grandes quantités de CO₂. Mais d’autres matériaux peuvent être utilisés dans le béton, soit en mélange avec du ciment traditionnel, soit comme liant (ou «colle») eux-mêmes, sans aucun ciment Portland.
Brant Walkley, maître de conférences au Département de génie chimique et biologique de l’Université de Sheffield  explique dans The Conversation les avantages de l’utilisation de matériaux générés en grande partie à partir de déchets industriels ou de sous-produits tels que les cendres volantes de charbon, les scories de hauts fourneaux, les argiles calcinées, le calcaire finement broyé ou les fumées de silice.
La production de ces matériaux entraîne des émissions de CO₂ bien inférieures à celles du ciment Portland. Cela se traduirait par une réduction des émissions de CO₂ de 50% à 80%, selon la technologie utilisée.

Le ciment comme pilier de l’économie circulaire

Des efforts importants ont été faits ces dernières années pour recycler le béton et autres déchets à base de ciment, notamment en produisant des granulats recyclés. André De Herde,  professeur à la faculté d’architecture durable et d’urbanisme de l’UCLouvain, considère que la récupération du béton pour l’utiliser pour les nouvelles constructions devrait être généralisée, car la construction, la rénovation et la démolition sont responsable d’environ 50% des déchets produits chaque année dans le monde.
Favoriser l’emploi de matériaux réutilisables à toutes les étapes de la chaîne de production tout en investissant dans la recherche de matériaux plus écologiques pourrait donc avoir un impact massif sur l’empreinte carbone du secteur de la construction.L’utilisation de ces matériaux dans le ciment améliore en plus sa résistance et sa durabilité.
Les scientifiques de l’Institut royal de technologie de Melbourne (RMIT) ont démontré, par exemple, qu’une combinaison de gravats de construction et de vieux pneus  pouvait être utilisée comme matériau durable pour la construction de routes.  Cela permettrait de donner une deuxième vie aux pneus, qui sont chaque année jetés par milliards dans le monde.

Premiers pas vers une construction plus durable des villes en France

En France, le premier immeuble à utiliser un béton composé de granulats recyclés a vu le jour début 2020. Le premier fabricant de béton 100% recyclé, Poullard, utilise les gravats concassés, criblés et triés, puis lavés des chantiers proches. Le bâtiment en question, la résidence “Le Onze”, située à Chartres (Eure-et-Loir) est donc le premier premier immeuble neuf construit avec du béton recyclé.
Selon Brant Walkley, cité par The Conversation, une chose est maintenant claire comme de l’eau de roche: il est essentiel de radicalement changer la manière dont nous construisons nos villes, en passant à des technologies de ciment durable qui réutilisent les déchets industriels et conduisent une économie circulaire. Il est contradictoire de culpabiliser ou de faire des efforts dans les secteurs des transports, de l’alimentation, sans agir aussi dans la construction.

Auteur(s): FranceSoir Publié le 28/08/2020 à 11:02 – Mise à jour à 11:22

Collaborer tout au long du cycle de vie des installations, améliorer la prise de décisions et les performances des ouvrages, exploitants et maîtres d’œuvre en rêvaient. Si depuis une dizaine d’années l’acronyme BIM semble familier au secteur du BTP, qu’en est-il pour autant pour les acteurs de l’eau ? Quels sont les premiers retours d’expérience ? Les défis, les promesses attendus pour la filière ?

Porté par l’expansion du numérique, par les technologies de l’information et le développement de multiples écosystèmes logiciels auquel participent de nombreux éditeurs spécialisés, le BIM (Building Information Modelling) s’est imposé depuis 10 ans dans le secteur du BTP. Alors que les professionnels de la construction, architectes, génie-civilistes, industriels ont basculé dans un BIM assumé pour accroître l’efficacité des opérations réalisées au sein d’un bâtiment durant son cycle de vie, « le domaine de l’eau est sans doute celui qui est le moins en avance sur l’intégration du BIM en France au regard des autres métiers de la construction présents chez BG, observe Vincent Francheteau, responsable développement chez BG Ingénieurs ConseilsPourtant la maquette numérique constitue un outil puissant pour les acteurs de la maîtrise d’ouvrage, pour créer de la valeur ».

Pour mieux appréhender l’importance du BIM sur leurs activités, Xylem a interrogé des bureaux d’études du monde entier. Plus de 91 % des interrogés indiquent que le BIM est désormais incontournable dans le secteur de la construction. « Au Royaume-Uni, en Norvège, au Danemark et en Finlande, le BIM est déjà obligatoire dans la conception et la construction de bâtiments et d’infrastructures publics, souligne Jamie Mills chez Xylem. L’Allemagne, l’Italie, la France, l’Espagne et les Pays-Bas sont les prochains pays qui rendront le BIM obligatoire en Europe sur la base de directives européennes. Les avantages du BIM ne font aucun doute. Le développement accéléré du marché est prouvé par l’augmentation conséquente des téléchargements d’informations numériques sur les produits, au cours de ces dernières années ».

Cependant, le développement du BIM n’en est qu’à ses débuts. « En Europe, nous constatons une énorme différence d’un pays à l’autre et d’un segment de marché à l’autre, poursuit Jamie Mills. Certains pays et marchés sont déjà avancés, certains ne parlent même pas du BIM ou attendent que d’autres fassent des expériences. Compte tenu de la tendance de la numérisation, d’autant plus stimulée par le Covid-19, le BIM va se développer encore plus rapidement. L’un des principaux défis à relever pour réussir est d’établir des normes européennes et internationales pour l’échange de données. Nous participons chez Xylem activement et soutenons l’élaboration de ces normes du point de vue de l’eau ».

https://www.revue-ein.com/article/le-bim-dans-le-traitement-de-l-eau