Chargé d’affaires : chef d’orchestre

ou homme-orchestre ?

2015, nouveauté : la définition du Chargé d’affaires Bâtiment apparait dans la Convention Collective du Bâtiment. Dixit la convention, « … dans l’ensemble des phases d’une opération de construction de bâtiment TCE, ce professionnel polyvalent met ses connaissances des techniques du bâtiment, et de ses aspects juridiques, commerciaux et financiers, au service de l’interface avec le prospect, client ou maître d’ouvrage. A ce titre, il assure, dès le début du projet… conception de l’offre…, négociation commerciale… exécution des travaux jusqu’à leur livraison et mise en exploitation… Il est responsable de l’organisation de la réalisation technique, du suivi des travaux jusqu’à la réception des ouvrages, et il en assure le suivi administratif et financier…

En parallèle, il assure également un suivi régulier de tous ses clients et prospects… ».

Cadre de la fonction et définition : des responsabilités lourdes et combinées

Lors de la phase exécution, le chargé d’affaires organise les travaux après avoir géré les appros et la main d’œuvre.

Il suit le chantier en coordination avec le chef de chantier, articule l’ensemble des opérations (intervention des différents corps de métier, réception des équipements, gestion des sous-traitants…) dans le respect du budget et des délais, jusqu’à la livraison du chantier. Metteur en scène du BTP, il est l’interface indispensable entre le dirigeant de l’entreprise, le directeur financier, le client, les équipes-chantier. Un rôle pivot exigeant des nerfs solides, de la diplomatie et de l’aisance relationnelle.

Vision commerciale, financière, stratégique, expertise technique, savoir gérer ses approvisionnements … et ses équipes : le chargé d’affaires fonctionne comme un chef de projet. C’est un chef d’orchestre qui connaît toutes les ficelles du métier. Il s’assure de la parfaite exécution du chantier, tout en étant l’interlocuteur privilégié du client.

Il intervient à toutes les phases du projet (études, chiffrage, négociation commerciale, exécution, suivi de chantier, réception finale …). Un champ d’action à 360°, du terrain au bureau, pour un métier passionnant … et très prenant. D’où en partie, la tension sur cette fonction et les bons profils … très convoités par les recruteurs.

Le chargé d’affaires est un « patron », il bénéficie de délégations étendues, il s’identifie à ces projets : c’est une sorte d’ « intrapreneur ». Dès lors que l’entreprise répond à ses attentes, cette fonction connaît peu de turn-over … mis à part ceux qui deviennent chef d’entreprise.

Le chargé d’affaires est multi-compétent : gestionnaire, chef de projet, manager, et plus …

En amont, il sait étudier les appels d’offres, prospecter, fidéliser, établir un réseau avec les décideurs des secteur public comme privé, élaborer une réponse, convaincre que la solution de son entreprise est la meilleure et la plus adaptée aux besoins du client.

Selon la taille et l’organisation de l’entreprise, il réalise lui-même les études ou les confie au BE. Dans tous les cas, il coordonne les études techniques et de prix pour proposer la meilleure offre. Il élabore les devis et rédige les offres ou les réponses aux appels d’offres.

Vinci Construction

-Mise en concurrence des fournisseurs en liaison avec le service achats.

-Contrôle permanent entre prévision budgétaire et engagements de dépenses.

-Lancement des facturations.

-Mise à jour des tableaux de bord de suivi et outils de gestion informatiques.

-Conduite des réunions de chantier.

Participation à la direction d’entreprise

Dans une PME, il seconde le chef d’entreprise sur l’ensemble de la clientèle et des projets. Dans les plus grandes structures, il intervient sur une zone géographique précise, sous la direction d’un chef d’agence ou d’un directeur régional.

Mais peut-on tout bien faire ?

Manifestement, capable de tout, efficient en tout, il est homme-orchestre.

L’efficience au travail, au-delà des compétences techniques, suppose un comportement adapté à chaque contexte. Fruit d’une biographie, il est ancré. Si progresser en technique est aisé, changer de comportement ne l’est pas. Commercial, conception, direction travaux, gestion budgétaire et contractuelle… tant d’enjeux différents appellent autant de comportements.

Ce constat pose des questions majeures :

Un seul homme peut-il posséder autant de facettes dont certaines antagonistes ?

Jouant de tous les instruments, l’homme-orchestre peut-il être excellent en tous ? Plusieurs instrumentistes ne seraient-ils pas supérieurs à « un seul à tout faire » ? Devoir tout faire, n’est-ce pas se condamner à être moyen en tout ?

Supposons que cet homme existe : rare, essentiel… il mérite une rémunération à la hauteur. Que devient la rentabilité ? Et l’efficacité ? Analogie rustique : plusieurs outils spécifiques ne valent-ils pas finalement le même prix qu’un seul à tout faire tout en étant plus performants chacun en leur domaine ?

Temps et vitesse de travail trouvent rapidement leurs limites. Un seul homme peut-il faire le travail de plusieurs ?

Si polyvalent et performant, cet homme possède une dimension « dirigeant de TPE », pour peu qu’il en ait l’âme, il créera sa propre entreprise, fondée sur son expérience et deviendra concurrent. Etait-il une solution, un investissement pertinent ?

· Quand l’homme fait l’orchestre, sujet et objet se confondent. L’objet, l’entreprise, dépend du sujet, l’homme-lige pèse sur les stratégies. Il part, il embarque avec lui client et nombreux savoir-faire. Sa rareté entrave la croissance. Articuler l’organisation de TPE et PME autour d’hommes orchestre, relève-t-il d’une stratégique solide à long terme ?

· Au quotidien, l’appellation « chargé d’affaires » regroupe les hommes-orchestre mais également les commerciaux (chargé d’affaires commerciaux) et aussi les professionnels de l’exécution des contrats que sont les conducteurs de travaux. Le CT était (est ?) celui qui prend en main le contrat après qu’il soit conclu, l’exécute en autonomie et qualité. Le client, convaincu, souhaite sa présence sur les projets à venir : le chargé d’affaires-exécution est le CT.

Cet amalgame pousse à la surenchère des titres et à celle des rémunérations sans forcément correspondre à la valeur ajoutée des collaborateurs, défait la cohérence des grilles de rémunération, entrave la fluidité des recrutements.

En bref, l’homme-orchestre fait-il les grands orchestres ?

Soliste, orchestre de chambre ou poly-symphonique, à chacun sa musique, le tout est de jouer juste au bon tempo d’une stratégie pérenne.

Et parfois, dans certaines organisations, le chargé d’affaires homme d’orchestre résonne en demi-ton, voire faux.

Conseil d’ami : la définition de poste qui doit accompagner tout recrutement est une donne hautement stratégique à bien réfléchir.

En recrutement : comment reconnaître un bon chargé d’affaires ?

1-La maîtrise technique du chargé d’affaires est essentielle car il est responsable de la qualité finale du contrat. De plus, le chargé d’affaires compétent dans son domaine évitera de se faire « balader » par les fournisseurs, sous-traitants ou salariés. Le chargé d’affaires doit pouvoir démontrer ses qualités techniques (formation, expérience professionnelle,…).

2-Le chargé d’affaires doit posséder des qualités managériales et relationnelles. Il doit encadrer une équipe et aussi assumer un rôle commercial auprès des clients. On recherchera en conséquence des personnes qui savent diriger et aussi faire preuve de souplesse ou d’agilité intellectuelle, loin du profil de l’ « adjudant-chef ». En général les chargés d’affaires efficaces possèdent un très bon carnet d’adresses.

3-Dans le registre du savoir-être, le chargé d’affaires doit être aussi réactif qu’analytique. Il lui faut posséder des qualités d’anticipation pour prévenir « les coups durs ». Il doit aussi savoir s’adapter aux situations nouvelles et s’adapter aux imprévus en imaginant des solutions correctives.

4-Au cours de l’entretien, le candidat doit être capable de « visualiser » rapidement le contexte de votre entreprise, de percevoir ses enjeux et sa spécificité. Vous ne devez pas tout dire mais dire le juste nécessaire pour qu’il ressente et identifie vos enjeux du moment et vos priorités. C’est autant son expérience que son instinct qui doivent apparaître.

5-En le poussant – courtoisement – dans ses retranchements, vous mesurerez sa capacité de résistance à la frustration. Celle aussi de prendre des risques (avancer ses idées) tout en les mesurant (intégrer les vôtres).

6-Au fil de l’entretien, progressivement, observez-vous aussi : avez-vous envie de lui raconter votre « histoire » ?

Etudes – Formation – Pré-requis

Minimum requis : Bac +2.

Formation académique, technique ou scientifique.

Ingénieur / BTS / DUT.

Ingénieur (ESTP, INSA, MINES, …).

Une licence mention BTP et/ou un master en gestion et management de projet dans une école de commerce, dans une école d’ingénieur ou encore dans une université, permet de compléter ces formations.


FICHE DE POSTE

FONCTION : CHARGE D’AFFAIRES

Due à la polyvalence de la fonction et à la spécificité des rôles, elle-même liée à l’organisation de l’entreprise, son activité et sa taille, il n’y a pas de définition de fonction unique ou générique du chargé d’affaires.

De même, la grille des salaires de référence est corrélée à l’activité et à la taille de l’entreprise ainsi qu’à son territoire.

UNE DEFINITION DE FONCTION CORRESPONDANT A VOTRE CONTEXTE, INCLUANT LA GRILLE DES SALAIRES DE REFERENCE SERA MISE A VOTRE DISPOSITION GRATUITEMENT SUR SIMPLE DEMANDE AUPRES DE :
Yannis MERCIER   06.46.90.05.04   ou   ym@praxion.com


David Abittan, redacteur en chef de tema.archi

Réunis pour l’annonce du palmarès de la sixième édition des Trophées Eiffel, organisés par Construir acier, les acteurs de l’architecture et de l’ingénierie employant le matériau acier dans leur construction se sont retrouvés à guichet restreint ce mardi 6 octobre au soir dans le salon Gustave Eiffel de la Tour Eiffel, heureux d’emprunter les ascenseurs de la Dame de fer pour un événement tout à son honneur.

La magie des lieux participait à dérider, derrière les masques, la petite centaine de sourires – contre 450 participants habituellement – et inspirait Michel Julien Vauzelle, président de Construir acier, qui évoquait alors le bio mimétisme de la tour d’acier dont la structure s’inspire de celle d’un fémur humain.

Le jury, composé d’architectes, d’ingénieurs et de journalistes, était présidé cette année par Francis Soler, Grand Prix national de l’architecture, Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres, chevalier de l’Ordre national de la légion d’honneur et chevalier de l’Ordre du mérite, architecte qui magnifie l’acier au ministère de la Culture et de la communication, au centre de développement et de recherche d’EDF à Saclay, comme dans des opérations de logements à Auteuil ou à Paris dernièrement.

Les choix du jury étaient avant tout motivés par le souhait de valoriser l’utilisation du matériau acier dans la construction. « Les projets lauréats valorisent la diversité des échelles et des expressions, explique Francis Soler. Nous avons analysé les projets séparément mais aussi les uns en relation avec les autres afin d’offrir un palmarès cohérent et homogène. »

Le palmarès a ainsi distingué 10 réalisations remarquables, dans autant de catégories. Parmi elles, le terminal T1 de l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry de Rogers Stirk Harbour + Partners, qui a séduit par l’efficacité de la structure employant des profils du commerce, la passerelle de l’Aiguille Rouge de SG architecte qui côtoie les sommets, l’hippodrome de Paris Longchamp de Dominique Perrault Architecture dont la structure en encorbellement impressionne,  le lycée Léonard de Vinci de Saint-Germain-en-Laye de Tank et Cosa Architectes, la halle multifonctionnelle Le forum qui revitalise le centre bourg de la commune de Soultz-Sous-Forêts par RHB Architectes, mais aussi des bureaux, comme l’entrepôt BT6 à Bègles reconvertit par les agences Nadau Architecture / Faye Architectes et Associés ou un immeuble de logements, à l’image de la Villa Rohan à Bordeaux réhabilité par l’atelier Cambium.

Deux catégories nouvellement créées, récompensaient pour l’une l’innovation avec le projet Superpausée de Vous Architecture, pour l’autre les prouesses à l’international avec l’Aquarium national du Danemark de 3XN. Le jury a enfin créé la catégorie Restructuration, afin d’y mettre à l’honneur le projet du Carré Michelet à La Défense des architectes Cro&Co Architecture associé à Architecture & Environnement.

La cérémonie de remise des prix s’est achevée sur l’ouverture des inscriptions à la 7e édition des Trophées Eiffel, dès ce 7 octobre 2020.

Président du Jury : Francis Soler, architecte

Avec : 

Jacques Sebbag, architecte, archi5
Olivier Leclercq, architecte, vice-président de la maison d’architecture, Île-de-France
Mitsu Edwards, ingénieure directrice adjointe, Eckersley O’Callaghan
Amélie Luquain, journaliste , Le Moniteur
Nadège Mével, rédactrice en chef EXE
Gilles Davoine, rédacteur en chef de AMC
Christophe Leray, rédacteur en chef de Chroniques d’architecture

David Abittan, redacteur en chef de tema.archi

Démocratisée dans l’industrie automobile, la méthode managériale « Lean » est expérimentée en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans sa déclinaison « construction », par un petit groupe d’entreprises. Quid de cette nouvelle méthode ?

Inventé par Toyota pour le secteur de l’industrie, le Lean Management se décline depuis 2018 en mode « construction » sous l’impulsion de la Fédération française du bâtiment. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les premières formations viennent d’être lancées par la Fédération régionale du bâtiment via l’Institut de formation et de recherche du BTP Paca et Delta Partners. Pour l’heure, sept entreprises-pilotes de la région, se sont lancées dans l’aventure sous la houlette de la Fédération du bâtiment et des travaux publics des Alpes-de-Haute-Provence.

Le « Lean », traduisez « maigre », basée sur la rationalisation des tâches et l’introduction de méthodologie là où l’intuition et l’improvisation pourraient dominer, promet 8 points de marge pour l’entreprise, soit près de 7% de bénéfices annuels et moins de fatigue pour les salariés. En d’autres termes, les entreprises vont apprendre en seulement quelques mois à rationaliser leur organisation, que ce soit dans les bureaux, les entrepôts ou sur les chantiers, pour que chaque geste soit productif. « Cette démarche fait appel à des notions et des pratiques de bons sens », assure Clément Dubois, patron de l’entreprise Dubois Etanchéité et chef de file de la section développement des compétences pour la FRB Paca qui souhaite montrer l’exemple en tentant l’expérience. En pratique, après un audit de deux jours mené par Delta Partners, qui va mettre en lumière les difficultés, le chef d’entreprise et les salariés vont apprendre à changer leur mode de fonctionnement en suivant notamment la règle des 5S : « Seiri, Seiton, Seiso, Seiketsu, Shitsuke », soit en français « débarrasser, ranger, nettoyer, standardiser et discipliner ».

Le Lean Management in vivo

« Lors de l’audit, nous nous sommes rendus compte que nos salariés passaient près de 40% de leur temps à marcher. Nous avons compris qu’il fallait rationaliser les déplacements en optimisant les rangements dans l’entrepôt », admet Clément Dubois. Il poursuit : « Pour les devis aux particuliers, dont près de 70% étaient mis au rebu, l’analyse a mis en évidence que nous embauchions une personne à plein temps sur un an pour des devis qui n’aboutissaient pas forcement. Nous allons donc changer notre façon d’entrer en contact avec eux », analyse Clément Dubois. Pour la chasse au gaspillage, qui est l’un des points clé de la méthode, les équipes ont cherché à simplifier et à améliorer la planification. « Il arrivait qu’au démarrage du chantier les ouvriers aient besoin de passer chez le vendeur de matériaux ou qu’ils prennent deux marteaux piqueurs car il n’étaient pas sûrs que le premier fonctionne bien. Nous allons donc créer un espace de rangement précis pour mieux connaître notre stock avant de partir sur les chantiers et installer un atelier de réparation du matériel », réalise a posteriori le chef d’entreprise.

95% de la formation sont pris en charge par Constructys

D’ici quelques semaines, l’entreprise Dubois, qui compte 12 salariés, aura instauré de nouvelles règles de management pour une dizaine de milliers d’euros dont 95% sont pris en charge par l’Organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) Constructys. « L’investissement peut paraître important mais la fédération s’est bien battue pour que nous puissions tenter l’expérience. Le reste à charge n’est pas insurmontable et il en va du confort des salariés via un flux de production plus serein et adapté », admet Clément Dubois. Au total, la formation pour l’ensemble du personnel dure sept jours sur une période de six à sept mois, soit un jour de formation/mois/salarié.

https://www.tpbm-presse.com/lean-construction-une-nouvelle-formule-de-management-pour-les-entreprises-du-btp-3928.html

Avec une baisse du nombre d’offres d’emploi de « seulement » 25%, contre 32% tous secteurs confondus, le BTP fait de la résistance. Sur le site d’emploi Indeed, le secteur représente cette année près de 9% des offres, contre 7% seulement l’an dernier. La construction gagne donc de la place, en proportion.

Problème : le nombre de candidats, rebutés par les conditions d’exercice de ces métiers, ne suit pas. Confirmation d’Alexandre Judes, économiste chez Indeed : « Il y a clairement une pénurie de candidats sur les métiers du BTP, qui sont des métiers très divers, maçon, chef de chantier, électro-technicien, électricien du bâtiment, plaquiste, poseur, plombier, menuisier, chaudronnier… mais il y a partout sur le secteur une très forte pénurie de candidats. »

Le poste de maçon est le plus fréquemment demandé sur le site, suivi par plaquiste, carreleur et chaudronnier. Tous des métiers très techniques. Pourquoi le BTP ne ralentit-il pas ? Alexandre Judes répond : « On est sur des projets de long terme. Donc quand vous avez des chantiers qui sont ouverts en dépit de la crise sanitaire, ils continuent. Tous les chantiers pendant la crise sanitaire étaient des chantiers qui étaient ouverts depuis longtemps, des chantiers déjà prévus. Il n’y a pas eu vraiment de projets qui ont été annulés ».

Les chantiers de rénovation vont être nombreux

Autre poste très demandé sur Indeed, celui de chef de chantier. C’est le deuxième intitulé de poste sur le site. Idem pour les ingénieurs en travaux publics, très demandés. Le BTP et la construction offrent par ailleurs de belles possibilités d’évolution, portés par un avenir très positif pour l’emploi. « Pour 2021 et au-delà, il y a vraiment un avenir puisqu’on a un problème structurel de logements en France, donc il faudra construire des logements. Il y a aussi la problématique énergétique et le bâtiment est au coeur de tout ce qui est rénovation et durabilité des bâtiments, donc il y aura énormément de chantiers de rénovation dans les années qui viennent. C’est clairement un secteur d’avenir » dit Alexandre Jules.

Si les salaires restent modestes pour les métiers les plus techniques, ils sont tirés vers le haut par la pénurie de compétences pour les postes d’encadrants. Un chef de chantier peut espérer 60 000 euros par mois. Un bon investissement pour des jeunes en mal d’orientation professionnelle d’autant que l’on peut travailler partout, y compris à l’étranger.

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-mon-boulot/ces-metiers-qui-recrutent-malgre-la-crise-le-batiment_4220263.html

OPINION. En avance sur le plan de relance verte du gouvernement, la réglementation environnementale (RE) 2020 pose les bases d’une transformation nécessaire des pratiques dans la construction. Parce qu’elle remet en cause la place des énergies fossiles, la nouvelle réglementation dérange certains acteurs, qui dénoncent une imposture « tout électrique ». La RE 2020 n’a pourtant pour autre ambition que celle de faire émerger une filière plus résiliente et respectueuse de l’environnement. (*) Par Olivier Durin, rédacteur en chef du site « Le Monde de l’énergie ».

C’est une révolution attendue de longue date : après plusieurs reports, la réglementation environnementale 2020, plus connue sous le nom de RE 2020, devrait prendre effet en juillet 2021. Fruit d’une réflexion collective menée par les acteurs de la filière construction et le gouvernement, le nouveau texte de référence nourrit d’immenses espoirs, alors que le changement climatique nous rappelle chaque jour qu’il est temps d’agir.

En France, le bâtiment pèse très lourd dans la balance carbone. À lui seul, il représente près de la moitié (45 %) de l’énergie consommée et 30% des émissions de gaz à effet de serre. Pour atteindre les objectifs environnementaux fixés par l’accord de Paris, le secteur doit, comme celui des transports et de l’industrie, impérativement se réformer. Les choix que nous ferons seront déterminants pour l’avenir : une construction sortie de terre aujourd’hui aura un impact énergétique et environnemental durant les 50 prochaines années. Pour placer le bâtiment dans une trajectoire de sobriété, il était urgent de repenser nos modes de construction ainsi que nos usages énergétiques pour des logements plus durables et plus confortables. Ce changement de paradigme a donné naissance à la RE 2020.

Cette dernière va au-delà des simples considérations thermiques et énergétiques, telles que retenues dans les précédentes réglementations. Elle considère le bâtiment dans tout son cycle de vie, et prend en compte l’indispensable critère carbone. Une dimension totalement absente de la RT 2012 en vigueur aujourd’hui. D’où l’évolution de sémantique : il n’est plus simplement question d’une réglementation « thermique », mais bien d’une réglementation « environnementale ».

Comme c’est généralement le cas de toute innovation, la RE 2020 a suscité bon nombre de résistances et de controverses. Quoi de plus normal, après tout, tant elle remet en cause les pratiques en vigueur, celles-là même qui ont fait du bâtiment un des secteurs les plus polluants à ce jour. En cause, notamment, l’utilisation d’énergies fossiles (gaz et fioul) pour la fabrication des matériaux et surtout l’alimentation des systèmes de chauffage, qui mobilise plus de 80 % des émissions de CO2 des bâtiments résidentiels et tertiaires.

L’adaptation à l’urgence climatique, la véritable ambition de la RE 2020

Se sentant menacées, certaines voix s’élèvent et tentent de peser de tout leur poids pour freiner une dynamique bel et bien engagée. Et de dénoncer l’électrification à tout va du bâtiment. Car l’un des bénéficiaires notoires de la RE 2020 n’est autre que l’électricité, largement décarbonée en France. L’explication est alors toute trouvée : c’est un coup du vilain lobby du nucléaire, qui veut assurer son avenir.

Emprunter ces « lunettes » revient à complètement passer à côté de la véritable ambition de cette réglementation, qui pourrait faire de l’Hexagone un des pays les plus avancés en matière de modes de construction durables. Après le Royaume-Uni peut-être, qui a tout bonnement interdit le gaz dans les logements neufs à partir de 2025. Rappelons donc que la RE 2020 priorise aussi l’emploi de matériaux bio-sourcés, le recours au bois, aux réseaux de chaleur et à l’électricité renouvelable et décarbonée, la mise en place de techniques d’isolation performantes et de systèmes de récupération et de stockage d’énergie, etc. Elle répond à la problématique de réchauffement climatique, en mettant au premier plan le concept de confort d’été, pour éviter la surchauffe des logements en périodes de canicule.

Au-delà des querelles de clocher et des combats idéologiques, ne perdons pas non plus de vue que l’instauration de la RE 2020 va aussi de pair avec un effort global d’efficacité énergétique. Une préoccupation partagée par les entreprises comme les citoyens. Un nombre croissant d’outils est désormais à la portée de tous, pour une meilleure maîtrise des consommations d’énergie. Citons par exemple les systèmes de chauffage/climatisation performants de type pompes à chaleur, les compteurs intelligents, les offres d’autoconsommation individuelles et collectives ou encore les contrats de performance énergétique. C’est en combinant la RE 2020 à ces usages innovants que des progrès tangibles pourront être obtenus et que nous serons au rendez-vous des objectifs climatiques que nous nous sommes engagés à atteindre.

3 CLES pour l’efficacité commerciale des PME du BTP

Pour les entreprises du BTP, le « commerce » s’appuie d’abord sur la notoriété et la réputation. C’est ce « bouche à oreille » qui constitue leur vecteur commercial historique.

Mais il existe d’autres moyens simples d’accroître leur audience.

En voici 3 qui peuvent facilement être mis en œuvre :

1 – activer le réseau relationnel des cadres de l’entreprise. Trop souvent négligé, le carnet d’adresses des cadres recèle des trésors. Lors de leur formation ou durant leurs cursus professionnel, les cadres ont côtoyé d’autres professionnels qui sont à même de générer de l’information et des relations. Le réflexe de solliciter son réseau doit être compris comme une forme de création de contacts positifs et non de prospection sauvage.

Le chef d’entreprise doit en qualité de « premier de cordée » montrer l’exemple.

2 – favoriser les contacts de proximité géographique avec les sociétés proches des chantiers réalisés par l’entreprise. Pourquoi aller chercher loin ce qui existe tout près. En effet, les conducteurs de travaux, les chargés d’affaires ou les chefs d’équipe rencontrent lors de leurs missions de suivi des chantiers, des décideurs qui peuvent avoir besoin des services de l’entreprise. Laisser une carte de visite, inviter à déjeuner ou proposer une visite du chantier sont des vecteurs d’audience simples et efficaces.

3 – innover et développer de nouvelles prestations. Le monde bouge, les entreprises doivent évoluer. Tous les secteurs du BTP font face à des nouveautés dans leur propre activité. Le chef d’entreprise doit s’intéresser à ces innovations et mettre en œuvre des prestations inédites pour l’entreprise. Les cadres de l’entreprise doivent être impliqués et les fournisseurs seront systématiquement sollicités.

Ensuite, il suffit de faire connaître ces développements auprès des clients.

L’innovation ne génère pas forcément un flux de business nouveau mais elle consolide l’image.

Crédit : Finalcad

Finalcad veut améliorer la rentabilité du bâtiment via le digital

Un réseau social d’entreprises mixé à un outil collaboratif de suivi de chantier. C’est l’application innovante lancée en début d’année par Finalcad, société du Next 40, spécialisée dans la digitalisation du secteur du BTP. Baptisée « Finalcad One » cette nouvelle plateforme collaborative permet d’optimiser la communication des équipes sur le terrain et hors chantier. L’enjeu, fluidifier le travail d’équipe en amenant le numérique sur un terrain qui regroupe de nombreux savoir-faire .

Le contexte

La crise sanitaire accélère la digitalisation d’un secteur en recherche d’une plus grande productivité : « la baisse cumulée de la productivité en France dans le bâtiment depuis 2001 atteint 19 % » rappelle Franck Le Tendre, PDG de Finalcad. Il s’agit donc de projeter les enjeux du secteur de la construction avec un nouvel outil facilitant le quotidien des équipes.

L’éditeur de logiciel a d’ailleurs dévoilé les résultats d’une enquête sur la transformation digitale dans la construction lors de la présentation de sa nouvelle interface : menée entre février et mars 2020 auprès de 400 dirigeants de grandes entreprises du BTP, celle-ci met notamment en exergue le retard dans la transition digitale pris par le secteur à contrario d’autres filières. Un retard à l’origine de problèmes de communication, de productivité et de rentabilité dans la filière.  « Les entreprises interrogées avaient d’ailleurs conscience de ce problème de communication puisque 62 % des dirigeants ont cité le manque de collaboration comme cause principale des retards de projets » a pointé Franck Le Tendre, lors de la présentation de son nouvel outil.

La valeur ajoutée : « le « all in one »

Au-delà d’apporter des solutions métiers, cette nouvelle appli totalement personnalisable a été pensée sous l’angle de la collaboration. En partant d’un constat simple, la base de la problématique de la construction : chaque projet est unique, chaque cahier des charges est spécifique et fait appel à de nombreuses parties prenantes, des entreprises et des équipes qui ne se connaissent pas toujours. Mais qui doivent cependant travailler ensemble depuis des sites différents, et ce parfois dans plusieurs langues. « Il est très difficile de chercher à industrialiser le process sur un chantier, de prévoir le planning d’un projet soumis aux aléas climatiques et – ou bureaucratiques, d’où l’aspect personnalisable et adapté à tous les Métiers du BTP que nous avons injecté dans Finalcad one pour renforcer l’instantanéité de la collaboration », souligne Sébastien Dumas, le directeur marketing de la société. Une « capture » en quelque sorte de tout ce qui se passe sur un site à un moment T.

Un outil RH

Autre atout de l’appli, sa simplicité d’utilisation. « On le sait par expérience, aussi riche soit-elle une application est laissée de côté quand on ne s’en empare pas dans la minute. Nous avons donc réduit au maximum le nombre de « taps» pour accéder aux fonctionnalités et que les travailleurs du BTP, population vieillissante et loin d’être digitale native, puissent y adhérer. Coté entreprise, notre interface est aussi un moyen de créer une sorte d’attractivité , d’attirer les jeunes générations vers des métiers peu valorisés. C’est donc aussi un outil RH» , fait observer Sébastien Dumas.

Finalcad One

Concrètement, Finacald One permet la création de groupes de travail s’inspirant du modèle des messageries instantanées avec en plus la possibilité d’interagir avec toutes les personnes rattachées à un projet quelles que soient leurs fonctions et ce à toutes ses phases. Et de suivre toutes les étapes du cycle de vie de ce projet, l’ensemble des cas d’usage, la diversité des conditions sur tous terrains, l’ensemble des parties prenantes, du terrain aux bureaux, sur mobile ou PC, de l’opérationnel au management. Par exemple, l’électricien arrive sur le site pour passer des câbles dans un mur mais il s’aperçoit qu’il est bloqué, l’étape précédente n’ayant pas été effectuée. Mieux que de prendre de simples photos, il peut documenter immédiatement la situation, à l’aide d’items pré-établis. « Il s’agit de gérer l’inattendu avec réactivité, de diminuer les retards pour préserver la rentabilité» conclut Sébastien Dumas.

Crédit : Finalcad

En mode « Freemium »

L’ambition de Finacald ? Créer une importante communauté d’utilisateurs. Cette nouvelle solution a été pensée en mode freemium, pour un accès illimité dans le temps à l’ensemble de ses fonctionnalités. Si l’utilisateur veut monter en puissance des offres supérieures lui seront alors proposées lui permettant ainsi de d’accroitre son niveau d’usage de la plateforme. Il s’agit de lever la barrière pour faciliter le quotidien des équipes et permettre à toutes personnes (artisans, architecte, chef de chantier …), quelle que soit la taille de son entreprise, de collaborer à l’ensemble d’un projet et pendant toute sa durée… et accroitre la data emmagasinée : car bien sûr, plus l’application sera utilisée, et plus le volume de données sera élevé. Facilitant la prise de décision et améliorant la rentabilité.

Depuis 10 ans, Finalcad a accompagné plus de 20 000 projets à travers le monde. La société compte notamment parmi ses clients Eiffage, Total, ou encore Fayat.  Au fil des ans, ses solutions ont été enrichies car créées autour de technologies qui ont-elles mêmes évoluées. C’est ainsi que le projet Finalcad One a vu le jour : le plus au regard des autres outils collaboratifs axés sur les métiers du BTP , une ergonomie simple, intuitive, qui s’adresse à l’ensemble des corps de métiers et à toutes les étapes d’un projet, de son initialisation en passant la phase de construction, jusqu’à la maintenance.

Finalcad.com

Barbara Pompili annonce un « big-bang » pour la rénovation énergétique

Dans les colonnes du Parisien,  la ministre de la Transition écologique a annoncé un « big-bang » des rénovations énergétiques via un certain nombre de mesures qui seront prises dans le cadre du projet de loi climat et résilience.

Après son intervention lors des questions au gouvernement du 30 mars 2021, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, vient d’annoncer dans une interview donnée au Parisien le détail des mesures que le gouvernement compte intégrer dans le projet de loi climat et résilience. Objectif : créer un « big-bang » des rénovations énergétiques.

Elle confirme que plusieurs mesures du rapport Sichel vont être mises en œuvre, à commencer par la création d’un accompagnateur rénov, sorte de chef d’orchestre des travaux de rénovation énergétique, effectuant un suivi de A à Z sur l’ensemble des aspects d’un projet (diagnostic, financement, réalisation des travaux…). 

« Ce professionnel agréé par l’État accompagnera gratuitement les ménages pour déterminer quels travaux sont nécessaires, à quel coût et de quelles aides chacun pourra bénéficier », détaille la ministre chez nos confrères. « Il pourra orienter les ménages vers les bons artisans et superviser les travaux. » 

Nul doute que cette possible évolution fera réagir du côté des entreprises de construction et artisanales, au vu du pouvoir étendu de cet accompagnateur rénov, peut-être sur le devis, la prescription des équipements, ou sur la qualité des travaux. Le coût de cet accompagnateur rénov serait de 1.200 euros par opération, financé par l’État pour les foyers les plus pauvres.

Une nouvelle forme de prêt pour la rénovation

En ce qui concerne les aides financières, la ministre revient sur le succès de MaPrimeRénov en 2021, avec autant de dépôts de dossiers en trois mois que sur le total de l’année 2020. Et ajoute qu’une autre proposition du rapport Sichel sera prise en compte, celle d’adapter le prêt avance mutation (Pam) au financement du reste à charge pour les ménages. « Avec ce prêt, les ménages ne paieront que les intérêts du prêt, le remboursement total n’interviendra que lors de la revente. L’idée c’est que les plus modestes ne soient pas bloqués par ce reste à charge », explique Barbara Pompili.

Autre mesure qui devrait être intégrée au projet de loi : celle d’interdire à la location dès 2025 les logements dont le DPE est classé G (la pire notation). En 2028, les F seraient introduits dans l’interdiction, et les E en 2034. « Si nous y parvenons, nous passerons de 1,8 million de logements concernés par une obligation de rénovation à 4 millions », se félicite Barbara Pompili. Le texte va à présent être débattu au Parlement, mais ces mesures, ayant le soutien du gouvernement, ont toutes les chances d’être adoptées.

https://www.batiactu.com/edito/barbara-pompili-annonce-un-big-bang-renovation-energetique-61550.php