Les questions liées à la transition énergétique font partie intégrante de la formation des futurs ingénieurs.

Pénélope est ingénieur. Fraîchement diplômée de l’ENTPE et d’un cursus d’architecture, elle travaille pour une structure dédiée à la réutilisation de matériaux de construction. Et ses études n’y sont pas pour rien. «Je me souviens d’un cours sur la ville durable, avec des études de cas sur des structures alternatives, ou d’évaluation environnementale. Ce sont des sujets très présents dans les formations», détaille Pénélope. Elle a décidé d’approfondir cette appétence avec un mémoire sur la filière du réemploi, en visant justement le métier qu’elle exerce aujourd’hui.

» LIRE AUSSI – Classement des écoles du BTP

Un métier avec du sens

Pénélope n’est pas la seule. Selon un sondage OpinionWay de début 2020, le sens dans le travail est «important», et même «prioritaire» pour 95 % des étudiants. Thibaut, lui, s’est tourné vers la réhabilitation, après cinq ans à l’ESITC Caen«Tous les cours étaient liés d’une manière ou d’une autre au développement durable. Dès la première année, nous avons réalisé des TP sur les écomatériaux, puis des projets sur le calcul de l’empreinte carbone l’année suivante. En fin d’études, j’ai travaillé sur la déperdition d’énergie, et appris à améliorer les performances d’un bâtiment. Mon projet de recherche était tourné vers les biomatériaux.» Il travaille aujourd’hui pour Vinci, sur la réhabilitation d’une tour à la Défense: «Pour moi, la réhabilitation, le cycle de vie du bâtiment, l’empreinte carbone, c’est l’avenir du bâtiment…»

Toutes les écoles d’ingénieurs dédiées au bâtiment et aux travaux publics s’y mettent. «Ils apprennent évidemment la RT2012 et bientôt la RE2020, les réglementations du bâtiment liées à l’environnement. Nous les formons aussi aux matériaux recyclés, aux circuits courts, via des travaux pratiques dans l’un de nos labos de recherche, lui-même situé dans un bâtiment intelligent», détaille Lionel Poisson, responsable du département BTP du Cesi Nanterre. Et si le cursus ne contient pas d’option durable, c’est un choix assumé: «Cela fait partie du tronc commun de tous nos ingénieurs.»

Construire les mondes de demain

Les programmes changent progressivement, afin d’intégrer ces questions et de former des étudiants déjà friands des sujets durables. Créée au XVIIIe siècle, la prestigieuse École des ponts a pris ce virage depuis une vingtaine d’années. «La dimension environnementale a toute sa place à l’école, car notre objectif est de construire les mondes de demain. Aujourd’hui, il faut rénover le parc, assurer la transition énergétique, faire en sorte que la politique de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire soit compatible avec les enjeux de développement durable», souligne Arthur Lebée, adjoint au président du département génie civil et construction. Résultat: 10 % à 15 % des étudiants de sa spécialité choisissent un stage de fin d’études clairement tourné vers le durable. Une part en augmentation depuis quelques années.

Une demande du marché qui ne devrait pas faiblir

Même son de cloche à l’ESTP, qui a complètement revu ses programmes. Désormais, tous les élèves de première année étudient la sociologie de la ville, le changement climatique et la transition énergétique, puis le génie écologique en deuxième année. Le BIM, Building Information Modeling, permettant de créer des maquettes numériques des bâtiments, de véritables jumeaux digitaux aidant à mieux les analyser, fait également partie intégrante des cursus. «Ce n’est plus la même formation qu’il y a dix ans. Cette transformation se fait en lien avec nos entreprises partenaires, qui nous demandent justement des profils sensibilisés et formés à ces questions», confirme David Winterberger, responsable du département génie mécanique, génie électrique et efficacité énergétique. Une demande du marché qui ne devrait pas faiblir. Tout comme la passion de nombreux étudiants pour ces thématiques d’avenir.

https://etudiant.lefigaro.fr/article/les-ecoles-du-btp-se-mettent-au-vert_8852cfa0-3e4d-11eb-b99a-c994f2a4562d/

Dans le secteur du béton et de la maçonnerie, les innovations ne sont pas toujours « visibles ». Elles peuvent revêtir plusieurs formes. Désormais, en plus d’optimiser la performance technique des produits, les fabricants s’attachent à en améliorer l’impact environnemental, depuis la formulation et la production du matériau jusqu’à son recyclage. Détails avec trois industriels, Alkern, Lafarge Holcim et Rector.

Alkern : proximité, légèreté, mixité

« Nous cherchons à optimiser la conception des produits afin qu’ils soient plus écologiques, plus performants et plus faciles à mettre en œuvre. Nous visons à réduire notre empreinte écologique d’une part en utilisant moins de ressources et de carbone, et d’autre part en favorisant la proximité fournisseurs-usines-chantiers.

Les produits préfabriqués ont l’avantage d’optimiser la quantité de matière béton : les éléments partiellement vides peuvent être remplis d’isolants et ont un poids réduit. Pour augmenter les performances, nous travaillons aussi nos bétons et leurs constituants (liants et agrégats). Par exemple, l’usage de la ponce permet d’alléger certains produits (bloc inférieur à 15 kg) et d’augmenter leur résistance thermique.

Côté liant, nous allons vers des ciments avec destaux de carbone les plus bas possible, des filler ou des liants de nouvelle génération. L’idée aussi est de concevoir des solutions complètes, comme R+MuR, regroupant une mixité de produits et de matériaux pour simplifier les travaux et assurer une qualité de l’ouvrage. »

Christophe Lagrange, directeur de l’offre d’Alkern

Rector : formulation, déconstruction, biosourcé

« L’un des objectifs de ces dernières années a porté sur l’élaboration de bétons autoplaçants plus performants et de les démocratiser. Maintenant, nous les proposons dans quasiment toutes nos usines. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles formulations en lien avec la protection environnementale et l’économie circulaire.

D’une part, en réutilisant le béton issu de la déconstruction locale et en le faisant repasser par nos usines. L’étape suivante sera la déconstruction sélective et propre afin de réutiliser les granulats recyclés avec le moins de travail possible en usine et en laboratoire.

D’autre part, sur des mélanges bas carbone et des bétons bio-sourcés : cela s’avère un gros challenge tant en formulation, qu’en process ou en attente client, car il faut également que cela entre dans un modèle économique. Nous commençons à utiliser des bétons bas carbone sur les chantiersd’abord pour les poutres, prochainement pour les prédalles et les prémurs. Prochainement, nous allons lancer de nouvelles choses sur le sujet. »

Eric Stora, responsable de pôle R&D distribution et laboratoire de Rector

Lafarge Holcim : réduction carbone, granulats recyclés

« Nos innovations s’appuient sur notre démarche Lafarge 360 qui s’articule autour de trois axes : Reduce (le poids du CO2 dans le béton), Recycle et Reinvent (innover au service de la performance environnementale). Ainsi, nous avons lancé le ciment Planet pour les artisans. D’une part, le sac participe à la diminution des déchets car il se décompose dans la bétonnière. D’autre part, il atteint 65 % de taux de réduction de carbone, et nous compensons l’impact CO2 restant par le financement d’éco-projets (crédits carbone).

Nous avons aussi lancéune offre similaire de béton Ecopact noté 360Score A+ dont l’impact CO2 est compensé. Avec cette démarche éco responsable, nous visons à préparer la RE2020 en fournissant des solutions auprès des artisans. Pour élargir leur portefeuille d’affaires, nous leur proposons également des formations à la chape fluide et aux bétons décoratifs. Une nouvelle chape bas carbone est en développement, ainsi que des bétons décoratifs composés jusqu’à 100 % de granulats recyclés. »

Michèle Duval, directrice produits et services, direction marketing de Lafarge Holcim

https://www.lemoniteur.fr/article/filiere-beton-les-grands-axes-d-innovation.2124064

Le secteur des transports (voiture, avion,…) est souvent présenté comme un des premiers responsables des émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au dérèglement du climat, avec l’agriculture, et la production d’électricité. Mais ils ne sont pas les seuls à émettre du CO2, et certains secteurs pourtant très pollueurs sont méconnus, comme la production de ciment, qui représente environ 8% des émissions mondiales de CO₂. En raison de cette proportion énorme, l’utilisation de ciment plus écologique pourrait faire radicalement baisser les émissions de CO2.

La construction, un secteur clé pour faire baisser les émissions de CO2

Alors qu’il y a 200 ans,  au début de la  révolution industrielle, notre  empreinte carbone était proche de zéro, aujourd’hui, elle représente plus de la moitié de notre empreinte écologique globale. L’utilisation des ressources naturelles par l’être humain dépasse maintenant largement les capacités de renouvellement de la planète. Cela est dû en grande partie au secteur de la construction, qui est le deuxième plus gros consommateur de ressources naturelles et matières premières comme l’eau et le sable pour produire plus de 10 milliards de tonnes de ciment chaque année.
Les zones urbaines sont chaque année plus étendues, les constructions plus nombreuses, et un passage à un ciment plus durable pourrait être une des manières les plus radicales et efficaces pour réduire les émissions de CO2.

Des alternatives plus durables au ciment Portland traditionnel

Selon une étude des Nations Unis de nombreux ciments à faible teneur en CO₂ constituent des alternatives plus durables au ciment Portland traditionnel. Le ciment Portland est produit en chauffant un mélange de calcaire et d’autres minéraux à environ 1 450 ° C, un processus qui entraîne des réactions chimiques qui libèrent de grandes quantités de CO₂. Mais d’autres matériaux peuvent être utilisés dans le béton, soit en mélange avec du ciment traditionnel, soit comme liant (ou «colle») eux-mêmes, sans aucun ciment Portland.
Brant Walkley, maître de conférences au Département de génie chimique et biologique de l’Université de Sheffield  explique dans The Conversation les avantages de l’utilisation de matériaux générés en grande partie à partir de déchets industriels ou de sous-produits tels que les cendres volantes de charbon, les scories de hauts fourneaux, les argiles calcinées, le calcaire finement broyé ou les fumées de silice.
La production de ces matériaux entraîne des émissions de CO₂ bien inférieures à celles du ciment Portland. Cela se traduirait par une réduction des émissions de CO₂ de 50% à 80%, selon la technologie utilisée.

Le ciment comme pilier de l’économie circulaire

Des efforts importants ont été faits ces dernières années pour recycler le béton et autres déchets à base de ciment, notamment en produisant des granulats recyclés. André De Herde,  professeur à la faculté d’architecture durable et d’urbanisme de l’UCLouvain, considère que la récupération du béton pour l’utiliser pour les nouvelles constructions devrait être généralisée, car la construction, la rénovation et la démolition sont responsable d’environ 50% des déchets produits chaque année dans le monde.
Favoriser l’emploi de matériaux réutilisables à toutes les étapes de la chaîne de production tout en investissant dans la recherche de matériaux plus écologiques pourrait donc avoir un impact massif sur l’empreinte carbone du secteur de la construction.L’utilisation de ces matériaux dans le ciment améliore en plus sa résistance et sa durabilité.
Les scientifiques de l’Institut royal de technologie de Melbourne (RMIT) ont démontré, par exemple, qu’une combinaison de gravats de construction et de vieux pneus  pouvait être utilisée comme matériau durable pour la construction de routes.  Cela permettrait de donner une deuxième vie aux pneus, qui sont chaque année jetés par milliards dans le monde.

Premiers pas vers une construction plus durable des villes en France

En France, le premier immeuble à utiliser un béton composé de granulats recyclés a vu le jour début 2020. Le premier fabricant de béton 100% recyclé, Poullard, utilise les gravats concassés, criblés et triés, puis lavés des chantiers proches. Le bâtiment en question, la résidence “Le Onze”, située à Chartres (Eure-et-Loir) est donc le premier premier immeuble neuf construit avec du béton recyclé.
Selon Brant Walkley, cité par The Conversation, une chose est maintenant claire comme de l’eau de roche: il est essentiel de radicalement changer la manière dont nous construisons nos villes, en passant à des technologies de ciment durable qui réutilisent les déchets industriels et conduisent une économie circulaire. Il est contradictoire de culpabiliser ou de faire des efforts dans les secteurs des transports, de l’alimentation, sans agir aussi dans la construction.

Auteur(s): FranceSoir Publié le 28/08/2020 à 11:02 – Mise à jour à 11:22

Collaborer tout au long du cycle de vie des installations, améliorer la prise de décisions et les performances des ouvrages, exploitants et maîtres d’œuvre en rêvaient. Si depuis une dizaine d’années l’acronyme BIM semble familier au secteur du BTP, qu’en est-il pour autant pour les acteurs de l’eau ? Quels sont les premiers retours d’expérience ? Les défis, les promesses attendus pour la filière ?

Porté par l’expansion du numérique, par les technologies de l’information et le développement de multiples écosystèmes logiciels auquel participent de nombreux éditeurs spécialisés, le BIM (Building Information Modelling) s’est imposé depuis 10 ans dans le secteur du BTP. Alors que les professionnels de la construction, architectes, génie-civilistes, industriels ont basculé dans un BIM assumé pour accroître l’efficacité des opérations réalisées au sein d’un bâtiment durant son cycle de vie, « le domaine de l’eau est sans doute celui qui est le moins en avance sur l’intégration du BIM en France au regard des autres métiers de la construction présents chez BG, observe Vincent Francheteau, responsable développement chez BG Ingénieurs ConseilsPourtant la maquette numérique constitue un outil puissant pour les acteurs de la maîtrise d’ouvrage, pour créer de la valeur ».

Pour mieux appréhender l’importance du BIM sur leurs activités, Xylem a interrogé des bureaux d’études du monde entier. Plus de 91 % des interrogés indiquent que le BIM est désormais incontournable dans le secteur de la construction. « Au Royaume-Uni, en Norvège, au Danemark et en Finlande, le BIM est déjà obligatoire dans la conception et la construction de bâtiments et d’infrastructures publics, souligne Jamie Mills chez Xylem. L’Allemagne, l’Italie, la France, l’Espagne et les Pays-Bas sont les prochains pays qui rendront le BIM obligatoire en Europe sur la base de directives européennes. Les avantages du BIM ne font aucun doute. Le développement accéléré du marché est prouvé par l’augmentation conséquente des téléchargements d’informations numériques sur les produits, au cours de ces dernières années ».

Cependant, le développement du BIM n’en est qu’à ses débuts. « En Europe, nous constatons une énorme différence d’un pays à l’autre et d’un segment de marché à l’autre, poursuit Jamie Mills. Certains pays et marchés sont déjà avancés, certains ne parlent même pas du BIM ou attendent que d’autres fassent des expériences. Compte tenu de la tendance de la numérisation, d’autant plus stimulée par le Covid-19, le BIM va se développer encore plus rapidement. L’un des principaux défis à relever pour réussir est d’établir des normes européennes et internationales pour l’échange de données. Nous participons chez Xylem activement et soutenons l’élaboration de ces normes du point de vue de l’eau ».

https://www.revue-ein.com/article/le-bim-dans-le-traitement-de-l-eau

Pour répondre aux demandes des professionnels du Bâtiment, de la Construction et de l’Architecture, Reed Expositions, l’Afisb1 et Uniclima2 réinventent les. La prochaine édition des salons cités montre un renouveau avec un retour à Paris avec un concept d’exposition totalement repensé.

Le voeu des professionnels exaucé

Grâce à un travail en collaboration avec Viparis, propriétaire de Paris Expo Porte de Versailles, les organisateurs du Mondial du Bâtiment ont pu saisir l’opportunité de revenir sur le site historique des salons BATIMAT, IDÉOBAIN et INTERCLIMA. Ce retour permet de répondre aux souhaits des professionnels du Bâtiment, de la Construction et de l’Architecture d’un évènement plus convivial et à proximité du centre de Paris et de son offre de tourisme d’affaires.

Parmi les conditions pour ce retour à Paris Expo Porte de Versailles, figurait une modification de la date de l’évènement. L’édition 2021 est ainsi reportée à l’automne 2022, ce qui devrait également minimiser les risques de décalages successifs en cas de prolongation de la pandémie actuelle, et faciliter la présence des exposants et visiteurs internationaux. Les trois salons se tiendront dorénavant tous les deux ans au mois d’octobre en année paire, en alternance avec ÉQUIPBAIE-MÉTALEXPO, les années impaires.
 

Un événement plus efficace et plus sobre

En 2022, les salons BATIMAT, IDÉOBAIN et INTERCLIMA occuperont les espaces du Hall 1 au Hall 6, représentant une surface d’exposition de plus de 136 000 m². Cette surface étant inférieure à celle disponible au Parc de Paris Nord Villepinte, ce retour s’accompagnera par conséquent d’un chantier d’aménagement de l’offre et de la logistique de l’évènement.

Ainsi, les exposants se verront proposer une nouvelle offre d’exposition, organisée autour de modules standards et de tailles de stand limitées. De plus, un projet logistique d’envergure aura pour objectif de réduire les temps de montage/démontage et de fluidifier les flux autour de la Porte de Versailles.

Cette refonte de l’offre et de la logistique évènementielle apportera de multiples avantages aux exposants : choix de l’emplacement dès l’inscription et passage à 4 jours pour tous les salons.

L’autre enjeu est celui de l’évènement lui-même qui va devenir plus sobre et s’inscrire dans une démarche RSE, dans le cadre de la feuille de route que s’est donné Reed Expositions France. Le Mondial du Bâtiment sera le premier grand salon du secteur à mettre en œuvre une politique et des actions d’envergure pour la réduction de ses impacts : réduction et revalorisation des déchets, politique d’achats responsables, écoconception, restauration responsable….
 

Une offre digitale de rupture  « 365 jours/365 »

Pour développer la visibilité des exposants entre deux éditions du Mondial du Bâtiment et leur permettre de préparer une rencontre conviviale et qualitative pendant les 4 jours de salon physique, les organisateurs de BATIMAT, IDÉOBAIN et INTERCLIMA ont également conçu une offre nouvelle d’outils digitaux. Elle a pour ambition d’augmenter le nombre de contacts et la notoriété des marques des exposants sur une période élargie : la mise en relation et la visibilité, cœur de métier des salons, sont maintenant étendues entre deux éditions grâce au digital.
 

1 Afisb, Association Française des Industries de la Salle de Bains, propriétaire du salon IDÉOBAIN
2 Uniclima, Syndicat des industries Thermiques, Aérauliques et Frigorifiques, propriétaire du salon INTERCLIMA

Sources et liens

www.batimat.com
www.ideobain.com
www.interclima.com

https://conseils.xpair.com/agenda_news/salon-interclima-decale-2022-porte-versailles.htm