Les travaux publics s’engagent à embaucher plus d’apprentis en 2021

En contrepartie du plan de relance, les fédérations du BTP ont signé une charte pour relancer l’emploi et l’apprentissage.

En ce début d’année, le gouvernement se veut offensif dans le domaine économique. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, Élisabeth Borne, la ministre du Travail, et Emmanuelle Wargon, la ministre déléguée au Logement, ont réuni mardi 5 janvier les représentants du monde du BTP afin de signer quatre chartes en faveur de l’apprentissage et de l’emploi au cours des prochaines années.

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La crise est bien là, pourtant. La pandémie, et la crise économique qu’elle a provoquée, a laissé des traces sur le secteur du BTP. En 2020, le recul de l’activité dans le bâtiment comme dans les travaux publics sera de l’ordre de 15 %. La situation est toutefois moins difficile que dans d’autres secteurs, comme le tourisme ou le transport aérien. Surtout, grâce aux mesures de soutien décidées par le gouvernement, «l’emploi s’est maintenu en 2020», s’est félicitée Emmanuelle Wargon.

Mi-décembre, Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), estimait à 10.000 le nombre d’emplois perdus pour le bâtiment, exclusivement chez les intérimaires. À la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), Bruno Cavagné, son président, confirme que les emplois permanents sont restés stables l’an dernier, mais que l’intérim a reculé de 30 %. Surtout, au-delà des mesures de soutien, le gouvernement a lancé un plan de relance doté de 100 milliards d’euros. «La relance fonctionne» martèle Bruno Le Maire.

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De quoi envisager «en 2021, le chiffre de croissance le plus important des 50 dernières années», avance le ministre de l’Économie. Le BTP bénéficiera de près de 10 milliards d’euros au titre du plan de relance, notamment pour la rénovation thermique des bâtiments publics et privés. De quoi avoir quelques attentes envers les organisations professionnelles. «Le gouvernement s’est engagé avec son plan de relance et il attendait une sorte de retour», explique Bruno Cavagné. Un retour qui doit se faire sur le front de l’emploi. «Nous voulons que le plan de relance se transforme en emplois, a précisé Élisabeth Borne. Nous sommes satisfaits des chartes d’engagements des fédérations représentant le secteur du BTP

Conditions incertaines

Concrètement, deux types d’engagements ont été pris. D’abord, sur l’apprentissage. La FNTP promet d’augmenter de 50 % le nombre d’apprentis entre 2019 et 2022, avec 12.000 personnes en fin de période. Pour sa part, la FFB vise une stabilité en 2021 par rapport à 2020. Ensuite, en termes d’embauches. La FNTP pense pouvoir recruter 50.000 personnes sur les deux prochaines années, alors que la FFB promet de renouveler son plan «15.000 bâtisseurs», qui cible plus particulièrement les quartiers en difficulté.

Ces engagements portent sur des embauches, mais ne tiennent pas compte des pertes d’emplois ou des départs en retraite. Les conditions sont trop incertaines aujourd’hui. «Nous sommes tous d’accord pour relancer la France, mais, pour ça, il faut de l’activité», précise Bruno Cavagné. Et même le plan de relance du gouvernement suscite des inquiétudes quant à sa vitesse d’exécution. «Il faut engager rapidement les sommes annoncées pour le plan de relance, que les collectivités locales lancent des appels d’offres – ce qu’elles n’ont pas fait l’an dernier – et que les incertitudes liées à la vaccination soient levées le plus rapidement possible», tempère ainsi le patron de la FNTP.

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