Et BIM !

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Et BIM !

Building Information Modeling ou l’outil pour modéliser et simuler un bâtiment dans ses solutions, consommations, coûts, impacts environnementaux.

En 2013, 0.49% des marchés publics relevaient du BIM, 8.1% ce jour alors que la France n’en fait pas une obligation même si, attention en la matière, le plan européen 2022 fera pression.

Publics et privés, 17 à 18% des marchés relèvent du BIM.

C’est peu ?

Statistiques et moyenne souvent dissimulent une dispersion : plus de 70% des concours des collectivités territoriales y recourent et nombre de TPE-PME souscrivent à ces marchés.

De plus, anticipons.

Le regard de bon sens porté sur la transition écologique et ses impacts sur la construction présage de la montée en puissance des outils de simulation.

Simuler demande la collecte et l’intégration de l’ensemble des données caractérisant les systèmes constructifs et leurs interactions, s’inscrit donc dans le périmètre de la maquette numérique et le mouvement de la digitalisation, au moins partielle, dont certaines vertus ne se discutent plus.

Simuler enclenche une déclinaison des interfaces entre chaque corps d’état, descendante puis ascendante ainsi parachevant la synthèse indispensable à des études fiables d’exécution. S’intéresser à un projet géré par le BIM ne permet pas de rester « hors BIM ».

Les modes de travail de plus en plus coopératifs (faire œuvre commune) gagnent du terrain, les compétences sont dispersées par la nécessité d’associer ponctuellement des experts et par le télétravail, le BIM s’en accommode aisément et même les favorise.

Le BIM actuellement va aux bâtiments les plus importants mais la qualité augmentée de la conception bonifie la réalisation en qualité, délai, coûts, qui y échappera ? Pas même les bâtiments de taille modeste.

Bref, ce jour se désintéresser du BIM n’induit pas des lendemains maitrisés.

WSP
Mais le BIM est-il rentable ?

Des études ? En programme-cadre ou en exécution ? Venant des erreurs évitées qui sinon seraient découvertes fort chères à rectifier lors de la réalisation… ? Par un bâtiment mieux construit économisant à l’exploitation ? … A coup sûr, le BIM augmente la profitabilité globale. Au niveau des études, certains avancent un retour sur investissement de 4 ans.

Autre vision, sociétale, donc subie ou à subir. Si le BIM est une lame de fond, elle s’imposera, impossible d’y échapper. Alors autant s’y préparer pour mieux surfer dessus et appartenir au clan des vainqueurs.

Les obstacles ?

Logiciels et formations existent, tout compris en TPE-PME, 100 K€ ? Même si, prudence, aucun logiciel n’ayant pris le lead du marché souvent il faut savoir interfacer avec 2 à 3 différents et assumer les coûts qui parfois vont avec.

100 K€, c’est une somme mais l’argent existe et se trouve, surtout quand il est investissement, alors appuyer sur le « bouton » de lancement n’est pas la question majeure.

Comme toujours, elle est celle des hommes, notre domaine d’expertise.

Elle sera ? Ou est déjà là ?

Certaines PME-TPE répondent à des appels d’offre et suivent des projets qui viennent des organisations territoriales très amatrices du BIM.

Entre autres et par exemple citons les cuisines professionnelles à destination de la restauration collective.

Maintenant ou demain, la question est ou sera : faut-il embaucher un technicien-compétent BIM ?

Embaucher un « technicien BIM » ?

Existent 3 métiers typiquement BIM : Technicien (informatique) BIM, BIM manager, coordinateur BIM (coordinateur des corps de métiers pris en compte par le BIM). Tous sont spécialistes BIM sans être techniciens de la valeur ajoutée spécifique à l’entreprise.

Donc, ils « font du BIM » sans exercer le métier de l’entreprise, pilotes-mécaniciens d’une « mécanique » dont ils ignorent l’essence. Sauf à déployer des projets d’une ampleur tels qu’ils mobiliseraient à 100% un « technicien BIM », c’est la panne assurée !

Embaucher un collaborateur spécialiste du BIM et le former au métier de l’entreprise ?

Ou réciproquement ?

De manière à savoir concevoir, combien de temps pour former à une technique du bâtiment ? Des années. Et au BIM ? Quelques jours.

Par ailleurs, mobilisé à temps partiel sur sa spécialité un passionné du BIM coûtera cher pour un usage modeste, pire, finira par s’ennuyer donc partir.

Que nous apprend l’histoire ?

Premiers logiciels de calcul des déperditions et de bilans thermiques, premières tables à digitaliser (il y 40 ans) puis logiciels de conception 2 D puis 3 D, à chaque fois ont été formés les collaborateurs de l’entreprise.

Accéder à de nouvelles compétences transversales renouvelle l’intérêt au travail, régénère les ambitions, porte plus loin et tient fidèles* des collaborateurs détenteurs d’une valeur ajoutée indispensable, difficile à acquérir, le métier de l’entreprise.

70% des changements d’entreprises sont motivés par la soif de progresser en connaissances et projets.

La formation externe coûte, parfois aussi chère que la suite logicielle ; coût externalisé au moins il est maitrisé. Il est investissement qui minimise la durée et l’impact des premiers tâtonnements, là où se paie l’addition d’une plongée mal préparée dans le monde du BIM. Ne pas chipoter.

En complément, comme souvent ces « mondes nouveaux » génèrent des communautés donc celle du « BIM » existe dont les membres apprécient échanger leurs problématiques et solutions, pratiquent l’entre-aide. Favoriser l’adhésion-participation.

Alors ?

Alors, TPE-PME, pas d’urgence à investir dans le BIM tant que l’activité commerciale ou la préservation du savoir-faire ne l’impose pas mais urgence à avoir un plan de déploiement d’avance conçu : quel logiciel, quelles compétences BIM nécessaires ? en quel volume ? Suffisant pour générer l’embauche d’un spécialiste BIM ? Ou s’adjoindre un expert pour les questions critiques spécifiques tout en formant en interne des collaborateurs-utilisateurs dont ainsi la soif de progrès servie encourage la fidélité ?