Normalisation de l’ACV dynamique, nouveaux seuils d’émissions de CO2 en maison comme en collectif, prise en compte de la phase chantier dans les calculs… Christophe Caresche, président du CSCEE, et Christophe Rodriguez, directeur général adjoint de l’Ifpeb, détaillent les conséquences des arbitrages carbone de la future réglementation environnementale.

Si la présentation des ambitions de la RE 2020 à la presse fin novembre 2020 avait déclenché un véritable tollé puis une passe d’arme entre les membres du Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE), la dernière présentation  du projet   témoigne de la prise en compte par le gouvernement des demandes des professionnels de la construction.

Ils ont été entendus sur la date d’entrée en application du texte désormais décalée au 1er janvier 2022. De façon générale, pour Christophe Rodriguez, directeur général adjoint de l’Institut français pour la performance du bâtiment (Ifpeb), « les ambitions ont été conservées avec des aménagements et des ajustements pragmatiques ».

L’ACV dynamique est conservée et sera normalisée en parallèle

Ainsi, la méthode de calcul de l’empreinte carbone des matériaux, l’ACV dynamique, a été maintenue. En parallèle de sa mise en application dans la RE 2020, la France s’engage à porter la démarche au niveau du Comité européen de normalisation afin d’obtenir une norme spécifique sur l’ACV dynamique.

Lors d’un entretien réalisé en novembre 2020, Emmanuel Acchiardi, sous-directeur de la qualité et du développement durable dans la construction au sein de la Direction de l’habitat de l’urbanisme et du paysage (DHUP) rappelait au Moniteur.fr que la norme ISO 14067:2018 relative à l’empreinte carbone laisse bien la possibilité d’ajouter un calcul qui prenne en compte l’effet du stockage temporaire. « Elle indique que l’effet du décalage dans le temps doit être enregistré séparément dans le rapport d’étude et que la méthode doit être expliquée. Son annexe E.3 précise même que « le présent document permet également un calcul supplémentaire qui reconnaît l’impact du stockage du carbone biogénique dans les produits dû à l’effet du décalage dans le temps ».

Les données par défaut des FDES ne seront pas pénalisantes jusqu’en 2025

Pour Christophe Caresche, président du CSCEE, « un pas a été fait avec l’engagement de la France dans un processus de normalisation ». Il se réjouit également de la modulation concernant les données par défaut. Alors que l’expérimentation E+C- pénalisait déjà les projets utilisant des données par défaut car les industriels ou leur filière n’avaient pas réalisés de Fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES), la RE 2020 revient provisoirement en arrière sur ce point. « Pendant la période 2022-2025, les projets contraints à utiliser beaucoup de valeur par défaut ne seront pas pénalisés. A l’inverse, à partir de 2028, les constructions qui comptent encore beaucoup de FDES génériques seront sur-pénalisés », explique-t-il.

EPD ou FDES ?

« Certains industriels s’inquiétaient de devoir refaire les démarches pour le marché français et pour le marché européen, mais ils réalisent déjà des « Environmental product declaration » (EPD) qui répondent à une norme internationale et des FDES, qui, elles, sont exclusivement française », reprend Christophe Rodriguez. Tel que présenté pour l’instant, le texte ne demande pas aux industriels de réaliser de nouvelles FDES avec l’ACV dynamique. Pour le directeur général adjoint de l’Ifpeb, « la FDES réalisée avec l’ACV dynamique est toujours valable, c’est ensuite, à l’échelle du bâtiment que données sont concaténées dans une méthode dynamique ».

Infrastructures : une valeur forfaitaire pour les fondations spéciales et les parkings souterrains

Les parkings souterrains et les fondations spéciales faisaient l’objet de vifs débats depuis environ deux ans car les droits d’émission de CO2 ne permettaient pas de réaliser ces ouvrages sans dépasser les seuils. Le législateur a finalement trouvé une solution pragmatique en décrétant qu’au-delà de 40 kg de CO2/m², les émissions de carbone ne seront pas prises en compte dans le calcul. A titre de comparaison, un parking souterrain émet en moyenne 200 kg de CO2/m².


« J’aurai préféré que ce carbone émis soit tout de même pris en compte, mais le sujet est tellement complexe, que cette solution permet tout de même d’avancer à court terme. J’espère donc que le label qui est en cours d’élaboration actuellement prenne ce point en compte et permette des avancées », note Christophe Rodriguez à ce sujet.


Pour le président de CSCEE, « cet arbitrage évite de pénaliser les projets qui sont vertueux par ailleurs, mais mis en difficulté par un Plan local d’urbanisme contraint ou un mauvais sol ». Il s’agit bien d’un progrès.

Des seuils d’émission de CO2 rehaussés, phase chantier comprise


Pour les maisons individuelles comme pour les logements collectifs, les seuils d’émissions ont certes été revus à la hausse, mais le périmètre a également évolué pour prendre en compte la phase chantier. Désormais, pour une maison individuelle, les émissions seront de 640 kgCO2eq/m²/an en 2022, puis de 530 kg en 2025, de 2028 kg en 2028 et enfin de 415 kgCO2eq/m²/an en 2031.
Pour les logements collectifs, les émissions seront de 740 kgCO2eq/m²/an en 2022, puis de 650 kg en 2025, de 580 kg en 2028 et finalement de 490 kgCO2eq/m²/an en 2031.

« On part du principe que les émissions de CO2 liées à la phase chantier vont décroître au fil des progrès techniques. Elles passeront de 10 à 5 kgCO2eq/m²/an pour la maison individuelle et de 40 à 25 kgCO2eq/m²/an en logement collectif », précise Christophe Caresche.

Outre le changement de périmètre, les seuils ont également été relevés afin de n’exclure aucun mode constructif. Il s’agit bien de laisser de la latitude pour un usage de plusieurs matériaux.

https://www.lemoniteur.fr/article/les-derniers-arbitrages-de-la-re-2020-decryptes.2131759

Les producteurs de matières plastiques n’ont pas profité de la crise, apprend-on dans la dernière étude de PlasticsEurope. En revanche, ils entendent profiter du plan de relance: c’est en France que s’écrit la future économie du plastique, affirme Eric Quenet, directeur France de l’association européenne des fabricants de polymères.

L’omniprésence des plastiques depuis le début de la crise sanitaire n’a pas eu d’impact positif pour leurs producteurs. Bien au contraire. Eric Quenet, directeur de PlasticsEurope France, l’association qui regroupe les fabricants de polymères, a indiqué le 5 novembre que « la production française de matières plastiques a baissé de 15% sur les six premiers mois de 2020, avec une chute brutale au deuxième trimestre« . La chute est pire que celle observée en Europe (11,5%). « Tous les secteurs sont touchés par la crise », observe Eric Quenet, qui précise qu’il n’y a pas eu de rupture sur les approvisionnements.

Automobile et construction plombent la demande

Rappelant le lien direct entre baisse de consommation et de production, il a égrené les effets de la pandémie sur les principaux consommateurs de polymères lors du premier semestre. Dans un contexte de confinement strict, le quasi arrêt du secteur automobile en avril et une forte baisse de l’activité de la construction sur le second trimestre expliquent notamment la situation française.

Concernant le redémarrage de l’activité à court terme, le porte-parole a exprimé ses inquiétudes relatives au second confinement. Il alerte sur la santé financière des plasturgistes: « ces entreprises, dont beaucoup sont des TPE et des PME, ont besoin d’un soutien financier pour poursuivre leur activité.« 

4,8 millions de tonnes de plastique consommées en 2019

Après le « phénomène des gilets jaunes », qui avait affecté la production en 2018, l’année dernière marque « un retour à la  normale » avec une production en croissance de 3,2 %. Principaux consommateurs de matières plastiques, les professionnels de l’emballage (45,6%) ont utilisé un peu moins de 2,2 millions de tonnes sur les 4,8 millions de tonnes utilisés en France. La construction (19,1%) et l’automobile (9,6%) restent les deuxième et troisième secteurs consommateurs.

Côté résines, pas d’évolution notable non plus. Les polyoléphines (polyéthylène haute et basse densité et polypropylène) s’arrogent toujours 50% du marché. Ajoutées au PVC et au PET, ces résines de commodité constituent même 76% de la demande. Encore marginale, la capacité mondiale de production des biopolymères (base végétale) a atteint les 2,11 millions de tonnes. En 2024, elle devrait représenter 2,43 tonnes, selon les projections de l’association European Bioplastic et de l’institut Nova Institute.


Chine : locomotive mondiale de la production de plastique

En 2019, la production mondiale de plastique a crû de 2,4%. Un résultat en demi-teinte pour les fabricants. « Depuis 2017, il y a un ralentissement de la croissance », observe Eric Quenet, directeur de PlasticsEurope France, qui fait référence aux taux précédents de 3,2% en 2018 et 3,9% en 2017. L’Asie, tirée par la Chine, produit 50% du plastique mondial. A lui seul, le pays produit plus de 31% des 368 millions de tonnes de polymères, largement devant l’Amérique du nord (19%) et l’Europe (16%). « Sa capacité de production a triplé en dix ans », indique le porte-parole. La montée en puissance de la production chinoise, ajoutée à la poursuite du démarrage de nouvelles unités sur gaz de schiste en Amérique du Nord, se traduisent par un décrochage de l’Europe. Avec 58 millions de tonnes (61,8 millions de tonnes en 2018), la part du vieux continent dans la production mondiale est tombée à 16%. La demande européenne, qui s’élève à 50,7 millions de tonnes, diminue de 1%, après avoir été stable en 2018. En France, après une baisse de 2,4% en 2018 (sur 2017), la production 2019 est en hausse de 3,2%, tirée par les exportations. Si la demande nationale de polymères vierges est relativement stable, PlasticsEurope observe néanmoins « une réduction de 1,8% par an depuis deux ans ». Une baisse nettement plus élevée que celle enregistrée au niveau européen.

On connaissait jusqu’à présent le recyclage de bouteilles PET en textile. Aujourd’hui, Carbios, société de chimie verte basée sur le Biopôle Clermont-Limagne, à Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme), annonce la mise au point d’un procédé industriel unique capable de fabriquer du PET à partir de textiles. Une première mondiale.

Carbios a encore marqué des points. La société de chimie verte, basée sur le Biopôle Clermont-Limagne, à Saint-Beauzire dans le Puy-de-Dôme, pionnière dans le développement de solutions bioindustrielles dédiées au recyclage des polymères plastiques et textiles, annonce avoir produit les premières bouteilles à partir de déchets textiles à haute teneur en PET. Une innovation majeure pour la valorisation potentielle de 42 millions de tonnes de textiles polyesters produits chaque année dans le monde.

« Nous sommes les premiers à démontrer que c’est possible. Cela ouvre des perspectives gigantesques ! Il faut savoir que la grande majorité des déchets plastiques produits dans le monde sont des fibres. Donc, aujourd’hui, nous donnons la possibilité à la filière textile de fabriquer de manière vertueuse des produits à l’infini« , s’enthousiasme Martin Stephan, directeur général délégué de Carbios.

Toutes sortes de bouteilles

Les technologies de recyclage mécanique actuelles ne permettent pas aux déchets textiles d’être véritablement recyclés en une boucle fermée. Ces derniers sont simplement réutilisés dans des applications de moindre qualité type rembourrage, isolants ou chiffons. L’innovation développée par Carbios permet de franchir un nouveau cap. « Jusqu’ici on ne pouvait transformer que des bouteilles transparentes en textile. Grâce à notre technologie il sera possible de recycler des bouteilles claires, colorées, opaques, des barquettes et des textiles et également de produire un vêtement à partir de bouteilles ou de barquettes« , complète le professeur Alain Marty, directeur scientifique de Carbios.

Cette première mondiale soulève de nouveaux espoirs dans le traitement de la pollution plastique mondiale, dont les deux-tiers proviennent de la filière textile. « Aujourd’hui, 50 % des fibres (textiles et autres) produits dans le monde sont en polyester. A un horizon que l’on ne connait pas encore, il n’y aura plus de polyesters fabriqués à partir de pétrole mais seulement à partir de déchets recyclés« , espère ainsi Martin Stephan.


L’évolution du recyclage chez Carbios    © Carbios

A la Une de Nature

Ce n’est pas la première fois que Carbios s’illustre dans ce domaine. La technologie de recyclage enzymatique développée par la start-up depuis 2011 permet de déconstruire tout type de déchet PET en ses constituants de base qui peuvent ensuite être réutilisés pour produire des nouveaux produits en PET, le tout dans un cycle infini. Cette innovation majeure a été saluée en avril 2020 par la communauté scientifique internationale à travers une publication en Une de la prestigieuse revue Nature.

Carbios devrait accorder ses premières licences fin 2022 auprès des plus grands producteurs de PET, pour un début d’exploitation industrielle fin 2024. « Pour mettre fin à la pollution plastique, il faut trois choses : une action coordonnée, plus de collectes et plus de technologie, résume Martin Stephan. Nous, nous apportons une technologie. Chacun doit faire sa part. C’est comme ça qu’on y arrivera. C’est un long chemin.« 

Rassurés par le soutien du gouvernement à l’activité du secteur malgré le reconfinement, les acteurs du bâtiment et des travaux publics craignent que la chaîne de valeur se grippe.

Le BTP, en apnée depuis l’annonce du reconfinement, souffle enfin. Les ministres l’ont répété, le secteur peut et doit travailler. « Le vrai point d’interrogation du reconfinement, c’était la volonté du gouvernement d’assurer la continuité de l’activité« , confirme Sophie Cahen, conseillère du directeur général de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP, 8 000 entreprises et 300 000 salariés). « Les chantiers continuent, dans le respect du guide de l’OPPBTP [Organisme professionnel de prévention du BTP]« , avait répondu, le 2 novembre, la ministre déléguée chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, faisant référence aux préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de la construction régulièrement mises à jour par l’organisme paritaire.

« Les autorisations d’urbanisme et les permis de construire continuent d’être délivrés, sans délais supplémentaires« , a ajouté la ministre, écartant le risque d’un allongement des délais qui avait grevé l’activité lors du premier confinement. Cette fois, les services publics ont pour injonction de demeurer ouverts. « L’ensemble de la chaîne, dont les services d’urbanisme, de voirie, d’assainissement sont nécessaires. Il faut que les services publics qui assurent la continuité économique de la Nation puissent continuer », précise Sophie Cahen. Les collectivités représentent plus de 50 % des marchés des entreprises de travaux publics, et jusqu’à 80 % pour certaines TPE.

Malgré cet appel du gouvernement à poursuivre les chantiers, « j’ai senti une inquiétude de mes adhérents. Ils travaillent beaucoup pour des petits commerçants, qui sont fermés. Nous avions des carnets de commandes qui commençaient à reprendre. Il y a eu une petite crispation [à l’annonce du reconfinement], notamment chez les loueurs de matériels », observe Jean-Christophe Repon, le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb, 57 000 adhérents) et lui-même gérant d’une entreprise de travaux en électricité à Toulon (Var). Les travailleurs non-salariés doivent remplir des attestations pour sortir. Après avoir subi une chute d’activité de 24 % au deuxième trimestre, les artisans du bâtiment veulent la garantie de ne pas être exclus des aides si l’activité était de nouveau amenée à se contracter fortement, voire à cesser.

Une reprise étagée

Le troisième trimestre a été très contrasté. L’entretien-rénovation a retrouvé le niveau d’activité constaté à la même période en 2019. En revanche, la construction neuve n’a progressé que de 1 % après deux trimestres de baisse. Le nombre de mises en chantier (380 300) a baissé de 6,8 % sur douze mois et celui des permis de construire délivrés (390 900) a fléchi de 11,7 %. Pour Sophie Cahen, l’urgence est de relancer la commande publique.

« Les entreprises de travaux publics ont pris connaissance du reconfinement au moment où les collectivités locales allaient pouvoir prendre des décisions d’investissement [après le ralentissement habituel en début de mandat, ndlr]. Si elles n’ont pas d’activité, certaines entreprises de travaux publics disparaîtront à Noël. Tous les signaux sont au rouge, à commencer par l’absence d’appels d’offres. Les chantiers du quotidien font défaut : voirie, climatisation, électricité… Le plan de relance permet des opportunités d’investissement », explique-t-on à la FNTP. Le nombre d’appels d’offres lancés depuis le début de l’année par rapport à 2019 a chuté de 40 %, estime l’organisation.

Plus en amont, chez les industriels des matériaux, l’inquiétude est palpable. « Les ventes vont être tendues au cours des prochains mois sur les matériaux de construction, comme les bois de charpente ou les ossatures… Nous ressentons un ralentissement sur les permis de construire. En revanche, sur la rénovation, la demande des particuliers et des artisans risque d’être assez forte sur le trimestre », estime Philippe Samit, le directeur de la stratégie, du marketing et du développement d’ISB. Le groupe breton, qui emploie 430 salariés, est spécialisé dans l’importation, le négoce et la transformation de bois résineux, avec cinq usines en France. Ses ventes sont réparties à parts égales entre les marchés de la construction et de l’aménagement-décoration.

Tensions sur les matières premières

Différence majeure avec le premier confinement, l’ouverture possible d’emblée des enseignes spécialisées dans le négoce de matériaux et les grandes surfaces de bricolage. Une bonne nouvelle pour le secteur, dont « le contexte de marché est différent : après le premier confinement, nous avons fait face à une croissance très forte. Les gens se sont davantage intéressés à leur habitat« , ajoute Philippe Samit, qui distribue une partie de ses produits dans ce réseau. En revanche, l’équipe constate des tensions sur la disponibilité de la matière première. « Pendant le premier confinement, les scieurs européens ont un peu ralenti leur production, alors que le marché américain, premier consommateur de bois au monde, ne s’est pas arrêté. »

Reste une inquiétude qui taraude tous ces travailleurs au grand air. Le réconfort de leur pause se heurte à la fermeture des restaurants. « Comment les compagnons vont-ils se restaurer le midi ? La gamelle, en période hivernale, cela risque d’être compliqué », alerte Jean-Christophe Repon.

Espacer les visites de chantiers

Les chantiers de rénovation, s’ils restent autorisés, risquent de ralentir. L’absence de dérogation accordée aux particuliers pour des visites de biens en vente et de chantiers va peser. Dix-huit organisations professionnelles du négoce de matériaux, du recyclage, du bâtiment… se sont engagées à maintenir l’activité, à respecter le protocole sanitaire, à préserver l’approvisionnement des chantiers en matériaux et en équipements et à maintenir l’apprentissage. Elles craignaient, avant d’être rassurées par le ministère de la Transition écologique le 2 novembre, le blocage des permis de construire par les services instructeurs et des signatures de contrats et d’actes notariés. Pour contrer la réticence des particuliers à lancer des travaux à domicile, « nous avons fait une campagne pour rappeler à nos clients qu’ils ne prenaient pas de risques », précise Jean-Christophe Repon, le président de la Capeb. Sur les petits chantiers, les différents corps d’état devront se succéder. Les visites des clients demeurent possibles aux étapes engageantes (paiement, livraison…), « mais il n’est pas possible de s’y rendre tous les jours pour surveiller le chantier », a rappelé la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon.

La conjoncture pèse

  • 68 % des artisans occupés à 100 % en octobre
  • 1 161 défaillances d’entreprises de la construction au troisième trimestre 2020
  • 390 900 logements autorisés à la construction sur 12 mois, à fin août (-11,7 %)
    Sources Capeb, Banque de France

https://www.usinenouvelle.com/editorial/dans-le-btp-une-confiance-a-restaurer.N1026084

Chargé d’affaires : chef d’orchestre

ou homme-orchestre ?

2015, nouveauté : la définition du Chargé d’affaires Bâtiment apparait dans la Convention Collective du Bâtiment. Dixit la convention, « … dans l’ensemble des phases d’une opération de construction de bâtiment TCE, ce professionnel polyvalent met ses connaissances des techniques du bâtiment, et de ses aspects juridiques, commerciaux et financiers, au service de l’interface avec le prospect, client ou maître d’ouvrage. A ce titre, il assure, dès le début du projet… conception de l’offre…, négociation commerciale… exécution des travaux jusqu’à leur livraison et mise en exploitation… Il est responsable de l’organisation de la réalisation technique, du suivi des travaux jusqu’à la réception des ouvrages, et il en assure le suivi administratif et financier…

En parallèle, il assure également un suivi régulier de tous ses clients et prospects… ».

Cadre de la fonction et définition : des responsabilités lourdes et combinées

Lors de la phase exécution, le chargé d’affaires organise les travaux après avoir géré les appros et la main d’œuvre.

Il suit le chantier en coordination avec le chef de chantier, articule l’ensemble des opérations (intervention des différents corps de métier, réception des équipements, gestion des sous-traitants…) dans le respect du budget et des délais, jusqu’à la livraison du chantier. Metteur en scène du BTP, il est l’interface indispensable entre le dirigeant de l’entreprise, le directeur financier, le client, les équipes-chantier. Un rôle pivot exigeant des nerfs solides, de la diplomatie et de l’aisance relationnelle.

Vision commerciale, financière, stratégique, expertise technique, savoir gérer ses approvisionnements … et ses équipes : le chargé d’affaires fonctionne comme un chef de projet. C’est un chef d’orchestre qui connaît toutes les ficelles du métier. Il s’assure de la parfaite exécution du chantier, tout en étant l’interlocuteur privilégié du client.

Il intervient à toutes les phases du projet (études, chiffrage, négociation commerciale, exécution, suivi de chantier, réception finale …). Un champ d’action à 360°, du terrain au bureau, pour un métier passionnant … et très prenant. D’où en partie, la tension sur cette fonction et les bons profils … très convoités par les recruteurs.

Le chargé d’affaires est un « patron », il bénéficie de délégations étendues, il s’identifie à ces projets : c’est une sorte d’ « intrapreneur ». Dès lors que l’entreprise répond à ses attentes, cette fonction connaît peu de turn-over … mis à part ceux qui deviennent chef d’entreprise.

Le chargé d’affaires est multi-compétent : gestionnaire, chef de projet, manager, et plus …

En amont, il sait étudier les appels d’offres, prospecter, fidéliser, établir un réseau avec les décideurs des secteur public comme privé, élaborer une réponse, convaincre que la solution de son entreprise est la meilleure et la plus adaptée aux besoins du client.

Selon la taille et l’organisation de l’entreprise, il réalise lui-même les études ou les confie au BE. Dans tous les cas, il coordonne les études techniques et de prix pour proposer la meilleure offre. Il élabore les devis et rédige les offres ou les réponses aux appels d’offres.

Vinci Construction

-Mise en concurrence des fournisseurs en liaison avec le service achats.

-Contrôle permanent entre prévision budgétaire et engagements de dépenses.

-Lancement des facturations.

-Mise à jour des tableaux de bord de suivi et outils de gestion informatiques.

-Conduite des réunions de chantier.

Participation à la direction d’entreprise

Dans une PME, il seconde le chef d’entreprise sur l’ensemble de la clientèle et des projets. Dans les plus grandes structures, il intervient sur une zone géographique précise, sous la direction d’un chef d’agence ou d’un directeur régional.

Mais peut-on tout bien faire ?

Manifestement, capable de tout, efficient en tout, il est homme-orchestre.

L’efficience au travail, au-delà des compétences techniques, suppose un comportement adapté à chaque contexte. Fruit d’une biographie, il est ancré. Si progresser en technique est aisé, changer de comportement ne l’est pas. Commercial, conception, direction travaux, gestion budgétaire et contractuelle… tant d’enjeux différents appellent autant de comportements.

Ce constat pose des questions majeures :

Un seul homme peut-il posséder autant de facettes dont certaines antagonistes ?

Jouant de tous les instruments, l’homme-orchestre peut-il être excellent en tous ? Plusieurs instrumentistes ne seraient-ils pas supérieurs à « un seul à tout faire » ? Devoir tout faire, n’est-ce pas se condamner à être moyen en tout ?

Supposons que cet homme existe : rare, essentiel… il mérite une rémunération à la hauteur. Que devient la rentabilité ? Et l’efficacité ? Analogie rustique : plusieurs outils spécifiques ne valent-ils pas finalement le même prix qu’un seul à tout faire tout en étant plus performants chacun en leur domaine ?

Temps et vitesse de travail trouvent rapidement leurs limites. Un seul homme peut-il faire le travail de plusieurs ?

Si polyvalent et performant, cet homme possède une dimension « dirigeant de TPE », pour peu qu’il en ait l’âme, il créera sa propre entreprise, fondée sur son expérience et deviendra concurrent. Etait-il une solution, un investissement pertinent ?

· Quand l’homme fait l’orchestre, sujet et objet se confondent. L’objet, l’entreprise, dépend du sujet, l’homme-lige pèse sur les stratégies. Il part, il embarque avec lui client et nombreux savoir-faire. Sa rareté entrave la croissance. Articuler l’organisation de TPE et PME autour d’hommes orchestre, relève-t-il d’une stratégique solide à long terme ?

· Au quotidien, l’appellation « chargé d’affaires » regroupe les hommes-orchestre mais également les commerciaux (chargé d’affaires commerciaux) et aussi les professionnels de l’exécution des contrats que sont les conducteurs de travaux. Le CT était (est ?) celui qui prend en main le contrat après qu’il soit conclu, l’exécute en autonomie et qualité. Le client, convaincu, souhaite sa présence sur les projets à venir : le chargé d’affaires-exécution est le CT.

Cet amalgame pousse à la surenchère des titres et à celle des rémunérations sans forcément correspondre à la valeur ajoutée des collaborateurs, défait la cohérence des grilles de rémunération, entrave la fluidité des recrutements.

En bref, l’homme-orchestre fait-il les grands orchestres ?

Soliste, orchestre de chambre ou poly-symphonique, à chacun sa musique, le tout est de jouer juste au bon tempo d’une stratégie pérenne.

Et parfois, dans certaines organisations, le chargé d’affaires homme d’orchestre résonne en demi-ton, voire faux.

Conseil d’ami : la définition de poste qui doit accompagner tout recrutement est une donne hautement stratégique à bien réfléchir.

En recrutement : comment reconnaître un bon chargé d’affaires ?

1-La maîtrise technique du chargé d’affaires est essentielle car il est responsable de la qualité finale du contrat. De plus, le chargé d’affaires compétent dans son domaine évitera de se faire « balader » par les fournisseurs, sous-traitants ou salariés. Le chargé d’affaires doit pouvoir démontrer ses qualités techniques (formation, expérience professionnelle,…).

2-Le chargé d’affaires doit posséder des qualités managériales et relationnelles. Il doit encadrer une équipe et aussi assumer un rôle commercial auprès des clients. On recherchera en conséquence des personnes qui savent diriger et aussi faire preuve de souplesse ou d’agilité intellectuelle, loin du profil de l’ « adjudant-chef ». En général les chargés d’affaires efficaces possèdent un très bon carnet d’adresses.

3-Dans le registre du savoir-être, le chargé d’affaires doit être aussi réactif qu’analytique. Il lui faut posséder des qualités d’anticipation pour prévenir « les coups durs ». Il doit aussi savoir s’adapter aux situations nouvelles et s’adapter aux imprévus en imaginant des solutions correctives.

4-Au cours de l’entretien, le candidat doit être capable de « visualiser » rapidement le contexte de votre entreprise, de percevoir ses enjeux et sa spécificité. Vous ne devez pas tout dire mais dire le juste nécessaire pour qu’il ressente et identifie vos enjeux du moment et vos priorités. C’est autant son expérience que son instinct qui doivent apparaître.

5-En le poussant – courtoisement – dans ses retranchements, vous mesurerez sa capacité de résistance à la frustration. Celle aussi de prendre des risques (avancer ses idées) tout en les mesurant (intégrer les vôtres).

6-Au fil de l’entretien, progressivement, observez-vous aussi : avez-vous envie de lui raconter votre « histoire » ?

Etudes – Formation – Pré-requis

Minimum requis : Bac +2.

Formation académique, technique ou scientifique.

Ingénieur / BTS / DUT.

Ingénieur (ESTP, INSA, MINES, …).

Une licence mention BTP et/ou un master en gestion et management de projet dans une école de commerce, dans une école d’ingénieur ou encore dans une université, permet de compléter ces formations.


FICHE DE POSTE

FONCTION : CHARGE D’AFFAIRES

Due à la polyvalence de la fonction et à la spécificité des rôles, elle-même liée à l’organisation de l’entreprise, son activité et sa taille, il n’y a pas de définition de fonction unique ou générique du chargé d’affaires.

De même, la grille des salaires de référence est corrélée à l’activité et à la taille de l’entreprise ainsi qu’à son territoire.

UNE DEFINITION DE FONCTION CORRESPONDANT A VOTRE CONTEXTE, INCLUANT LA GRILLE DES SALAIRES DE REFERENCE SERA MISE A VOTRE DISPOSITION GRATUITEMENT SUR SIMPLE DEMANDE AUPRES DE :
Yannis MERCIER   06.46.90.05.04   ou   ym@praxion.com


Le groupe cimentier a annoncé la création de Circulère, une filiale consacrée au traitement et à la valorisation des déchets énergétiques et minéraux, avec deux plateformes implantées en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Circulère a été officiellement lancée le 1er janvier. L’objectif de cette nouvelle filiale de Vicat est « d’apporter des solutions concrètes aux entreprises (…) pour la valorisation de leurs déchets », a expliqué le groupe cimentier dans un communiqué.

Circulère emploie une douzaine de personnes et compte deux implantations, exploitées en collaboration avec le groupe Serfim: Terenvie dans le Rhône, spécialisée dans la dépollution des friches industrielles, et Bioval en Savoie, dédiée à la production de combustibles solides de récupération.

« L’hybridation entre activité industrielle et fournisseur de service permet de consolider l’expertise du groupe », a déclaré le directeur général de Circulère, Stéphane Rutkowsi, cité dans le communiqué.

Des pneus servant de combustibles solides de récupération

Broyés,ces pneus servent de combustibles solides de récupération

Vicat souligne qu’en 2019 l’utilisation de combustibles et de matières de substitution a permis de valoriser près de 450 000 tonnes de déchets dans ses cinq cimenteries françaises, contribuant à ses objectifs de réduction des émissions de CO2.

https://www.lemoniteur.fr/article/vicat-cree-une-filiale-de-traitement-des-dechets.2127019

Neolithe fossilise les déchets non inertes pour les transformer en granulats

En Maine-et-Loire, la start-up Neolithe, créée par deux jeunes ingénieurs, a mis au point un process de valorisation par fossilisation du reliquat des déchets industriels banals jusqu’ici non recyclable, pour permettre à ses clients de réutiliser les déchets non inertes en granulats dans la construction.

Mi-mars, Neolithe devrait finaliser une nouvelle levée de fonds d’un montant de 2 millions d’euros, un an après avoir levé 1 million d’euros. De quoi conforter le développement de cette start-up de Chalonne-sur-Loire (Maine-et-Loire), qui retraite la part non recyclable des déchets non dangereux par fossilisation.

Une fois séparées les matières valorisables, comme les ferrailles et certains plastiques, les déchets industriels banals de chantiers (plastiques en mélange, laine de verre, bois…) sont broyés afin d’obtenir une fine de 0 à 500 microns. Celle-ci est ensuite mélangée à un liant permettant de rendre inertes les déchets en leur conférant une structure stable. Tout déchet non-inerte non dangereux peut être transformé en granulats minéraux, promet l’entreprise. Les liants ne sont pas brevetés, à la différence de certains éléments du process, effectué au sein de machines dédiées (les “fossilisateurs”), d’une capacité de 10 tonnes par jour. Les granulats devraient contenir 80% de déchets et 20% de liant.

Des granulats en attente de certification

A l’origine de l’innovation, Clément Bénassy, directeur général, est un ingénieur diplômé d’AgroParisTech, et Nicolas Cruaud, président, est diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Isae-Supaero. « Initialement, nous voulions transformer les ordures ménagères en les fossilisant, sur la même idée que la formation des calcaires. En taillant des pierres calcaires, mon père a eu l’idée de faire un parallèle avec la fossilisation”, indique ce dernier. Lancé en mars 2018, le projet a été concrétisé sous la forme d’une entreprise en 2019. Neolithe compte aujourd’hui 13 personnes.

Pour rendre possible l’utilisation des granulats produits, la start-up travaille avec le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) et le Centre scientifique et technique du bâtiment, dont l’agrément est attendu pour lancer la commercialisation. L’Anthropocite, nom donné à la qualité de granulats qui sortiront des machines, pourra être utilisé en sous-couches routières ou dans une incorporation au béton. Neolithe souhaite s’appuyer sur les acteurs de la collecte et du tri des déchets, ainsi que les entreprises de démolition pour développer commercialement son produit.

Des machines en location

Actuellement vendues, les machines seront par la suite mises en location. Le traitement des déchets s’effectuera donc chez les clients. Les risques sont limités, assure Nicolas Cruaud : “nous avons prévu un gros onglet de formation pour les opérateurs de nos clients, avec un titre que nous décernerons. Cela nous donnera un levier de qualité. Nos systèmes contrôlent les matières entrantes. Nous pouvons sanctionner nos clients en retirant l’accréditation à l’opérateur. Si on ne vend plus le liant et qu’on ne reconnaît plus le granulat comme étant de l’Anthropocite, notre client ne pourra plus l’exploiter sous ce nom.” Des contrôles réguliers devraient être effectués.

Pour faire la preuve de son concept, Neolithe prévoit de participer au projet Empreinte, consistant à construire une maison témoin puis un éco-quartier sur la commune de Beaucouzé (Maine-et-Loire) au moyen de techniques innovantes. Vingt tonnes de déchets inertes doivent y être valorisées à partir des déchets de construction.

https://www.usinenouvelle.com/editorial/l-instant-tech-neolithe-fossilise-les-dechets-non-inertes-pour-les-transformer-en-granulats.N1064229

En quoi les nouvelles habitudes de travail redessinent l’entreprise ?

Si la pandémie actuelle s’est limitée, dans un premier temps, à déstabiliser le quotidien des salariés, elle va aussi, de toute évidence, modifier en profondeur l’organisation des entreprises.

Comment travaillera-t-on demain ? Quel impact aura à long terme la crise sanitaire sur notre vie professionnelle, notre management ou notre façon de fonctionner en équipe ? Au regard des changements qui se sont produits en l’espace seulement de quelques mois, on peut légitimement se questionner. Ces interrogations seront au cœur d’une conférence accessible en ligne, le 23 mars, à 17h.

Avec pour en parler, Pascal Picq, paléoanthropologue et maître de conférences au Collège de France, qui évoquera la « valeur travail » ; Xavier Chéreau, directeur des ressources humaines et de la transformation de Stellantis (né de la fusion, en janvier 2021, des constructeurs automobiles Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles) – PSA s’est engagé, depuis plusieurs années, dans une politique active de télétravail, qui a été renforcée avec la crise sanitaire : aujourd’hui, la plupart des salariés travaillent seulement à 30% sur site, soit en moyenne un jour et demi par semaine ; et enfin, Fabienne Arata, country manager de LinkedIn France. L’entreprise compte 20 millions de membres dans l’Hexagone (soit près de 64% de la population active) et plus de 740 millions dans le monde. Elle est, de par son activité, une plateforme d’observation des changements vécus dans les entreprises.

Réveil brutal

Deux facteurs président à l’évolution des espèces : les changements d’environnement et les relations qui s’établissent entre les organismes d’un même écosystème. Un autre est spécifique à la lignée humaine : l’évolution conjointe avec ses environnements techniques et culturels. Avec une arrogance propre à notre espèce Homo sapiens, nous avons pensé être libérés de toutes ces contraintes. Réveil brutal en 2020 : on comprend alors qu’on ne peut plus continuer comme avant avec les conséquences des dérèglements climatiques, qu’il en est de même avec les biodiversités et les bouleversements socio-économiques dus à la révolution numérique. Tout cela était en cours lorsque le coronavirus est entré dans le jeu, déstabilisant le quotidien des salariés, renforçant certains usages, comme le télétravail, et accélérant certaines transformations déjà engagées. Nous sommes en plein cœur de ce que l’on appelle une ponctuation : une période de crise qui fixe les adaptations pour le monde de demain. Un des tests majeurs sera la transformation du travail, avec de nouvelles façons de collaborer comme de manager, et l’avènement du désormais célèbre « à distance ».

La vie de bureau comme norme sociale

Le développement des activités et des tâches en ligne va modifier l’organisation des entreprises, des espaces de vie professionnels et privés. On a tendance à l’oublier, la vie de bureau est un phénomène récent. C’est une invention du XXe siècle. Auparavant, le télétravail était même la norme. Au XIXe siècle, les principales raisons qui amenaient à travailler hors de son domicile étaient le travail à la ferme, à la mine ou à l’usine, qui se situaient souvent à proximité du domicile. Les grandes entreprises n’existaient pas. Et les professions libérales s’exerçaient, en général, depuis le domicile. C’est à partir du XXe siècle que la vie de bureau s’est établie comme norme sociale, avec la mise en place d’une séparation claire entre temps de travail et temps personnel. Mais le télétravail d’hier n’est bien sûr pas celui d’aujourd’hui.

Les entreprises ayant déjà entamé une transformation numérique aborderont mieux ces nouveaux défis. Mais il ne s’agit pas seulement d’une transformation technologique. Les changements qui s’opèrent créent de nouveaux enjeux, dont on mesure à peine les conséquences sur nos modes de vie et nos sociétés. Ces profondes transformations du travail, qui touchent l’ensemble de la planète, sont le signe d’une véritable mutation anthropologique et civilisationnelle.

https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2021/03/33674-evenement-conference-harvard-business-review-france-en-quoi-les-nouvelles-habitudes-de-travail-redessinent-lentreprise/

Le temps des “métiers verts” est-il (enfin) venu ?

Qu’ont en commun un technicien en énergie solaire, une chasseuse de tête et un comptable ? Ils ont tous un job vert. Enfin, ils pourraient.

L’une des conséquences du Covid-19 et de son corollaire, la crise économique, a été la multiplication des engagements écoresponsables aux quatre coins de la planète. Le plan de relance pour l’Europe prévoit de consacrer 373,90 milliards d’euros à la lutte contre le réchauffement climatique, soit 30 % de l’enveloppe totale, du jamais vu pour un budget européenLe Forum économique mondial estime quant à lui que 369 millions d’emplois seront créés d’ici 2030 si les entreprises décident d’aller vers plus d’écologie. En France, ce sont 30 milliards d’euros qui sont mis sur la table pour les « investissements verts » dans le cadre du programme France Relance). Rien que dans le BTP, le gouvernement prévoit jusqu’à 55 000 créations d’emploi pour porter l’effort d’efficacité énergétique. Alors, bienvenue dans l’ère de l’économie moins polluante et des emplois verts ?

Mais qu’entend-on par « emploi vert » ?

« L’expression “green jobs” est, dans son acception écologique, très récente », commente Kevin Doyle, directeur exécutif du pôle carrières au sein de la Yale School of the Environment, aux États-Unis. Durant de longues années, elle désignait exclusivement les métiers liés au monde naturel : la biologie marine ou la conservation des forêts, par exemple. Et comme souvent, le changement sémantique a tout d’abord pris de l’ampleur outre-Atlantique, sous l’égide notamment de Van Jones, nommé conseiller de Barack Obama en 2009. Les États-Unis subissent alors une récession économique : il faut créer de l’emploi, et vite. La notion d’emploi « écolo » se démocratise et s’installe sur le marché du travail.

À cette époque, Van Jones suggère au Président d’investir afin de mettre un peu de vert aux joues d’une économie en berne. De nombreux emplois pourraient être rapidement créés, promet-il, notamment parmi la population afro-américaine et les plus bas revenus. Voici venu le temps des « cols verts » : des cols bleus formés ou « transformés » en acteurs d’une économie bas carbone. En France, l’agriculture bio et les énergies renouvelables, dont le développement s’est accéléré depuis 2017, deviennent d’importants pourvoyeurs d’emplois verts.

Il faut de tout pour faire un monde vert

Partout sur la planète, ces élans écoresponsables favorisent l’émergence de différents types de métiers verts. Il y a d’abord ceux de tous les jours : électricien, ouvrier du bâtiment, que l’on réaffecte à des missions de performance énergétique. Et il y a ceux inventés ad hoc : technicien en éolien, installateur de panneaux photovoltaïques etc. Aujourd’hui sont considérés comme « verts » les métiers dont la finalité – les énergies renouvelables, par exemple – ou les procédés tendent vers davantage d’écoresponsabilité. Pour ces derniers, il s’agit de jobs qui n’ont pas de lien direct avec l’environnement, mais sont toutefois considérés comme « verts » dans la manière dont on les opère. Citons ainsi les entreprises où des pratiques écoresponsables strictes sont mises en place (une politique zéro déchet, par exemple). Cela peut donc concerner tout travail de bureau – ou télétravail, Covid-19 oblige.

La Green Economy Coalition, une organisation partiellement financée par l’UE, a pour ambition de réformer l’économie afin qu’elle soit plus verte et profite à tous. Najma Mohamed, sa directrice des objectifs et stratégies, explique que la notion de métier vert concerne tous les secteurs. « Il est évident que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique ou la gestion des déchets ne vont pas fournir un travail à tout le monde. Il nous faut ouvrir de vraies brèches en matière d’écoresponsabilité. Nous sommes à un moment-clé de l’histoire de l’humanité. » Il est temps d’étendre la notion de « durabilité » aux emplois de bureau, à penser ce qu’elle signifie pour un comptable, une juriste, une cheffe de projets… En bref, pour ceux qui, tous profils confondus, ne travaillent pas dans le secteur de l’environnement.

Un job vert, c’est forcément super ?

« On peut, d’une certaine manière, dire que la plupart des métiers sont voués à devenir verts », analyse Andrew T. Norris, fondateur de l’agence de recrutement The Alpha Adviser et spécialiste du sujet. Bonne nouvelle ? Globalement, oui.

Mais, car il y a un mais, la médaille a son revers. Selon l’Organisation internationale du travail, les emplois verts sont des « emplois décents […] contribuant à la préservation, la restauration et l’amélioration de la qualité de l’environnement. » Or pour Najma Mohamed, il est important de regarder la situation de près. Particulièrement concernant le volet social. « On part généralement du principe que si c’est vert, tout va bien. Ce n’est pourtant pas toujours le cas. Par exemple, la plupart des travailleurs dans la gestion des déchets et le recyclage le font dans de mauvaises conditions, avec une protection sociale au rabais. Pourtant, on pourrait dire qu’il n’y a pas plus vert comme métier. Donc prudence, interrogeons-nous toujours sur cette idée d’emplois verts. »

Citons également la question de l’égalité entre les genres. Le secteur des énergies renouvelables connaît par exemple une surreprésentation masculine, avec des postes occupés à 68 % par des hommes. « Si on veut être vert et “décent”, il faut commencer par garantir l’accès aux métiers à tous. En résumé, évitons de verser dans le greenwashing », insiste Najma Mohamed.

S’emparer du sujet

Avec son plan de relance, la France espère la création d’environ 200 000 emplois « non délocalisables » liés, de près ou de loin, à une meilleure protection de l’environnement. En 2019, l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte a noté une hausse de 17 % des intentions d’embauche sur les métiers de l’économie verte. Pour l’heure, le gouvernement en est à « caractériser et anticiper les évolutions des emplois et des formations » dans le cadre de la transition écologique.

Établir une politique claire en matière d’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique est long et laborieux. L’impulsion vient donc d’ailleurs : les citoyens sont nombreux à se poser la question de leur relation au travail et à l’environnement. Anneke Stolk, cofondatrice d’Instagreen, start-up installée à Barcelone et spécialisée dans les fermes urbaines, travaillait au sein d’une agence conseil néerlandaise en innovation dans le domaine de l’alimentaire. Ingénieure en design produit, elle décide un jour qu’il est temps pour elle de se joindre à l’effort en faveur de l’écologie. « Le changement climatique est directement lié à nos modes de production alimentaire. J’ai senti que j’avais de plus en plus envie de faire partie d’un mouvement général de transition écologique. »

Elle teste alors ses idées de façon informelle, avec des amis, « sur des balcons, dans des salles de bains » et se forme « en hydroponie, aéroponie et toutes les méthodes apparentées. » Au bout d’un temps, la fermière citadine décide d’exploiter ce qu’elle a fait et appris, et de passer en mode professionnel. Après avoir suivi une formation en agriculture indoor, Anneke Stolk fonde sa start-up.

Cinq ans plus tard, Instagreen fait certainement partie de ces entreprises qui, par leurs pratiques durables, poussent le gouvernement espagnol à réagir, notamment dans les territoires urbains. Si l’idée d’aménager des fermes sur les toits a par exemple échappé aux gouvernants (en Espagne comme en France), des opérateurs privés s’en sont chargés. On leur doit de faire souffler un vent nouveau et plus responsable sur nos paysages urbains.

Il n’est jamais trop tard pour apprendre

Avec Instagreen, Anneke Stolk propose désormais des formations et cursus à destination des professionnels d’autres secteurs en quête d’une possible reconversion. Najma Mohamed souligne l’importance de ce type de formations pour la croissance des emplois verts. « Quand il y a des mutations dans un secteur économique, il faut près de dix ans pour voir les facs et les écoles adapter leurs cursus et leurs programmes en conséquence. Le secteur privé et les formes hybrides d’apprentissage ont tout intérêt à émerger et s’emparer de la question. »

Que les métiers tournés vers l’écologie attirent des professionnels issus de milieux et parcours très divers est en soi une très bonne nouvelle. Anneke Stolk a mis sa formation d’ingénieure au service des fermes urbaines, en appliquant ses connaissances aux pratiques agricoles traditionnelles. « Mieux vaut apprendre à décloisonner ses compétences si on veut justement ouvrir son champ des possibles. »

Autant de démarches individuelles qui, à elles toutes, redessinent l’avenir du travail. C’est l’avis de Kevin Doyle, à la Yale School of the Environment, qui voit cette évolution sociétale d’un très bon œil. « Ce qui me fascine et m’inspire, c’est la façon dont les gens s’emparent de sujets comme la justice sociale, la discrimination raciale ou les inégalités de salaires pour les inscrire dans une vision globale, qui prend aussi en compte la menace de nos écosystèmes, la qualité de l’air et de l’eau, etc. »

Les spécialistes de l’environnement ne travaillent plus dans leur coin. Écologie et grandes causes sociales ne sont plus considérées de façon indépendante. Kevin Doyle s’en réjouit. « Pour moi, cette approche est vraiment la bonne. Je peux même dire que je suis extrêmement optimiste. Il faut juste que cela se développe à grande échelle et de façon plus systématique. Les politiques de tous bords commencent à comprendre que cela fonctionne, qu’on doit multiplier les initiatives et continuer à les financer» En France, le French Impact, né d’une initiative gouvernementale, fédère ainsi des acteurs (publics et privés) de l’innovation sociale, avec pour but d’accélérer « l’ensemble des initiatives sociales et environnementales innovantes. »

Maintenant ou… maintenant

C’est donc le moment de se lancer sur le marché de l’emploi vert, dont les besoins vont grandissants. Dans une récente enquête réalisée pour le compte du Good Energy, fournisseur d’énergies renouvelables au Royaume-Uni, on apprend que la moitié des jeunes Britanniques espèrent décrocher un “green job”. Andrew T. Norris, l’expert en recrutement, confirme que l’économie verte connaît une croissance rapide. « Derrière chaque profil technique, il y a une entreprise avec des besoins en communication, compta, RH, juridique… Cela représente de nombreuses opportunités, soutenues par des investissements en forte hausse. » En France, 3PA, une association de formation et d’éducation à l’environnement, a créé en 2017 une école d’un nouveau genre, dont 160 jeunes de 16 à 25 ans sortent chaque année avec des savoir-faire à impact vert et des qualifications professionnelles.

Le chemin ne sera bien sûr pas de tout repos : il n’y a pas de balisage, que ce soit en matière d’effort collectif vers une économie plus respectueuse de l’environnement ou de parcours professionnel. Mais Najma Mohamed, comme d’autres, y croit dur comme fer : « La priorité aujourd’hui est qu’il y ait une vraie demande sociétale. Je suis ravie de constater que nous avons passé un cap. Les voix s’élèvent, les gens portent haut et fort leurs valeurs, qu’ils incarnent dans leurs résolutions professionnelles. En revanche, si on devait encore avoir la même conversation dans dix ans, là ce serait terrible. »

Le message est clair, et bien résumé par Kevin Doyle : « Nous avons les réponses. Ça ne sert à rien de perdre davantage de temps sur le diagnostic. On le connaît et les solutions, on les a. Il nous reste aujourd’hui à les porter, à les mettre en œuvre et, à travers elles, créer des emplois pour embarquer celles et ceux qui souhaitent s’y investir. »

https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/metier-vert-ecologie-green-jobs

crédit: Thermor

Thermor recrute une équipe dédiée « clim »

Spécialiste du radiateur électrique et des solutions d’eau chaude sanitaire, Thermor a lancé en 2020 sa gamme de climatisation murale « Nagano ». Fort d’un démarrage prometteur sur ce segment, la marque au dragon va plus loin cette année avec l’arrivée de consoles et de cassettes afin de pouvoir s’ adresser aussi bien au marché du résidentiel que de celui du petit tertiaire. La marque française entend ainsi se positionner sur un marché en croissance à deux chiffres en s’appuyant sur sa légitimité acquise dans le génie climatique depuis près de 90 ans. Il s’agit aussi de mettre à profit son savoir-faire en qualité de services, acquis sur le métier de l’eau chaude sanitaire, pour proposer une offre complète à ses clients, produits + services. Thermor va aussi surfer sur son partenariat avec la distribution électrique et sanitaire pour proposer à plus de 40 000 installateurs une gamme exclusive. « Nous avons l’ambition de prendre une part de marché significative en rénovation d’ici 2025. Pour cela, nous renforçons notre équipe de 60 commerciaux avec une 1ère  phase de recrutement de 5 spécialistes de la climatisation » a indiqué pour l’occasion Dominique Tomada, le directeur commercial.

Thermor.fr

Crédit : Finalcad

Finalcad veut améliorer la rentabilité du bâtiment via le digital

Un réseau social d’entreprises mixé à un outil collaboratif de suivi de chantier. C’est l’application innovante lancée en début d’année par Finalcad, société du Next 40, spécialisée dans la digitalisation du secteur du BTP. Baptisée « Finalcad One » cette nouvelle plateforme collaborative permet d’optimiser la communication des équipes sur le terrain et hors chantier. L’enjeu, fluidifier le travail d’équipe en amenant le numérique sur un terrain qui regroupe de nombreux savoir-faire .

Le contexte

La crise sanitaire accélère la digitalisation d’un secteur en recherche d’une plus grande productivité : « la baisse cumulée de la productivité en France dans le bâtiment depuis 2001 atteint 19 % » rappelle Franck Le Tendre, PDG de Finalcad. Il s’agit donc de projeter les enjeux du secteur de la construction avec un nouvel outil facilitant le quotidien des équipes.

L’éditeur de logiciel a d’ailleurs dévoilé les résultats d’une enquête sur la transformation digitale dans la construction lors de la présentation de sa nouvelle interface : menée entre février et mars 2020 auprès de 400 dirigeants de grandes entreprises du BTP, celle-ci met notamment en exergue le retard dans la transition digitale pris par le secteur à contrario d’autres filières. Un retard à l’origine de problèmes de communication, de productivité et de rentabilité dans la filière.  « Les entreprises interrogées avaient d’ailleurs conscience de ce problème de communication puisque 62 % des dirigeants ont cité le manque de collaboration comme cause principale des retards de projets » a pointé Franck Le Tendre, lors de la présentation de son nouvel outil.

La valeur ajoutée : « le « all in one »

Au-delà d’apporter des solutions métiers, cette nouvelle appli totalement personnalisable a été pensée sous l’angle de la collaboration. En partant d’un constat simple, la base de la problématique de la construction : chaque projet est unique, chaque cahier des charges est spécifique et fait appel à de nombreuses parties prenantes, des entreprises et des équipes qui ne se connaissent pas toujours. Mais qui doivent cependant travailler ensemble depuis des sites différents, et ce parfois dans plusieurs langues. « Il est très difficile de chercher à industrialiser le process sur un chantier, de prévoir le planning d’un projet soumis aux aléas climatiques et – ou bureaucratiques, d’où l’aspect personnalisable et adapté à tous les Métiers du BTP que nous avons injecté dans Finalcad one pour renforcer l’instantanéité de la collaboration », souligne Sébastien Dumas, le directeur marketing de la société. Une « capture » en quelque sorte de tout ce qui se passe sur un site à un moment T.

Un outil RH

Autre atout de l’appli, sa simplicité d’utilisation. « On le sait par expérience, aussi riche soit-elle une application est laissée de côté quand on ne s’en empare pas dans la minute. Nous avons donc réduit au maximum le nombre de « taps» pour accéder aux fonctionnalités et que les travailleurs du BTP, population vieillissante et loin d’être digitale native, puissent y adhérer. Coté entreprise, notre interface est aussi un moyen de créer une sorte d’attractivité , d’attirer les jeunes générations vers des métiers peu valorisés. C’est donc aussi un outil RH» , fait observer Sébastien Dumas.

Finalcad One

Concrètement, Finacald One permet la création de groupes de travail s’inspirant du modèle des messageries instantanées avec en plus la possibilité d’interagir avec toutes les personnes rattachées à un projet quelles que soient leurs fonctions et ce à toutes ses phases. Et de suivre toutes les étapes du cycle de vie de ce projet, l’ensemble des cas d’usage, la diversité des conditions sur tous terrains, l’ensemble des parties prenantes, du terrain aux bureaux, sur mobile ou PC, de l’opérationnel au management. Par exemple, l’électricien arrive sur le site pour passer des câbles dans un mur mais il s’aperçoit qu’il est bloqué, l’étape précédente n’ayant pas été effectuée. Mieux que de prendre de simples photos, il peut documenter immédiatement la situation, à l’aide d’items pré-établis. « Il s’agit de gérer l’inattendu avec réactivité, de diminuer les retards pour préserver la rentabilité» conclut Sébastien Dumas.

Crédit : Finalcad

En mode « Freemium »

L’ambition de Finacald ? Créer une importante communauté d’utilisateurs. Cette nouvelle solution a été pensée en mode freemium, pour un accès illimité dans le temps à l’ensemble de ses fonctionnalités. Si l’utilisateur veut monter en puissance des offres supérieures lui seront alors proposées lui permettant ainsi de d’accroitre son niveau d’usage de la plateforme. Il s’agit de lever la barrière pour faciliter le quotidien des équipes et permettre à toutes personnes (artisans, architecte, chef de chantier …), quelle que soit la taille de son entreprise, de collaborer à l’ensemble d’un projet et pendant toute sa durée… et accroitre la data emmagasinée : car bien sûr, plus l’application sera utilisée, et plus le volume de données sera élevé. Facilitant la prise de décision et améliorant la rentabilité.

Depuis 10 ans, Finalcad a accompagné plus de 20 000 projets à travers le monde. La société compte notamment parmi ses clients Eiffage, Total, ou encore Fayat.  Au fil des ans, ses solutions ont été enrichies car créées autour de technologies qui ont-elles mêmes évoluées. C’est ainsi que le projet Finalcad One a vu le jour : le plus au regard des autres outils collaboratifs axés sur les métiers du BTP , une ergonomie simple, intuitive, qui s’adresse à l’ensemble des corps de métiers et à toutes les étapes d’un projet, de son initialisation en passant la phase de construction, jusqu’à la maintenance.

Finalcad.com

Eric Aubspin, dirigeant de Phosphoris

Phosphoris : l’expertise verte du bâtiment

Une jeune pousse mais une expérience de 20 ans dans le bâtiment. Tel est le paradoxe de Phosphoris, fondée en 2015 par Eric Aubspin, diplômé de l’ENSAIS (Ecole nationale supérieure des arts et industries de Strabourg) et passé par de nombreuses expériences : ce spécialiste du génie climatique et énergétique a d’abord oeuvré comme gérant au sein d’Acretio Investissement & Conseil (accompagnement de dirigeants, stratégie de développement, conseil techniques et R&D), avant de diriger le Village des Energies. Il fut ensuite en charge du développement du génie climatique chez Amec Spie, puis directeur de la filiale marocaine du groupe.

Fort d’une carrière déjà riche à 40 ans, Eric Aubspin décide de mettre son expertise au service de la construction durable. Via 2 axes phares : l’efficacité énergétique et la qualité de l’air. Deux métiers constitués autour du rachat du bureau R&D de l’entreprise, le cabinet d’ études lyonnais Alain Garnier. Ce dernier fut l’un des pères de l’innovation du génie climatique en France. Le bureau est aujourd’hui piloté par Pierre Picard, ancien de GdF Suez.

C’est précisément cette intégration « métiers-R&D » qui fait la valeur ajoutée de Phosphoris, quasi-unique en France dans le secteur du génie climatique. Car elle permet à l’entreprise d’injecter ses avancées dans ses études de conception et de se différencier ainsi des autres ingénieries qui appliquent stricto -sensu les normes et réglementations, sans pouvoir aller explorer au-delà.  

Laboratoire intégré d’idées vertes

Un modèle que la société déploie dans son implantation à l’international, avec ses filiales marocaines, portes d’entrée sur l’Afrique de l’Ouest, ses bureaux en Chine et en Russie, ouverture vers les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Centre aquatique de Reims-Crédit : Garnier

« Nous travaillons chaque sujet pour leur insuffler des solutions innovantes dans le domaine de la filtration de l’air comme de l’énergie, ce qui nous permet de faire évoluer les réglementations en vigueur », souligne Eric Aubspin. L ‘entreprise parisienne travaille pour les industries, polluantes par nature, et a conçu depuis sa création, sous sa marque propre « MP Filter » plus de 600 installations spécifiques de captation et de traitements de polluants, poussières et composés organiques volatiles (COV). « Nous accompagnons l’industriel à chaque étape de son process de production pour limiter la pollution de l’air. Nous travaillons notamment beaucoup sur la sécurité de l’employé à son poste de travail. Nous comptons par exemple des clients dans le secteur des arômes et de la parfumerie, comme Givaudan, l’Oréal ou encore Hermès », précise Eric Aubspin.

Sur le volet « efficacité énergétique», Phosphoris développe actuellement une nouvelle solution de façades « doubles-peaux » ventilées, soit deux parois vitrées ménageant entre elles une couche d’air, pour un effet de serre, à propriété thermo-régulatrice. Objectif : réduire la consommation d’énergie grâce à cet espace tampon et récupérer cette énergie pour la réintroduire dans le bâtiment. Pile dans l’ère en marche de la circularité, pour des bâtiments à énergie positive. Dans les grandes tendances durables du moment, le free-chilling soit la climatisation naturelle est également à l’ordre du jour. Une solution alternative à la « clim », très vorace en énergie, sur laquelle planche Phosphoris. Deux solutions innovantes désormais éligibles aux certificats blancs d’économies d’énergies.

Solutions circulaires et écologiques injectées dans le bâtiment

Fort de ce duo d’expertise Phosphoris déploie aujourd’hui une troisième activité, l’urbanisme et l’architecture bioclimatique. Selon son credo d’organisation intégrée, là encore, le groupe s’est adjoint un cabinet « Design & Architecture », dédié aux grosses rénovations énergétiques et aux projets pilotes.

Cette activité se développe à l’international, à commencer par la Russie. Au programme, un concept inédit de « Villages français » autour du lac Baïkal, la plus grande réserve d’eau douce au monde. Il s’agit de créer sous la maîtrise d’oeuvre de Phosphoris une station de sports toutes saisons avec domaine skiables, activités sportives et ludiques, hôtellerie, commerces. Le tout via une construction durable et « exemplaire » ceinturée d’un parc naturel.  Un projet évalué à 180 millions d’euros, soutenu notamment par les ministères de l’économie et de la transition écologique, côté français, l’agence du tourisme côté russe.

Village Français Alpin-Lac Baïkal-Crédit : Phospohoris

Ce concept pourrait être dupliqué en Mongolie, autour du lac Khovsgol, en Altaï et au Kasahstan. « Il s’agit de retisser des filières dans des zones où le tissu industriel a disparu. De recréer un écosystème. Nous allons travailler avec des matériaux locaux, en circuit court, et dans le respect de l’environnement », souligne Eric Aubspin.

Un projet qui pourrait devenir l’une des vitrines environnementales de l’Hexagone.

Phosphoris en chiffres 

Trois filiales
-5 agences en France
50 employés
4, 2 millions d’honoraires en 2019

Siège : 2, rue du Nouveau Bercy  
94220 Charenton-le-Pont

 

Après une année 2020 marquée par la pandémie, 2021 repart sur un bon niveau avec un effet rattrapage, notamment dans les métiers du BTP et de l’industrie. D’autres professions, plus rares, pourraient aussi émerger.

Vous vouliez être serveur ou moniteur de voile ? 2021 ne sera pas votre année. Les offres d’emploi dans le tourisme et l’hôtellerie-restauration, traditionnellement au top des recrutements en Bretagne, sont au plus bas. Pourtant, l’année commence plutôt bien sur le marché de l’emploi. Du 1er au 20 janvier, les plateformes d’HelloWork ont enregistré un volume total de 5 471 offres d’emploi en Bretagne administrative, contre 3 605 pour la même période en 2020.

« Ce qui fonctionne assez bien en Bretagne, constate Flavien Chantrel, responsable éditorial chez HelloWork, c’est l’emploi industriel, notamment les postes de technicien de maintenance ou d’opérateur de production, le BTP, avec beaucoup d’offres de maçons, d’électriciens, de plombiers et de soudeurs, et tout le secteur de la finance et de la comptabilité avec des jobs de comptable ou de gestionnaire de paye. » Le BTP (851 offres au 20 janvier) a notamment bénéficié d’un effet de rattrapage par rapport à janvier 2020, observe le responsable d’HelloWork.

Autre gagnante de ce réajustement : la distribution qui figure en troisième position des secteurs qui recrutent. Le 20 janvier, elle représentait 13 % des offres dans la Bretagne à quatre départements. Derrière, l’agroalimentaire, spécificité bretonne, demeure bien placé, avec près de 700 postes à pourvoir au 20 janvier. Autant que le secteur de l’informatique et des nouvelles technologies, toujours dynamique et porté par la locomotive rennaise.

Boom dans la santé

Bref, rien de réellement nouveau sous le soleil breton et national. Si ce n’est un boom des emplois dans le secteur de la santé et du social (505 postes à pourvoir en Bretagne au 20 janvier), crise sanitaire oblige.

Du monde d’après, tant espéré, ne restera-t-il que des chimères ? Pas sûr… France compétences vient de lister vingt métiers « émergents ou en particulière évolution pour 2021 ». Dans la liste, on retrouve des jobs très spécifiques, notamment axés sur l’environnement : diagnostiqueur de produits, matériaux et déchets issus des bâtiments, préparateur en déconstruction ou encore chargé de recyclage en production plasturgie.

Métiers d’avenir

Mais ces professions ne représentent pas forcément un eldorado d’emplois immédiat. Le but de cette liste, explique France compétences, est avant tout de permettre aux certificateurs de bénéficier d’une procédure simplifiée d’enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) pour « répondre aux besoins en compétences du marché du travail et sécuriser les parcours professionnels des actifs ». Un bon baromètre pour explorer les filons, en somme, et pour défricher les formations en gestation. Reste que certains métiers séculaires, en pénurie chronique de main-d’œuvre, figurent sur la liste : couvreur, plombier, serrurier… « Derrière des métiers qui semblent classiques, il y a des transformations importantes qui peuvent également se jouer, explique au Figaro Mikaël Charbit, directeur de la certification professionnelle chez France compétences. Être couvreur, ce n’est pas seulement poser des tuiles, il y a des questions environnementales et de rénovation énergétique. » Histoire de coller au monde d’après.

https://www.letelegramme.fr/economie/quels-metiers-recruteront-en-bretagne-en-2021-25-01-2021-12692754.php

Le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) a été le théâtre d’une passe d’armes entre certains de ses membres la semaine dernière. Le CSCEE cherche à  voter un avis favorable, afin de ne pas communiquer sur une opposition franche à la RE2020. Un projet d’avis a été rédigé et cela n’a pas été simple.

« Avec la Réglementation Environnementale 2020, le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) est l’instance qui compte, beaucoup d’organisations qui n’y sont pas représentées me contactent », fait savoir Christophe Caresche, jeune président du CSCEE. L’instance est au cœur de l’actualité du Bâtiment depuis que huit de ses membres – appelés dans les coulisses « le Groupe des Huit » – ont envoyé une missive aux ministres Barbara Pompili et Emmanuelle Wargon, leur demandant de modifier la RE2020 avec quinze de leurs propositions. Depuis, son nouveau président se trouve dans une position délicate : « si le conseil est dans l’incapacité de produire un avis, cela l’affaiblirait… et cela ne me semble pas nécessaire… » Ce dernier doit donc relever un défi : produire un avis qui fera l’unanimité (lire en encadré). « Ce que je leur demande, c’est de voter un avis, pas la RE2020 », rappelle-t-il.


L’ACV Dynamique a brisé la confiance

La missive, envoyée par les représentants des entreprises du bâtiment et de la maîtrise d’ouvrage, a étonné certains des membres du CSCEE. « Si le gouvernement avait une attitude très fermée, je comprendrais que le Groupe des Huit puisse avoir cette démarche. Mais il est ouvert à faire évoluer la RE2020. Emmanuelle Wargon l’a encore dit lorsqu’elle a signé la charte d’engagement pour l’emploi et la formation professionnelle avec le BTP », déplore le représentant d’une organisation professionnelle qui siège au CSCEE. La ministre Emmanuelle Wargon confirme au Moniteur « être actuellement en discussion avec les filières industrielles, pour bien comprendre leurs préoccupations. Nos discussions portent sur le bon niveau d’atterrissage de la RE2020, tout en ayant le souhait de porter l’ambition du gouvernement, à savoir une ambition forte de décarbonation du processus de construction industrielle et le développement de bâtiments qui consomment moins. »

Il semblerait que l’apparition de l’ACV Dynamique dans le cadre de cette nouvelle réglementation ait brisé la confiance tissée petit à petit, grâce à l’expérimentation E+C-, entre la puissance publique et le secteur privé. « L’ACV Dynamique sort de nulle part », tonne un représentant, qui a souhaité s’exprimer sous couvert d’anonymat. Il faut dire qu’en demandant de modifier la RE2020, le Groupe des Huit joue gros. « Dans de la méthode de co-construction engagée par le gouvernement, le texte qui a été soumis au vote présente encore des possibilités d’évolution. Les organisations professionnelles qui ont signé ce courrier, ne pouvaient pas se permettre que leur avis ne soit pas entendu, estime Marjolaine Meynier-Millefert, député (LREM) de l’Isère qui siège au sein du CSCEE. Ils ont donc exprimé leur désaccord en rédigeant et en envoyant ce courrier en amont des débats organisés le mardi 12 janvier. La lettre a permis de débattre en séance des amendements notamment proposés par les huit organisations professionnelles. »

Climato sceptiques ?

« Le gouvernement a poussé pour que le CSCEE rende un avis le 12 janvier dernier, sans succès », fait savoir un autre de ses membres. Dans l’idéal, certains voudraient que la DHUP revoie sa copie avant de voter un avis. « Nous ne modifierons pas le texte tant que le CSCEE n’aura pas rendu son avis », tranche-t-on au cabinet d’Emmanuelle Wargon. Et c’est là que le bât blesse. Si le CSCEE donne un avis négatif à la RE2020, ses membres risquent de se faire taxer de climato-scepticisme. « Le grand public, qui n’entre pas dans les détails techniques, ne comprendrait pas cette décision, juge la député de l’Isère. Car la RE2020 est perçue comme une réglementation qui améliorera la qualité de la construction. »

Par ailleurs, la RE2020 est soumise à une trajectoire définie dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), elle-même introduite par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. « Le groupe des Huit ne peut pas s’y opposer frontalement, estime un fin connaisseur du dossier. Pourtant, un certain nombre de leurs propositions mettent en cause cette trajectoire. Ils ne peuvent pas voter contre la RE2020, mais ils vont trop loin dans leurs propositions. » Autre point de crispation : la RE2020 servirait de vitrine à la France, qui prend la présidence du Conseil de l’Europe en 2020. Une publicité dont le Bâtiment se serait bien passée, puisqu’ils anticipent des années 2021 et 2022 difficiles… Enfin, les industriels présents à l’international seraient pénalisés avec l’ACV Dynamique puisque cette méthode de calcul  n’existerait qu’en France. « Il ne faudrait pas casser la machine à produire », prévient Nicolas Prudhomme, directeur de la maîtrise d’ouvrage de l’Union sociale pour l’habitat (USH).

Comment le CSCEE propose de modifier la RE2020

Quatre points principaux ont crispé les membres du CSCEE : la date d’entrée en vigueur de la RE2020, l’ACV Dynamique, le Bbio et l’exclusion franche du gaz. A l’heure où nous publions cet article, une proposition d’avis circule entre les membres du Conseil. Voici les points qui semblent faire consensus : « Tous les acteurs reconnaissent qu’une application au mois de juillet sera difficile », estime une source proche du dossier. Alors que le Groupe des Huit réclamait une application au 31 mars 2022, l’assemblée pourrait s’accorder sur une application décalée au 1er janvier 2022. L’ACV Dynamique sortirait de la RE2020, pour être accueillie dans le label. « Il s’agit peut-être d’une bonne intuition, mais nous manquons de recul. L’intégrer au label permettrait de consolider des données, de renforcer le label dans son rôle d’accélérateur d’innovation », poursuit notre source bien informée. La RE2020 se composerait donc d’une ACV Statique (peut-être appelée « ACV Normée ») qui bonifierait l’utilisation de matériaux biosourcés. Alors que le Groupe des Huit veut modifier les seuils du Bbio, l’avis proposera de maintenir ce cap (-30% par rapport à la RT2012), mais de sortir certaines typologies d’actif (le petit collectif notamment, de moins de 1000 m²) de cette obligation. Pour ces éléments, le seuil pourrait être fixé à -20% par rapport à la RT2012. Enfin, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’exclusion du gaz dans les logements, et notamment dans l’individuel, qui était le premier secteur à appliquer la RE2020. Un consensus aurait émergé pour dire qu’en l’état, la RE2020 le disqualifie de manière trop radicale. Parmi les solutions proposées, une permettrait de booster le développement d’énergies renouvelables pour l’eau chaude sanitaire, et on augmenterait les seuils sur le chauffage, de façon à permettre aux solutions gaz les plus performantes de continuer à s’améliorer.

https://www.cahiers-techniques-batiment.fr/article/re2020-pourquoi-le-cscee-peine-a-rendre-un-avis-favorable.49204

Dans le secteur du béton et de la maçonnerie, les innovations ne sont pas toujours « visibles ». Elles peuvent revêtir plusieurs formes. Désormais, en plus d’optimiser la performance technique des produits, les fabricants s’attachent à en améliorer l’impact environnemental, depuis la formulation et la production du matériau jusqu’à son recyclage. Détails avec trois industriels, Alkern, Lafarge Holcim et Rector.

Alkern : proximité, légèreté, mixité

« Nous cherchons à optimiser la conception des produits afin qu’ils soient plus écologiques, plus performants et plus faciles à mettre en œuvre. Nous visons à réduire notre empreinte écologique d’une part en utilisant moins de ressources et de carbone, et d’autre part en favorisant la proximité fournisseurs-usines-chantiers.

Les produits préfabriqués ont l’avantage d’optimiser la quantité de matière béton : les éléments partiellement vides peuvent être remplis d’isolants et ont un poids réduit. Pour augmenter les performances, nous travaillons aussi nos bétons et leurs constituants (liants et agrégats). Par exemple, l’usage de la ponce permet d’alléger certains produits (bloc inférieur à 15 kg) et d’augmenter leur résistance thermique.

Côté liant, nous allons vers des ciments avec destaux de carbone les plus bas possible, des filler ou des liants de nouvelle génération. L’idée aussi est de concevoir des solutions complètes, comme R+MuR, regroupant une mixité de produits et de matériaux pour simplifier les travaux et assurer une qualité de l’ouvrage. »

Christophe Lagrange, directeur de l’offre d’Alkern

Rector : formulation, déconstruction, biosourcé

« L’un des objectifs de ces dernières années a porté sur l’élaboration de bétons autoplaçants plus performants et de les démocratiser. Maintenant, nous les proposons dans quasiment toutes nos usines. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles formulations en lien avec la protection environnementale et l’économie circulaire.

D’une part, en réutilisant le béton issu de la déconstruction locale et en le faisant repasser par nos usines. L’étape suivante sera la déconstruction sélective et propre afin de réutiliser les granulats recyclés avec le moins de travail possible en usine et en laboratoire.

D’autre part, sur des mélanges bas carbone et des bétons bio-sourcés : cela s’avère un gros challenge tant en formulation, qu’en process ou en attente client, car il faut également que cela entre dans un modèle économique. Nous commençons à utiliser des bétons bas carbone sur les chantiersd’abord pour les poutres, prochainement pour les prédalles et les prémurs. Prochainement, nous allons lancer de nouvelles choses sur le sujet. »

Eric Stora, responsable de pôle R&D distribution et laboratoire de Rector

Lafarge Holcim : réduction carbone, granulats recyclés

« Nos innovations s’appuient sur notre démarche Lafarge 360 qui s’articule autour de trois axes : Reduce (le poids du CO2 dans le béton), Recycle et Reinvent (innover au service de la performance environnementale). Ainsi, nous avons lancé le ciment Planet pour les artisans. D’une part, le sac participe à la diminution des déchets car il se décompose dans la bétonnière. D’autre part, il atteint 65 % de taux de réduction de carbone, et nous compensons l’impact CO2 restant par le financement d’éco-projets (crédits carbone).

Nous avons aussi lancéune offre similaire de béton Ecopact noté 360Score A+ dont l’impact CO2 est compensé. Avec cette démarche éco responsable, nous visons à préparer la RE2020 en fournissant des solutions auprès des artisans. Pour élargir leur portefeuille d’affaires, nous leur proposons également des formations à la chape fluide et aux bétons décoratifs. Une nouvelle chape bas carbone est en développement, ainsi que des bétons décoratifs composés jusqu’à 100 % de granulats recyclés. »

Michèle Duval, directrice produits et services, direction marketing de Lafarge Holcim

https://www.lemoniteur.fr/article/filiere-beton-les-grands-axes-d-innovation.2124064

Actuellement, le débat sur les réglementations à mettre en place sur le secteur du bâtiment pour atteindre la neutralité carbone, et notamment la part du chauffage électrique, est particulièrement vif, et ce d’autant plus que de nombreuses politiques (dans le neuf et l’existant) doivent être coordonnées pour obtenir une action efficace sur les émissions de gaz à effet de serre de la France. Pour éclairer ce débat, l’étude RTE-ADEME, fruit de deux ans de travaux communs, a cherché à évaluer les différents impacts (sur les émissions de CO2, sur le système électrique et la sécurité d’approvisionnement, ainsi que sur le bilan économique) du scénario SNBC à mi-chemin (horizon 2035) de l’objectif de neutralité carbone, mais également d’un ensemble de « stress-test » en cas de non-atteinte de certains points de la politique publique.

Sur le plan du climat : la mise en œuvre conjointe des trois piliers de la SNBC permet de diviser par deux les émissions du chauffage dans le secteur du bâtiment d’ici 2035, sans pour autant délocaliser les émissions de CO2 ailleurs en Europe. Sur le plan du système électrique : le développement du chauffage électrique par des solutions efficaces comme les pompes à chaleur n’entraîne pas d’impact significatif à l’horizon 2035 (consommation annuelle moyenne et pointe stables ou en légère baisse). Sur le plan économique : prioriser les efforts de rénovation vers les logements les plus énergivores (« passoires thermiques ») présente un fort intérêt…

Arnaud Leroy, président directeur général de l’ADEME, a déclaré : « Cette étude met en évidence que les 3 leviers de la décarbonation du bâtiment – isolation, électrification et développement des énergies renouvelables (bois, biométhane, réseau de chaleur) – permettent chacun d’atteindre environ 30% de la trajectoire CO2. Elle renforce l’absolue nécessité d’empêcher le déploiement des radiateurs à effet joule et d’accélérer, dans la durée, le nombre et la performance des rénovations du bâtiment, qui permettent de conjuguer les objectifs climatiques, l’amélioration du confort des logements et la lutte contre la précarité énergétique. »

https://batijournal.com/decarboner-grace-a-la-renovation-des-batiments-et-le-chauffage-electrique/10532

Mis en œuvre pour la première fois en 1986 en France, le béton de chanvre, composé de fibres de chanvre et de chaux, répond parfaitement aux nouveaux enjeux de la construction durable et de la RE2020. Mais pour accélérer sa démocratisation, certains tests réglementaires doivent au préalable être réalisés et validés. C’est désormais le cas pour la « non-propagation du feu par les façades pour une durée de 60 minutes ». Explications.

Ce mardi 19 janvier, Christophe Tessier, directeur du Centre d’essais au feu (CEF) du Cerib, et Philippe Munoz, chargé de mission pour l’association Construire en Chanvre, présentaient les résultats de l’essai au feu de parois en béton de chanvre dans le cadre d’un local expérimental pour incendie réel (Lepir) de niveau 2. 

L’essai a été réalisé le 16 octobre dernier, sur un local expérimental à ossature et menuiseries bois de 6,55 mètres de haut (2 étages) avec un plancher en CLT de 160 mm. Le béton de chanvre a quant à lui été projeté sur 30 cm d’épaisseur, et un enduit chaux/sable a été appliqué en finition.

Pour déclencher ce test au feu, un foyer primaire constitué de deux bûchers de 600 kg de bois a été allumé, et la maquette a été exposée au feu pendant 1 heure. Les observateurs ont observé des panaches de feu importants à la verticale pendant les 30 premières minutes.

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Evolution de l’essai au feu d’un local expérimental en béton de chanvre. Crédit : Cerib

Des températures en-dessous des seuils limites réglementaires

Les thermocouples répartis sur et dans la façade ont quant à eux relevé des températures allant jusqu’à 1 050 C° dans les panaches de flammes, et jusqu’à 1 100 C° dans la chambre intérieure au bout de 36 minutes. Malgré ces températures élevées, le béton de chanvre et l’enduit ont prouvé leur résistance, puisqu’aucun bois d’ossature n’a dépassé 100 C°.

Autre point à vérifier : que le feu ne se propage pas à la jonction entre la façade et le plancher. Là aussi, c’est une réussite. Christophe Tessier précise que l’essai a bien prouvé l’intégrité de l’étanchéité au feu à la jonction façade/plancher, la température atteignant seulement 44 C°, loin de la valeur limite fixée à 180 C°.

Si cet essai portait sur un local en R+1, l’objectif est à terme de pouvoir construire « des immeubles d’habitation jusqu’à 28 mètres de haut, et des ERP de troisième catégorie », précise Philippe Munoz. « Ces essais étaient absolument nécessaires pour travailler sur une extension du domaine d’application des règles professionnelles », ajoute-t-il.

Grâce à ce test validé, l’appréciation de laboratoire n°026090 sera bientôt publiée sur le site internet de l’association Construire en Chanvre.

https://www.batiweb.com/actualites/legislation/beton-de-chanvre-des-essais-au-feu-concluants-2021-01-21-37306