La bioluminescence avenir de l’éclairage public ?

Crédit : Sorbonne université

La bioluminescence avenir de l’éclairage public ?

Très énergivore, l’éclairage urbain représente chaque année 9,3 €/habitant, pour un total de 5,6 tonnes d’émissions de CO² en France. Une problématique à la fois environnementale et économique qui pousse les collectivités à explorer d’autres solutions. Parmi elles, la bioluminescence, un phénomène biologique souvent étudié, mais encore complexe à reproduire.

Qu’est-ce-que c’est ?

Une source de lumière provenant d’une réaction biochimique sur un organisme vivant, à l’instar des « vers luisants » et autres lucioles et que de 80 % des organismes marins.

Comment ça marche ?

Le grand enjeu : mettre au point un procédé visant à amplifier et à transférer des informations de bioluminescence de certains organismes vivants à d’autres espèces… puis à de simples supports.  Les chercheurs ont ainsi travaillé sur la modification du génome de la luciole ou de bactéries sous-marines de façon à accroître leur production d’enzymes capables de stocker la lumière.

Où en est la science ?

Le principal obstacle à la bioluminescence est l’existence de composants appelés « luciférines ». Ces particules bien nommées émettent une lumière qui se convertit en oxyluciférine, elle-même incapable d’éclairer… L’idée, pour faire très simple est donc de neutraliser cette réaction….

Les premiers développements :

Le procédé n’en est qu’à ses balbutiements, complexe à décliner « en grand ». La ville de Rambouillet dans les Yvelines s’est positionnée en pionnière fin 2019 et a mis en place son premier système d’éclairage sur une zone piétonne, projet réalisé avec la start-up de bio-tech Glowee.

Les atouts :

-Une source de lumière inépuisable : contrairement à la phosphorescence, la lumière produite n’est pas corrélée à son emmagasinement et à sa restitution une fois la nuit tombée.

-Et non agressive : appelée aussi lumière froide, bleutée, cette solution contribuerait à la réduction de la pollution visuelle dans nos villes.

Une source de réduction des dépenses : l’utilisation de ces bactéries, qui ne consomment que du sucre, permettrait de diminuer les coûts liés à l’énergie et de s’affranchir de réseaux électriques coûteux à produire, à entretenir et à recycler.

-Un impact carbone réduit.

-Un supplément d’âme poétique…

Et les limites :

La solution s’annonce prometteuse pour les projets d’éco-urbanisme, comme les aménagements des espaces verts. Des programmes  qui ne font pas l’impasse sur l’éclairage urbain classique car les capacités et la luminosité de la bioluminescence restent encore limitées.