Le BIM dans le traitement de l’eau : une révolution en marche

Collaborer tout au long du cycle de vie des installations, améliorer la prise de décisions et les performances des ouvrages, exploitants et maîtres d’œuvre en rêvaient. Si depuis une dizaine d’années l’acronyme BIM semble familier au secteur du BTP, qu’en est-il pour autant pour les acteurs de l’eau ? Quels sont les premiers retours d’expérience ? Les défis, les promesses attendus pour la filière ?

Porté par l’expansion du numérique, par les technologies de l’information et le développement de multiples écosystèmes logiciels auquel participent de nombreux éditeurs spécialisés, le BIM (Building Information Modelling) s’est imposé depuis 10 ans dans le secteur du BTP. Alors que les professionnels de la construction, architectes, génie-civilistes, industriels ont basculé dans un BIM assumé pour accroître l’efficacité des opérations réalisées au sein d’un bâtiment durant son cycle de vie, « le domaine de l’eau est sans doute celui qui est le moins en avance sur l’intégration du BIM en France au regard des autres métiers de la construction présents chez BG, observe Vincent Francheteau, responsable développement chez BG Ingénieurs ConseilsPourtant la maquette numérique constitue un outil puissant pour les acteurs de la maîtrise d’ouvrage, pour créer de la valeur ».

Pour mieux appréhender l’importance du BIM sur leurs activités, Xylem a interrogé des bureaux d’études du monde entier. Plus de 91 % des interrogés indiquent que le BIM est désormais incontournable dans le secteur de la construction. « Au Royaume-Uni, en Norvège, au Danemark et en Finlande, le BIM est déjà obligatoire dans la conception et la construction de bâtiments et d’infrastructures publics, souligne Jamie Mills chez Xylem. L’Allemagne, l’Italie, la France, l’Espagne et les Pays-Bas sont les prochains pays qui rendront le BIM obligatoire en Europe sur la base de directives européennes. Les avantages du BIM ne font aucun doute. Le développement accéléré du marché est prouvé par l’augmentation conséquente des téléchargements d’informations numériques sur les produits, au cours de ces dernières années ».

Cependant, le développement du BIM n’en est qu’à ses débuts. « En Europe, nous constatons une énorme différence d’un pays à l’autre et d’un segment de marché à l’autre, poursuit Jamie Mills. Certains pays et marchés sont déjà avancés, certains ne parlent même pas du BIM ou attendent que d’autres fassent des expériences. Compte tenu de la tendance de la numérisation, d’autant plus stimulée par le Covid-19, le BIM va se développer encore plus rapidement. L’un des principaux défis à relever pour réussir est d’établir des normes européennes et internationales pour l’échange de données. Nous participons chez Xylem activement et soutenons l’élaboration de ces normes du point de vue de l’eau ».

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